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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Potentiels de l’Action volontaire face aux crises

Bases historiques et idéologiques de l’Action d’Urgence Internationale

Tom ROBERTS

12 / 1994

Suite au tremblement de terre qui ravagea la Yougoslavie en 1966, une conférence internationale fut organisée à Skopje en Octobre de la même année. Cette rencontre fut organisée par la Croix Rouge Internationale sous l’égide de l’ONU. Le secrétaire Général du Service Civil Internationamlm présenta une étude sur l’apport constructif de volontaires entraînés dans la lutte contre les catastrophes et il fut demandé, dans le cadre de l’ONU :

- l’organisation, dans tous les pays membres, d’un plan de secours

- la mise en place d’un ensemble de mesures pour éviter les catastrophes naturelles

- la mise en place d’un comité de coordination des secours, nécessaire pour obtenir une cohésion internationale des secours.

En octobre 1970, un raz de marée d’une rare violence dévasta le Pakistan oriental, devenu par la suite le Bangladesh. Cet événement fut le détonateur d’une action plus poussée car l’opinion publique était bouleversé par l’immensité du désastre : plus de 650 000 morts, trois millions de sinistrés et 250 000 maisons détruites, le tiers du pays submergé par les eaux, peu d’aide car seuls des hélicoptères en nombre auraient pu sauver des vies humaines ; ils existaient à proximité mais appartenaient aux pays voisins avec lesquelles le gouvernement ne voulait avoir aucune relation : la Chine, l’Inde.

On parla dans la presse d’un plan ORSEC mondial (ORSEC : ORganisation des SECours), proposé par le député STEILLIN. Le SCI, qui avait une section à Dacca lança un appel dans la presse pour trouver l’argent qui permettrait à cette équipe sur place d’agir, et reprit, avec d’autres organisations non gouvernementales (Citoyens du Monde, Compagnons Bâtisseurs, Cimade etc...)l’idée d’un plan de secours supranational et dénationalisé capable de coordonner l’ensemble des efforts.

Une conférence de presse fin 1970 aboutit à la création d’un Comité Provisoire d’une Agence Mondiale des secours. En plus des associations déjà citées, Emmaüs, les Clubs Léo Lagrange, les fédéralistes Mondiaux, participaient à ce comité. Il devint ainsi, en février 1971, le Corps Mondial de Secours. Ce collectif d’associations s’attacha à présenter à l’Assemblée Générale de l’ONU, en automne 1971, un plan de secours en deux points :

1°)création d’une autorité de coordination acceptée par tous, sous la responsabilité de l’ONU (avec la mise en place d’un groupe spécialisé à l’ONU).

2°)établissement d’un plan d’intervention pris en charge non par ce groupe mais par un collectif des ONG s’intéressant à ce problème.

Seul le premier point obtint l’adhésion de l’Assemblée Générale de l’ONU mais ce ne fut qu’en 1973 que fut mis en place l’UNDRO (actuellement le DHA : Department of Humanitarian Affairs).

Mots-clés

ONG, association, innovation, changement social


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Commentaire

1969 / Guerre du Biafra. 1970 / Catastrophe du Pakistan : deux dates qui marquent un tournant de l’action humanitaire et le développement ou la naissance (médias aidant)d’une quantité de structures d’aide internationale.

L’histoire est révélatrice du rôle des ONG dans ce domaine et surtout de la nécessité de situer cette action en dehors d’intérêts nationaux (économiques ou politiques...). Aujourd’hui, la complexité des conflits comme des catastrophes rend l’analyse difficile et le rôle des uns et des autres est souvent difficile à définir et à déterminer. Le recul dans l’histoire permet ainsi d’y voir un peu plus clair et éventuellement de dégager une stratégie d’action future.

Source

Littérature grise

RECLUS, Etienne; ROBERTS, Tom, AUI=Action d'Urgence Internationale

AUI (Action d’Urgence Internationale) - Terrasses Montcalm, 1401 rue Fontcouverte, 34070 Montpelllier, FRANCE - Tél 33 (0) 4 67 27 06 09 - fax 33 (0)4 67 27 03 59 - France - www.aui-ong.org - info (@) aui-ong.org

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