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Actions d’urgence et de développement

Pour une formation des intervenants-volontaires à l’approche culturelle

Tom ROBERTS

01 / 1994

Intégrer un projet d’urgence ou de développement dans un contexte spécifique en tenant compte des données culturelles apparaît de plus en plus comme un passage obligé. Dans une étude publiée par l’UNESCO en 1988, Dominique Desjeux soutient l’importance d’une formation des intervenants du développement à l’approche culturelle.

En se basant sur des expériences de terrain, il souligne les dangers liés à la non prise en compte des facteurs culturels : "On ne peut faire l’économie de l’étude culturelle sous peine de dépenser beaucoup d’argent pour rien et d’échouer comme dans de nombreux macro ou micro-projets."

Une question se pose néanmoins : le chercheur, l’anthropologue ou l’intervenant "formés" sont-ils capables de mener à bien cette recherche dans toutes les situations par rapport à l’ensemble des contextes et critères entrant en jeu ? D. Desjeux soulève les limites d’un regard basé sur "les connaissances rationnelles" : "L’approche culturelle est une science qui possède une rationalité limitée par les aspects illimités de son objet d’analyse : l’être humain. Il est donc nécessaire pour un décideur ingénieur ou technicien agricole de mettre entre parenthèses ses propres modèles culturels d’analyse scientifique."

Ceci nous amène à un point qui nous paraît important dans l’analyse de la dimension culturelle. S’il est possible de constater bon nombre d’erreurs qui trouvent leur source dans une transposition systématique de modèles qui s’avèrent inadaptés, il nous paraît aussi dangereux de risquer le même piège en appliquant à l’approche culturelle un schéma ou une grille d’analyse préconçue.

La réflexion et l’analyse seront toujours à recommencer certes, mais elles se heurteront aussi au principe de "Heisenberg" : à savoir que toute observation d’une chose est soumise aux instruments d’observation qui sont utilisés. En d’autres termes, l’analyse que nous effectuons d’une autre culture se fera en fonction des outils d’observation qui sont les nôtres, c’est à dire ceux issus de nos propres références et logiques culturelles.

Mots-clés

développement culturel, identité culturelle, dimension culturelle du développement, culture et développement, recherche et formation, interdépendance culturelle


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dossier

Se former à l’interculturel

Commentaire

Prendre en compte la dimension culturelle apparait de plus en plus comme un passage obligé dans la conception et la réalisation des actions d’urgence et de développement.

Une telle approche nécessite une formation des intervenants, mais implique une question fondamentale : nos outils d’analyse, grilles et méthodes d’évaluation sont-ils adaptés pour prendre en compte les environnements culturels extrêmements complexes et généralement révélateurs d’autres logiques ?

Souvent, le meilleur moyen d’intégrer la dimension culturelle dans les actions entreprises est de passer par un interlocuteur local qui collabore à l’élaboration, la réalisation et l’évaluation des projets... en d’autres termes, c’est le pas vers le partenariat.

Source

Littérature grise

ROBERTS, Tom, AUI=Action d'Urgence Internationale

AUI (Action d’Urgence Internationale) - Terrasses Montcalm, 1401 rue Fontcouverte, 34070 Montpelllier, FRANCE - Tél 33 (0) 4 67 27 06 09 - fax 33 (0)4 67 27 03 59 - France - www.aui-ong.org - info (@) aui-ong.org

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