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Les associations de locataires en Roumanie : les difficultés et l’espoir

07 / 1993

L’Union Nationale des Associations de Locataires de Roumanie (UNAL) a été fondée fin 1990 par un petit groupe d’enthousiastes, dans la foulée frénétique des événements de décembre 1989, lorsque beaucoup de gens commençaient à se poser, d’une manière pratique, le problème des droits de l’homme.

Du point de vue de l’UNAL, ce qui s’imposait en tout premier lieu, c’était d’améliorer la situation des associations de locataires (créées par l’effet de la loi, après la seconde guerre mondiale) parallèlement à la construction d’immeubles dont l’Etat était le propriétaire. La raison d’être de ces associations était - et elle l’est encore - de gérer les habitations et de mettre en application les dispositions des autorités. En même temps, les associations de locataires étaient un moyen de contrôle des populations urbaines pour le compte du pouvoir communiste. Il va sans dire que les lois concernant l’habitat et les locataires étaient conçues dans ce sens.

Après décembre 1989, le pouvoir communiste, en tant que tel, a disparu, mais les lois sont toujours là, bien qu’elles ne correspondent plus ni à l’esprit du temps ni à l’évolution de l’économie et sont, la plupart du temps, caduques.

Voici donc un des objets fondamentaux de notre action : changer la législation concernant les associations de locataires (il y en a plus de 23.000 en Roumanie, rassemblant des millions de personnes) dépourvues de tout contrôle mais surtout abandonnées à leur sort, privées de toute assistance, dans le quasi vide législatif qui s’est installé depuis trois ans et qui rend possible toutes sortes d’abus.

La principale source de ces abus, ce sont les régies autonomes qui fournissent l’énergie, l’eau et les services de salubrité. Elles sont devenues de vraies monopoles, des états dans l’Etat, ayant, jusqu’ici le droit d’imposer leurs tarifs et toutes sortes de conditions contractuelles onéreuses pour les associations de locataires. Et, comble de l’abus, ces monopoles ont la possibilité de prélever des comptes en banque des associations toute somme dont elles considèrent être redevables, et ce sans avoir l’avis des titulaires. A ce jour, notre combat est dirigé contre le plus grand abus - les tarifs imposés par les dites régies. Les tarifs étaient précédemment soutenus par le Gouvernement par des subventions qui sont sur le point d’être supprimées, ce qui rendra ces dépenses insupportables pour la majorité des familles.

La suppression des subventions de l’Etat - mesure s’intégrant dans le processus de transition vers l’économie de marché - nous ne la contestons pas. Le problème qui se pose est celui des tarifs proprement dits, calculés par les régies selon leur nécessité de couvrir des pertes énormes et des salaires qui sont, actuellement, les meilleurs en Roumanie. Et tout cela avec en toile de fond l’absence quasi totale d’appareils de mesure de l’énergie thermique et de l’eau fournies.

Les immeubles construits par l’Etat, pendant quatre décennies, l’ont été d’une manière qui ne permet pas la comptabilisation individuelle, par appartement, de l’énergie et de l’eau consommées. Voici donc une source de malentendus, de mécontentements et souvent de conflits.

Mots-clés

logement, changement social, Etat, développement urbain, aménagement urbain, accès au logement, association d’habitants, législation, pouvoirs publics, privatisation, politique de l’habitat


, Roumanie

Commentaire

Cette situation nous offre l’image des grandes différences existant entre nos problèmes et ceux des associations de locataires des pays occidentaux. Je dois ajouter à cela que jusqu’ici, pour nous, le loyer des appartements qui sont propriété de l’Etat n’est pas un problème, tellement il est peu élevé et que l’expulsion n’existe pratiquement pas.

Source

Littérature grise

COSTA, Adrian, UNION NATIONALE DES ASSOCIATIONS DE LOCATAIRES DE ROUMANIE (Roumanie)

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