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Les différentes entreprises de l’ARAF fondées depuis 1989

Bernard LECOMTE, Brigitte REY

03 / 1995

Joseph Sene, président de l’ARAF décrit les différentes entreprises de l’ARAF.

"Commençons par les stations-essence : Gossas étant un lieu très enclavé, et sachant que nous avons des pompes pour les forages partout dans les villages, ainsi que des moulins à mil, le ravitaillement en carburant posait toujours des problèmes. Il fallait se déplacer pour aller à Diourbel (26 km). Nous nous sommes demandé pourquoi ne pas gérer la station qui existe à Gossas mais qui a été abandonnée. On a négocié pour que la station nous revienne et on l’a gérée. Ensuite, Passy étant à 35 km de Kaolack et en zone rurale, nous avons choisi une deuxième station à cet endroit. Toujours dans les mêmes conditions. Maintenant, on veut aller plus en avant. On négocie actuellement avec Elf pour une station en zone urbaine à Kaolack.

Après le désengagement de l’Etat, il ne s’occupait plus des semences. Les commerçants les vendent alors au prix qu’ils veulent. Nous avons donc demandé au Ministère du Développement Rural de nous affecter les magasins. Il y en a eu 6 au niveau de l’ARAF, chacun d’une capacité de mille tonnes, dans six zones différentes. Cela nous rapporte du bénéfice et nous permet aussi de casser les coûts de l’arachide. Alors que la SONACOS (société d’Etat)la vendait à 120 FCFA, on la vendait à 110 FCFA. L’année passée, lorsqu’on a fait le cumul de tous ceux qui ont bénéficié, cela a fait 7 millions d’économie pour les paysans. Et nous, nous n’avons pas perdu d’argent.

Quand la zone est déficitaire, on va dans d’autres zones, on achète le mil et on l’expose dans nos magasins. Les commerçants le vendent à 125 FCFA et nous 110 F. Mais les gens vont quand même chez les commerçants et nous disent : "Vendez-vous votre stock parce que vous gâchez le marché ?" On répond que non, que notre objectif est d’abord de satisfaire le besoin de la base.

D’un point de vue économique, ces trois entreprises permettent à l’ARAF de gagner de l’argent, ce qui lui permet d’être plus autonome. Pour les stations, on a ouvert un compte spécifique et on a autorisé les pompistes à y verser l’argent. Puis un comité de gestion en fait l’inventaire et en tire les conclusions. C’est grâce aux garanties de RAFAD (Association suisse)auprès de la banque que nous avons acheté les 2 pompes. Et un membre de RAFAD nous a aidés pour la gestion d’entreprise qu’on ne maîtrisait pas. Malheureusement, les retards des apports des ONG qui nous aident nous ont obligés à consommer la trésorerie fournie par les entreprises".

Mots-clés

organisation paysanne, autonomie


, Sénégal, Fatick

Commentaire

Avant qu’une sécheresse ne vienne manger l’épargne des groupements et freiner leur développement, l’ARAF avait mis en place quelques entreprises qui lui ont permis d’assurer, en grande partie, les charges de fonctionnement des années 93 et 94.

Notes

Entretien effectué par LECOMTE, Bernard.

Joseph SENE est un paysan qui a fondé l’Association des Jeunes Agriculteurs du Sine-Saloum(AJASS), en 1978, association qui depuis s’appelle Association Régionale des Agriculteurs de Fatick (ARAF)

Source

Entretien

1993/07/30

GRAD (Groupe de Réalisations et d’Animations pour le Développement) - 228 rue du Manet, 74130 Bonneville, FRANCE - Tel 33(0)4 50 97 08 85 - Fax 33(0) 450 25 69 81 - France - www.grad-france.org - grad.fr (@) grad-france.org

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