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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

La conception du temps chez l’occidental et chez le nomade Berbère illustrée à partir d’une petite histoire de voyage

Tom ROBERTS

05 / 1993

Dans notre bonne civilisation occidentale, on nous apprend dès notre plus jeune age que la distance la plus courte entre deux points est la ligne droite.

Le trajet de l’occidental se résume généralement par deux points fondamentaux : le départ et l’arrivée. Ce qu’il y a entre est de moindre importance (sauf si l’on est en vacances).

Tapez 36-15 SNCF (informations ferroviaires sur Minitel)et on vous posera dès le départ, deux questions : Quelle est votre ville de départ et quelle est celle de l’arrivée. Idem pour les réservations d’avion.

Nous avons rencontré un jour dans le sud du Maroc, un jeune berbère qui nous a demandé si nous connaissions le trajet du nomade. Devant notre ignorance, il traça dans le sable un zig zag en demandant si nous savions pourquoi ce trajet se dessinait ainsi. Notre silence provoqua un sourire et une réponse : chaque pointe du zig-zag correspondait à un point d’eau.

Le trajet du nomade comprenait, outre la notion du point de départ et d’arrivée, un troisième élément essentiel : le trajet en lui même... un trajet où le temps écoulé entre les deux points a moins d’importance que la manière dont on accomplit le parcours.

Mots-clés

développement culturel, communication, identité culturelle, interdépendance culturelle, dimension culturelle du développement, tradition


, Maroc

Commentaire

Cette petite histoire révèle une différence importante entre deux conceptions. L’approche du nomade par rapport à son trajet -et du coup, par rapport à sa conception du temps- est importante à comprendre lorsque l’on établit (en tant qu’occidental)une communication avec lui. Cette approche peut aussi s’illustrer dans de nombreuses situations comme, par exemple, le marchandage. Celui qui désir arriver rapidement à un accord n’obtient rien. Un réel marchandage demande du temps : du temps pour discuter de tout et de rien, du temps pour le thé. Des heures peuvent s’écouler avant d’arriver à l’enjeu réel du marchandage. Autant de chemins détournés qui font partie intégrante de toute démarche.

Ne pas prendre ces dimensions en compte peut ainsi devenir un frein à la communication entre deux groupes culturels distincts et remettre en question l’objet de la communication... d’où l’intérêt de prendre conscience de cette dimension interculturelle dans tout acte de partenariat.

Source

Littérature grise

ROBERTS,Tom

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