
à contributions
Dossiers en cours
2007 / 2008
Gouvernance de l’eau : l’urgence de changer de regard et de pratiques
Atteindre la durabilité par les filières : de la production à la consommation
06 / 1993
La situation politique et économique de la Colombie se caractérise par :
- une tradition démocratique, une stabilité institutionnelle remarquable et la rivalité entre le parti libéral et le parti conservateur. Par contraste, l’Etat est faible et précaire
- une relative prospérité économique ; la croissance a été de 4 à 5% par an au cours de la dernière décennie.
Le pays se distingue aussi par le développement de la violence :
- la violence politique qui est le fait de guéerillas révolutionnaires (sept groupes armés)auxquelles s’oppose la politique dite de "sécurité nationale" et la montée de groupes de justice privée
- la violence des trafiquants de drogue dont la montée coïncide avec la défaite de l’idée d’une révolution socialiste possible et qui tire prétexte du refus opposé par le gouvernement à la participation politique des trafiquants et de l’opposition à l’extradition des principaux d’entre eux vers les Etats-Unis
- la violence de droit commun, qui s’est généralisée depuis trois ans, résulte en particulier de la dissolution des autres violences organisées.
Actuellement de nouvelles perspectives d’évolution vers la paix apparaissent grâce à un effort général d’ouverture permettant de réintégrer dans la vie politique normale la plupart des opposants violents.
La défaite politique des guérillas est patente ; elle résulte à la fois du profond désir de paix de la population et de la crise généralisée de l’idéologie socialiste révolutionnaire. Certaines guerillas tentent de participer à la vie politique normale (cf. le cas du M19).
La violence liée à la drogue diminue depuis que le gouvernement a refusé l’extradition vers les Etats-Unis et a négocié la reddition des principaux trafiquants.
L’instrument de cette évolution vers un régime plus ouvert à la participation de nouvelles forces sociales et politiques a été l’assemblée constituante. Le compromis auquel elle est parvenue se traduit par la perte du pouvoir politique de l’Eglise, la réforme des partis politiques pour permettre l’expression de nouvelles forces, le respect des pouvoirs économiques en place.
-le respect du pouvoir militaire, l’affaiblissement des guérillas,la fin du terrorisme lié à la drogue.
L’intensité de la violence liée à la drogue a masqué les réalités politiques, économiques et sociales de la Colombie et poussé à la simplification des analyses de la situation du pays.
Il faut notamment comprendre que l’attitude, qui peut paraître excessivement clémente à l’égard des trafiquants, est à la fois une affirmation d’indépendance vis-à-vis des Etats-Unis - dont le marché joue un rôle considérable dans le développement du trafic- et une mesure de politique interne.
La référence à la tradition démocratique a-t-elle encore un sens si ce n’est pour souligner encore davantage la complexité et l’irrationalité de la situation et pour inciter à la recherche d’autres explications ?
Contribution aux Journées de Saint-Sabin "Paix en Ethiopie" organisées par la Fondation pour le Progrès de l’Homme à Paris en juillet 1991.
Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…
RESTREPO, Luis Alberto, CINEP, FONDATION POUR LE PROGRES DE L'HOMME (France)
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