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Le Pecq (Yvelines) : quartier de l’Ermitage

Parle-moi de réhabilitation je te parlerai du quartier

Paul DALMAS ALFONSI

12 / 1993

Au Pecq -17 000 habitants-, les logements sociaux ne représentent que 20% du parc total des logements. Parmi eux, l’Ermitage avec ses 86 appartements répartis sur 2 bâtiments. C’est sur des terrains maraîchers, en 1958, que les premières constructions -logements familiaux et économiques aux normes minimales d’habitabilité- voient le jour, ainsi qu’une école. 3 ans plus tard, la rénovation du Vieux Pecq nécessite le relogement de ses habitants. Les premiers temps sont difficiles pour ses résidents pauvres, mal considérés et qui s’intègrent mal. Bientôt, sont accueillis à leur tour des rapatriés d’Algérie. Les constructions sont achevées en 1966. En une dizaine d’années, le quartier de l’Ermitage est constitué.

Aujourd’hui, du fait de la proximité de Paris et d’une desserte satisfaisante, le taux de vacance y est faible. En 1988, une réhabilitation est motivée par le retard dont souffre l’ensemble en matière de grosses réparations : il n’a pas fait l’objet de travaux d’amélioration depuis sa mise en service. Son nouveau bailleur (Efidis)est à la tête d’un parc important de 23 000 logements répartis sur une centaine de communes. Une enquête préalable auprès des locataires de la cité, proposant une liste de travaux, recueille près de 70% de réponses; 58% des résidents se disent insatisfaits des logements et 43% des immeubles...Juin 1988 : les travaux commencent. Ils portent surtout sur les façades et espaces communs : traitement thermique et acoustique, couleurs. Le mode de chauffage est changé, on passe du fuel au gaz. Les halls d’entrée sont fermés et décorés. Alors que les locataires auraient voulu qu’on s’occupe plutôt de l’intérieur des appartements, les interventions privilégient l’extérieur, très dégradé. Telle est, alors, la politique d’Efidis qui estime que les locataires sont à même de faire les aménagements nécessaires, vu le faible montant des loyers. De plus, la dotation d’ensemble n’est pas très élevée.

Dès l’annonce de réhabilitation, le souci majeur des résidents concerne, justement, l’augmentation possible des loyers. Elle serait, selon eux, injuste après 25 ans de mauvais entretien. La hausse ne dépassera pas le plafond limite (sinon, il y a, ordinairement, compensation par les Aides Personnalisées au Logement -APL-). Les charges ont diminué. La mauvaise gestion des responsables précédents a rendu cette intervention nécessaire; les habitants se plaignaient depuis longtemps de la faiblesse du chauffage et des dégradations (infiltrations d’eau). Efidis lance la concertation (d’abord problématique car il n’y a pas d’amicale des locataires)et propose une liste dans laquelle les résidents ont choisi des priorités : double vitrage, isolation thermique et chauffage. La dynamique se poursuit, au-delà de la réhabilitation, par une enquête de satisfaction très positive. Efidis l’explique par l’adéquation des travaux aux besoins de la population, un financement rigoureux et une bonne concertation. L’image des immeubles a changé (l’un des objectifs du bailleur); cela est décisif, les habitants se montrant "très sensibles à l’apparence de leur habitat comme si elle traduisait la leur". L’objectif à atteindre : le label "résidence" afin d’effacer l’appellation "HLM". Cela compte dans une commune plutôt "soignée".

Mais on voit ici, également, comment la réhabilitation doit se penser selon son environnement. Positive, elle n’a malgré tout été "qu’une goutte d’eau dans un océan de préoccupations"; celles qui concernent l’enclavement du site et son manque de commerces. Des voies à grande circulation encerclent l’Ermitage et le coupent du reste du Pecq. On a là un vrai cul de sac. Pour certains, cela n’est pas sans avantages : "pas de passage, pas de voitures, ça fait ghetto mais on est à l’abri". Se développerait une sorte d’esprit-village (avec le sentiment ambigu d’être plus du quartier que du Pecq). Pour d’autres, le manque d’animation n’a pas renforcé la solidarité mais créé un vide. Les commerces ne "tiennent" pas : "il n’y a pas le minimum vital pour un petit centre de quartier". Dans le discours des résidents interrogés aujourd’hui, ces préoccupations étouffent une réhabilitation déjà presque oubliée.

Mots-clés

logement, logement social, réhabilitation de l’habitat, concertation


, France, Yvelines, Le Pecq

Commentaire

Grâce à une bonne concertation, le réhabilitation a permis d’atteindre l’objectif de changement d’image. L’enclavement du site et le manque de commerces contribuent à la création d’un "esprit-village".

Notes

Cette fiche a été réalisée dans le cadre de l’évaluation de la politique de réhabilitation du logement social, animée par la Direction de l’Habitat et de la Construction du Ministère de l’Equipement, du Logement et des Transports, Arche de la Défense, Paroi Sud, 92055 Paris-La Défense Cedex 04

Source

Littérature grise

DIRECTION DEPARTEMENTALE DE L'EQUIPEMENT DES YVELINES (DDE 78); GROUPE LOCAL D'EVALUATION DE LA REHABILITATION DES YVELINES (France)

CEDIDELP (Centre de Documentation Internationale pour le Développement les Libertés et la Paix) - 21 ter rue Voltaire, 75011 Paris, FRANCE - Tel 33 (0) 1 40 09 15 81 - France - www.ritimo.org/cedidelp - cedidelp (@) ritimo.org

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