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L’échec migratoire d’un Mexicain

12 / 1994

Le parcours migratoire n’est pas toujours une réussite et les jeunes du quartier Est de Los Angeles ont en permanence sous les yeux l’exemple d’une échec migratoire. Issu d’une famille modeste de Tarecuato, Luis a dû travailler très tôt pour aider sa famille; il s’est marié à dix-sept ans et a eu rapidement deux enfants; ne pouvant subvenir aux besoins de sa famille, il est parti clandestinement en Californie. Il partage une petite maison avec Roberto et six autres compagnons; il prétend travailler comme livreur de repas rapides mexicains, mais cette version se contredit chaque soir quand Luis rentre plus ivre que la veille. Pendant ce temps sa femme restée sans nouvelles et sans argent attend toujours une manifestation de son mari et pour Luis cette complainte est de plus en plus floue; il sort le soir au centre ville envahi par les clochards, les dealers et les prostituées. Son attitude crée des conflits dans la communauté des "tarecuateños"; il incarne l’exemple de l’échec migratoire et constitue une sorte d’épouvantail au travers duquel chacun projette ses angoisses, ses frustrations. Luis est l’exemple de celui qui n’est pas "en lien"; il a rompu avec ses attaches familiales et ethniques, il participe mal au lien social qui unit les jeunes migrants; mal intégré dans la société californienne, il se leurre à établir des liens avec les buveurs, drogués at autres marginaux du down-town de Los Angeles.

A travers cet exemple d’échec migratoire, nous pouvons voir en creux ce qui constitue l’expérimentation d’un nouveau lien social : l’autonomie de la personne, une reconnaissance de soi et de l’autre différent, l’existence de la personne en tant qu’élément indépendant (et partie prenante)du système communautaire, la responsabilité personnelle et le sens du contrat, la gestion du travail -le grand intégrateur- et du temps, la gestion de l’argent et de la consommation, la participation choisie à la vie collective à travers les réseaux de solidarité, les communautés d’intérêt (syndicats, associations)et les processus démocratiques, une compréhension renouvelée des relations interculturelles.

Mots-clés

autonomie, relations sociales, insertion sociale, migration, jeune, interdépendance culturelle


, Mexique, Etats-Unis, Tarecuato, Los Angeles, Californie

Notes

Intervention au colloque "Transformations sociales : processus et acteurs", Perpignan, 1994, organisé par l’ARCI et l’Université de Perpignan.

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

PAVAGEAU, Jean

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