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Cyclone au Sri-Lanka : populations et administrations locales s’organisent

Remise en question de l’idée que les populations sinistrées sont dépendantes et les structures locales systématiquement désorganisées

Tom ROBERTS

1994

Le 23 novembre 1978, un cyclone a ravagé la côte est du Sri-Lanka, détruisant tout sur son passage, sur une profondeur de quelques 60 kilomètres. Le long de la côte, les dégâts ont encore été aggravés par une onde de marée dont la hauteur a été évaluée à 1,8 mètre et les fortes pluies qui ont accompagné le cyclone ont provoqué d’importantes inondations et isolé plusieurs collectivités.

Les habitations, les locaux commerciaux, les installations industrielles, les bureaux et les bâtiments administratifs ont été plus ou moins gravement endommagés. Les inondations ont pollué les sources d’eau potable dans une vaste région. De même, l’hôpital général, les réserves de produits alimentaires, les réseaux de distribution d’électricité, et les installations de télécommunication ont subi des dégâts. Les conduites d’eau ont été coupées par les arbres déracinés et 242 bâtiments scolaires ont été détruits ou endommagés. Les inondations et les chutes d’arbres ont coupé toutes les routes conduisant à la zone sinistrée pendant deux jours au moins et jusqu’à sept jours parfois dans certaines régions éloignées. Bien que les conséquences du cyclone n’aient été prévues ni par le grand public, ni par les autorités, des mesures ont immédiatement été prises à l’intérieur même de la zone sinistrée. Ces mesures sont brièvement exposées ci-après.

Le jour qui a suivi le cyclone, et malgré de fortes pluies, la grande majorité de la population entreprenait des travaux de recherche et de secours dans le voisinage immédiat, tentait de faire l’inventaire des dégâts, prenait soin des familles et assurait la protection des biens personnels. Pour soutenir l’action des forces de police locales, divers groupes de citoyens constitués pour l’occasion ont, semble-t-il, été chargés d’effectuer des fouilles et des opérations de secours plus systématiques sur place.

Les membres du personnel des services administratifs n’étaient généralement pas disponibles le lendemain du passage du cyclone, mais ils ont été mobilisés dès le jour suivant, alors que de nombreux travailleurs de force supplémentaires avaient été engagés pour aider le personnel permanent. C’est ainsi que les routes ont été dégagées par les équipes régulières d’entretien, complétées par plus d’une centaine de travailleurs embauchés dès le deuxième jour dans les zones les plus durement touchées, tandis qu’un gros travail était accompli par des groupes de villageois animés par un "esprit communautaire". Ces efforts spontanés ont été le fait des populations des zones sinistrées, alors qu’au même moment le service de la voirie, qui disposait d’engins lourds, progressait de l’extérieur en direction des localités touchées par le cyclone.

A tous les niveaux de l’administration, le personnel de direction a pris l’initiative de coordonner l’action des organismes et des services relevant de son autorité. Outre la coordination qui s’est établie en fonction des circonstances entre de nombreux groupes et services, des équipes officiellement chargées de coordonner les secours ont été mises en place à cinq niveaux administratifs au moins : c’est-à-dire le village, la zone, le district, le gouvernement central et les organismes internationaux.

L’exposé des faits qui précèdent ne porte que sur une petite partie de l’action menée par des individuels et des groupes pour faire face à la situation. Les initiatives ingénieuses prises ainsi par les administrations ne présentent pas un cas isolé. La plupart des collectivités victimes de catastrophes dans le monde entier réagissent très probablement de la même façon.

Ces références aux initiatives collectives ne signifient pas que toutes les actions ainsi menées ont été suffisantes pour répondre aux besoins. De nombreux biens et services essentiels ont été fournis de l’extérieur de la zone sinistrée. Cet exemple sert néanmoins à démontrer qu’une catastrophe naturelle ne rend normalement pas inopérantes les institutions locales.

Evidemment, si ces institutions fonctionnent déjà mal avant le sinistre, il en sera probablement de même après, mais cela ne saurait être imputé à la catastrophe."

Mots-clés

organisation communautaire, participation populaire, processus d’adaptation, catastrophe naturelle


, Sri Lanka,

Commentaire

L’image qu’évoque le plus souvent une catastrophe est celle de destructions, de morts, de blessés et de populations démunies, choquées et incapables de faire face seules à la situation : d’où une indispensable aide "extérieure" (curieusement pour l’occident, et notamment aux USA, les médias insistent plutôt sur les capacités d’organisation locale, l’initiative des citoyens et l’esprit combatif).

La réalité, dans la plupart des cas, ne correspond pas à cette image... les sauveteurs européens ou américains seront souvent surpris par l’esprit d’initiative locale et les capacités d’auto-organisation qui naissent suite à une catastrophe.

Les exemples comme celui du Sri Lanka sont nombreux mais curieusement pas ou peu connus... Ils doivent néanmoins être pris en compte afin d’appuyer des actions de reconstruction ou de réhabilitation sur des potentiels locaux existants.

Source

Littérature grise

AUI=Action d'Urgence Internationale, 1992/06

AUI (Action d’Urgence Internationale) - Terrasses Montcalm, 1401 rue Fontcouverte, 34070 Montpelllier, FRANCE - Tél 33 (0) 4 67 27 06 09 - fax 33 (0)4 67 27 03 59 - France - www.aui-ong.org - info (@) aui-ong.org

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