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La situation des personnes déplacées et réfugiées au Guatemala

Argentina CUEVAS

10 / 1994

Au début des années 80, l’affrontement interne entre la guérilla et l’armée - période de grande violence et de destruction des terres - a occasionné un grand nombre de morts, de disparus, de veufs et veuves, d’orphelins, de déplacés et de réfugiés. Environ un million de personnes de l’Altiplano se sont déplacées dans plusieurs villes du pays -particulièrement sur la côte sud, zone de grandes plantations de café et de canne à sucre - et dans les banlieues urbaines; d’autres sont allées dans les montagnes, où elles se sont cachées pendant dix ans. Plus de 100 000 personnes ont franchi la frontière du Mexique pour s’y réfugier.

A partir de 1987, avec l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement civil, le processus de rapatriement des réfugiés a commencé : il s’est fait par petits groupes, sous la tutelle du gouvernement et de l’armée. La signature d’un accord entre le gouvernement et les représentants des réfugiés le 8 octobre 1992 a permis le retour collectif des réfugiés, mené et organisé par eux-mêmes. Parallèlement, les réfugiés installés dans les montagnes, appelés Communautés de Population en Résistance (CPR), ont initié un processus de lutte pour "être entendus et écoutés" et être respectés en tant que population civile non combattante.

Les entraves au retour

Parmi les obstacles rencontrés par la population déplacée ou réfugiée cherchant à rentrer dans sa région d’origine ou à s’intégrer dans de nouvelles régions, nous pouvons citer :

- la terre : c’est un des problèmes les plus graves dans le pays tant en ce qui concerne la propriété que de la distribution. Avec le retour des réfugiés, le prix des terres s’est multiplié par cinq; or le gouvernement affirme qu’il n’a pas les fonds suffisants pour acheter ou faire des crédits.

- la sécurité : la population, susceptible à tous moments d’être accusée par l’armée de sympathiser ou de collaborer avec les insurgés, est constamment en proie à la persécution, à la pression et l’intimidation. En plus, la région où elle s’est réinstallée est une zone de conflit.

- le manque de moyens économiques et de services pour la survie et la reconstruction des communautés.

Malgré les efforts accomplis ces dernières années, le processus de rapatriement des réfugiés reste très lent. Sur les 100.000 réfugiés dans des campements au Mexique et les personnes protégées par l’ACNUR, seulement 15.000 sont rentrés. Il reste en plus 50.000 personnes dispersées à l’extérieur du pays, hors des camps mexicains et sans protection de l’ACNUR (Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés)...Le retour de plusieurs groupes de réfugiés dans différentes régions du pays est prévu dansles mois à venir. La Communauté internationale suit de près le processus de paix et de négociations qui comprend le rapatriement des réfugiés. Le processus de paix est suivi avec beaucoup d’intérêt et d’espoir par la population mais fait l’objet de trèsfortes pressions.

Mots-clés

réfugié, lutte pour la terre, insécurité, négociation


, Guatemala

dossier

Expériences et réflexions sur la reconstruction nationale et la paix

Notes

L’auteur de la fiche est une religieuse, membre de la CONFREGUA (Conférence des Religieux du Guatemala). Texte traduit de l’espagnol.

Fiche rédigée à partir d’un document envoyé suite à l’appel international à contribution lancé par la FPH pour l’organisation de la rencontre internationale sur la reconstruction du Rwanda (Kigali, 22-28 octobre 1994)co-organisée par la FPH et le CLADHO(Collectif des Ligues et Associations de défense des Droits de l’HOmme).

Source

Texte original

CONFREGUA (Conferencia de Religiosos de Guatemala) - 10a calle 1-40. Apartado postal 793, 01901 Guatemala City. GUATEMALA. Tel/Fax (19)502 2 252 43 - Guatemala

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