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Meaux (France) / Campina Grande (Brésil) : des quartiers s’ouvrent sur la ville et le monde

07 / 1993

Contexte

Les villes sont malades de leurs banlieues, au Nord comme au Sud. Chômage, exclusion, habitat dégradé, carence de services, délinquance… Un peu partout, les symptômes du « mal des banlieues » se ressemblent. Pourquoi ne pas chercher des solutions ensemble, entre villes du Nord et du Sud ? La coopération prend alors tout son sens. Il ne s’agit plus d’une aide, mais d’une entraide. La ville de Meaux, en France, et celle de Campina Grande, au Brésil, font la preuve de la pertinence de cette démarche.

Campina Grande est une ville de l’Etat de Paraiba, dans le Nordeste du Brésil. Elle compte plus de 300.000 habitants, dont la moitié a moins de vingt ans. La forte émigration rurale contribue à l’extension rapide des favelas, les bidonvilles brésiliens. Dans ces quartiers à l’urbanisation « sauvage », dépourvus d’équipement, se concentre une population jeune sans formation.

A la Pierre Collinet, un quartier périphérique de Meaux, dans un contexte et à une échelle différente (La ville de Meaux : 51.000 habitants. Pierre Collinet : 5000 habitants), les problèmes sont comparables : un habitat qui se dégrade, une population immigrée importante, de nombreux jeunes chômeurs sans qualification, la délinquance…

Enjeu

L’échange d’expériences et la réflexion commune menés par Meaux et Campina Grande sur le développement social urbain s’inscrivent dans une démarche de coopération à double sens. Il ne s’agit plus d’aide mais d’entraide. Le point d’ancrage de cette coopération multiforme : deux régies de quartier.

Projet de services

Pour aider le quartier de la Pierre Collinet à sortir de l’impasse, l’Office HLM et la mairie de Meaux ont choisi en 1985 de soutenir la création d’une régie de quartier, Collinet Services. Celle-ci emploie en priorité des habitants du quartier en situation difficile. Elle a d’abord développé des services d’amélioration du cadre bâti. Elle a ensuite élargi son cadre d’activité, en ouvrant un café puis en assurant la gestion d’un hôtel dans le quartier. La régie de quartier combine logique économique (une entreprise privée rentable), sociale (priorité à l’emploi de jeunes en difficulté) et spatiale (embauche dans le quartier, activités multiples centrées sur le développement du quartier).

En 1990, la maire de Campina Grande lance, avec les associations locales, un vaste programme d’urbanisation des favelas. Ses responsables rencontrent les autorités municipales de Meaux; très vite, ils parlent le même langage. La régie de quartier développée à Meaux séduit les Brésiliens. Une coopération s’engage autour de la favela Pedregal (12.500 habitants) où sera créée la première régie de quartier brésilienne. La municipalité de Campina Grande lui fournira ses premiers contrats : aménagement urbain, entretien, services collectifs comme la pré-collecte des ordures ménagères. La régie de quartier de Pedregal a d’autres activités en perspective : une blanchisserie et un atelier de confection. Une université jouxte le quartier; la régie pourrait lui vendre des services de gardiennage, de dépannage et d’entretien des espaces verts. L’appui à la création d’une régie de quartier n’est que la première étape d’une coopération urbaine aux multiples ramifications.

PARTENAIRES : Au Brésil : Mairie de Campina Grande (maîtrise d’ouvrage, accueil et hébergement des Français, financement des projets locaux)- NUCOR (groupe de coordination du projet)- Caisse économique fédérale (étude sur l’assainissement)- Associations d’habitants des favelas. En France : Mairie de Meaux (maîtrise d’ouvrage du projet, mise à disposition et accueil de techniciens)- Mission locale d’insertion des jeunes (Meaux, opérateur général de la coopération)- OPAC de Meaux (appui technique)- Régie de quartier Collinet Services (missions de conseil, accueil de stagiaires)- Union française des centres de vacances et Compagnons sans frontières (envoi de stagiaires)- Mairie d’Othis (appui au Centre culturel de Campina Grande)- Pharmaciens sans frontières (appui aux centres de santé).

Mots-clés

habitat, aménagement urbain, eau, coopération internationale, urbanisation, jeune, chômage, déchet urbain, délinquance, réhabilitation de l’habitat, insertion sociale, insertion professionnelle, organisation de quartier


, Brésil, Campina Grande, Paraiba

Commentaire

UN EFFET « BOULE DE NEIGE » : Les services techniques de Meaux et Campina Grande ont ainsi engagé une réflexion commune sur la propreté urbaine et le traitement des ordures ménagères. Meaux apporte ses compétences techniques pour résoudre les difficultés d’assainissement des eaux et la mission locale de la ville envoie des jeunes travailler sur des chantiers d’aménagement des favelas.

Enfin, la coopération s’élargira à d’autres domaines, comme l’aide à des centres de santé populaires, un appui en gestion et marketing au Centre du bois de Campina. Un jumelage est aussi en cours entre le Centre culturel français de Campina et celui d’Othis. Les deux municipalités ont signé en 1992 un protocole d’accord global autour de cette coopération, afin de continuer à chercher ensemble des réponses aux multiples enjeux du développement social urbain.

Notes

Fiche d’information n°8 du Programme Solidarité Habitat, projets pour une coopération directe et décentralisée. Programme du GRET. Contact en France : Michel Bonnet, Mission locale de Meaux. Tél: (1) 60 25 28 95. FAX: (1) 64 33 53 06

Source

Littérature grise

BONNET, Michel, MARCONDES CABRAL, Ana Carolina, PROGRAMME SOLIDARITE HABITAT, GRET, 1992/12 (France), 8

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