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Les groupements paysans au sein des collectivités locales

Bernard LECOMTE, Brigitte REY

03 / 1995

Les auteurs des entretiens décrivent la relation entre le groupement de quelques paysans ou paysannes et le village.

1. Le cas de l’ARAF (Association Régionale des Agriculteurs de Fatick): "L’ARAF reconnaît comme membre de l’Association "un groupement assis"; on le dit assis dans la mesure où tous les problèmes du village sont pris en charge par les membres. Un groupement actif ne doit pas tellement regarder l’intérêt de ses membres mais l’intérêt communautaire du village. Cela peut commencer par les membres, mais, finalement, l’action s’oriente vers le bien commun du village. Généralement, on dit d’un groupement qui a toujours le même nombre de membres pendant 5 à 10 ans, qu’il n’est pas un bon groupement. Ses activités doivent attirer de nouveaux membres. C’est pour cela que la préoccupation d’un groupement doit être de faire tout ce qu’il faut pour faire avancer le village. Ses activités ne doivent pas se limiter à l’intérêt des membres. Ainsi, être membre de l’ARAF n’est pas réservé à un nombre limité de paysans qui travaillent pour leur compte, qui ne s’occupent pas des affaires du village. Lorsque des groupements veulent devenir membres de l’ARAF, on va les voir, on les écoute et on saura alors s’ils veulent vraiment développer leur village. Si c’est uniquement pour le propre intérêt de leurs membres, on ne les reconnaît pas sans pour autant leur dire : "Il faut faire ceci pour être membre de l’ARAF". Et quand leurs objectifs visent au bien collectif du village, alors on les reconnaît comme membres de l’ARAF". (Joseph SENE)

2. Le cas de l’Union des collectivités de l’arrondissement de Tattaguine (Sénégal): "Mais comme on trouve des intérêts divergents (ceux des femmes, des jeunes, etc.)nous avons eu l’idée d’éclater l’ensemble de la population en petits groupements, qui existent déjà ou qui sont à fonder, de 10 à 15 membres. On peut maintenant trouver 5 ou 10 groupements dans chaque village avec des noms wolof ou sérère. L’association villageoise qui les regroupe s’occupe de tout ce qui leur est commun au niveau du village, mais les groupements ont leur indépendance pour leurs réunions et leurs initiatives (le travail entre membres par exemple). Les membres de ces groupements élisent jusqu’à 7 personnes qui constituent une sorte de conseil villageois. Ceci pour donner une certaine force à certains groupements comme ceux des femmes. Ainsi, pour le cas de Jamène, dans l’arrondissement de Tattaguine, il y a un groupement de femmes qui vendent des beignets, un autre pour celles qui font la presse-à-huile. Il y a, là-bas, au moins 5 groupements de femmes dans le village et 2 d’hommes. L’ensemble de ces groupements forme l’association du village. Et plusieurs femmes sont membres du "conseil villageois" comme déléguées de leurs groupements. Au niveau de l’arrondissement de Tattaguine, les associations des divers villages ont constitué l’Union des Collectivités de Tattaguine. Dans chaque village, les autorités villageoises ont participé. Même un chef de village est devenu trésorier général de l’association. 16 villages sont aujourd’hui membres de l’Union; on avait commencé à 6. Ces villages sont situés dans 2 des 3 communautés rurales qui composent l’arrondissement. Sur les 56000 habitants de celui-ci, environ la moitié sont aujourd’hui concernés par l’Union". (Pape Maïssa FALL)

Mots-clés

organisation paysanne, collectivité locale, femme, autonomie


, Sénégal, Fatick, Tattaguine

Commentaire

L’un des cas décrit concerne une association née en 1978 où les groupements sont composés de paysans et de paysannes volontaires. Ces groupements se veulent être le ferment du changement dans les villages, mais ils sont nettement distincts de ceux-ci, en particulier au niveau de leurs Unions et de l’association régionale. Par contre, le deuxième cas (née en 1992)montre des groupements (plusieurs groupements par village)qui forment au niveau du village une sorte d’association. Ce sont alors ces associations villageoises qui fondent l’Union des collectivités de l’arrondissement. L’intégration des groupements au sein des villages est plus forte dans le 2ème cas que dans le 1er.

Notes

Entretien effectué par LECOMTE, Bernard.

Joseph SENE est un paysan qui a fondé l’Association des Jeunes Agriculteurs du Sine-Saloum(AJASS), en 1978, association qui depuis s’appelle Association Régionale des Agriculteurs de Fatick (ARAF).

Maïssa Pape FALL est un ancien instituteur qui a démissionné pour devenir animateur externe d’associations paysannes. De 1982 à 1994, il a contribué à la fondation de 3 Unions locales de groupements.

Source

Entretien

1994/10/00 (France)

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