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Catastrophes naturelles et vulnérabilités des populations

Constat d’une aggravation liée aux modes de développement

Tom ROBERTS

01 / 1994

Il existe souvent une confusion entre la notion de "catastrophe" et celle de "phénomène naturel". Pourtant, en soi, une inondation, un séisme ou un ouragan n’est pas une catastrophe. Si on les qualifie comme tels, c’est par rapport à leurs conséquences directes ou indirectes sur l’homme.

D’après le rapport du DHA (Department of Humanitarian Affairs / Nations Unies)sur les catastrophes de 1992, les catastrophes ont tué environ trois ou quatre fois plus de personnes dans les PVD que dans les pays industrialisés et surtout que le nombre des personnes touchées, qui en subissent les conséquences, serait 40 fois plus élevé dans les pays dits du Tiers Monde.

Sur les 109 catastrophes majeures qui ont eu lieu entre 1960 et 1987 (Etude de Berz / 1989), 41 ont eu lieu dans les PVD, c’est à dire moins de la moitié. Par contre on déplorera 758 850 morts contre seulement (si l’on peut dire)11 441 dans les pays industrialisés.

Cette différence considérable est à imputer au mode de développement. D’abord, on constate que les populations les plus vulnérables sont généralement les plus défavorisées, ensuite que le développement dans les pays concernés se traduit par une urbanisation croissante qui entraîne une multiplication des ghettos / bidonvilles où les populations s’installent dans des zones à haut risque (flancs de montagnes ou lits de fleuves).

Le rapport du DHA précise "L’étendue du risque parmi de nombreuses populations, surtout dans les pays du Tiers Monde, s’est développée tout au long des dernières décennies et trouve sa source dans l’accroissement des populations, l’amplification de la densité démographique et l’urbanisation grandissante."

Pour étayer cette approche, le rapport 1993 de L’UNFPA (United Nations Population Fund)précise que "en 1950, seulement 42% des latino-américains habitaient en ville ; Aujourd’hui (...)presque 73% y vivent." Si cette tendance continue au-delà de l’an 2000 "celles-ci (les villes)absorberont de 85 à 90% des populations."

Pour achever le tableau, le rapport 1993 du PNUD démontre que, malgré l’ensemble des efforts de développement, l’écart entre les 20% les plus pauvres et les 20% les plus riches de la planète a doublé en 30 ans.

Mots-clés

urbanisation, démographie, inégalité sociale, densité de population, croissance démographique, conditions de vie, paupérisation, catastrophe naturelle


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Commentaire

Les chiffres montrent qu’il existe d’une part une forte croissance démographique et, d’autre part, une aggravation des conditions de vie et de la pauvreté. Ajoutez à cela une concentration de ces populations par l’exode rurale et l’urbanisation sauvage et vous venez de rassembler un maximum d’éléments qui contribuent à la vulnérabilité des populations. Cela explique, du moins en grande partie, l’augmentation du nombre de catastrophes dites "naturelles", qui ne sont donc pas si "naturelles" que l’on pourrait le penser.

Si ces données permettent d’expliquer la croissance des catastrophes depuis trente ans, elles dressent un tableau plutôt sombre pour l’avenir... Ce qui souligne la nécessité de lier l’urgence et la lutte contre les effets des catastrophes à de véritables politiques de développement et de gestion de l’environnement.

Notes

Informations contenues dans un argumentaire pour un projet de sensibilisation aux risques naturels.

Source

Document interne

ROBERTS, Tom, AUI=Action d'Urgence Internationale

AUI (Action d’Urgence Internationale) - Terrasses Montcalm, 1401 rue Fontcouverte, 34070 Montpelllier, FRANCE - Tél 33 (0) 4 67 27 06 09 - fax 33 (0)4 67 27 03 59 - France - www.aui-ong.org - info (@) aui-ong.org

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