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Animateurs-paysans et personnel salarié d’une organisation paysanne

Bernard LECOMTE, Brigitte REY

03 / 1995

Joseph SENE décrit ici les conditions de dédommagement des paysans-animateurs et la façon dont l’association s’y prend pour financer ses quelques salariés.

1. Les paysans animateurs

"Mes premières indemnités, je les ai touchées lorsque j’étais moniteur dans une école catéchistique. Puis je n’ai plus rien eu car j’ai démissionné pour revenir dans mon village faire du maraîchage. Ensuite, quand SIX S (Se Servir de la Saison sèche en Savane et au Sahel, association internationale de droit suisse)nous a envoyé ses fonds souples, nous avons jugé utile de donner un petit quelque chose à certains gars qui travaillaient tout le temps pour l’association. Pour qu’ils ramènent un peu d’argent à leur famille. C’était entre 1985 et 1989. Nous nous sommes dit que l’aide n’allait pas toujours être là et qu’il fallait trouver d’autres moyens pour soutenir les gens.

Aujourd’hui, en 1993, nous n’avons pas beaucoup d’argent à donner mais on aide chacun des animateurs à s’équiper. Voici comment. On lui achète un cheval ou une charrette, une paire de boeufs et tout le matériel qu’il faut. Comme cela, il peut gérer ce matériel. Ces achats vont encourager les membres de sa famille. Par contre, si on lui donnait de petites indemnités, il pourrait l’utiliser sans que sa famille n’en sache rien. Quand le matériel arrive, on dit : "Untel fait ceci et cela au niveau de l’association. C’est pour cela qu’on lui fait crédit de tant, remboursable à 50 %". Il y a 50 % de subvention, 50 % de remboursement. La subvention est considérée comme normale vu qu’il passe beaucoup de temps à l’association. Et tout cela est expliqué à la famille. Aujourd’hui, en 1993, il y a 26 crédits, dont 4 femmes parmi eux.

2. Les salariés de l’Association

Les employés tels que chauffeurs, comptable, secrétaire, etc. perçoivent un salaire. Ce sont les seuls. On a les a d’abord (91-92)rémunérés sur le bénéfice des pompes à essence. A partir de juillet 1993, 4 employés sur 8 seront payés par l’USAID pendant trois ans. Mais comme il a fallu 19 mois de négociation avec l’USAID avant de percevoir l’argent, certains partenaires n’ont pas tenu leurs engagements, alors on a été obligés de prendre sur le fonds de roulement des pompes pour ne pas licencier notre personnel. Et l’USAID ne va pas nous rembourser nos 19 mois d’avance de salaires.

SOS FAIM (ONG belge)nous a promis, pour l’année 1994, de payer le salaire d’un gestionnaire. Ce gestionnaire va former nos gars endogènes en même temps, comme cela, lorsqu’on n’aura plus la possibilité de le prendre en charge, nos gars déjà formés seront capables de faire exactement la même chose que lui".

Mots-clés

organisation paysanne, organisation populaire, travail


, Sénégal, Fatick

Commentaire

L’association, présidée par Joseph SENE, a essayé plusieurs formules de dédommagement de ses animateurs pour finir par trouver une formule d’équipement des fermes familiales, moitié par dons, moitié par emprunts. Le texte montre aussi la gymnastique que représente l’emploi de personnel salarié quand l’association n’a pas encore assez de ressources propres pour les financer sans avoir recours au système d’aide.

Notes

Entretien effectué par LECOMTE, Bernard.

Joseph SENE est un paysan qui a fondé l’Association des Jeunes Agriculteurs du Sine-Saloum(AJASS), en 1978, association qui depuis s’appelle Association Régionale des Agriculteurs de Fatick (ARAF)

Source

Entretien

1993/07/30 (France)

GRAD (Groupe de Réalisations et d’Animations pour le Développement) - 228 rue du Manet, 74130 Bonneville, FRANCE - Tel 33(0)4 50 97 08 85 - Fax 33(0) 450 25 69 81 - France - www.grad-france.org - grad.fr (@) grad-france.org

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