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Les Etats ’sous-influence’ ou ’sensibles’ à la drogue

10 / 1994

Le concept de "narcodémocratie", par rapport à celui de narco-Etat, renvoie à une forme moins visible et plus perverse de pénétration des institutions par les intérêts du narcotrafic. Dans le cas du Venezuela, une succession de scandales a impliqué des pans entiers de l’establishment public et privé. Au Mexique, l’assassinat du cardinal Jesus Posadas Ocampo a mis à jour la profondeur de la corruption dans les rouages de l’Etat. Le cas de la Colombie est plus complexe. Certes, de nombreux militaires et policiers ont été convaincus de complicité avec les trafiquants au point que le gouvernement était obligé de relever périodiquement les membres des corps d’élite chargés de les traquer. Pablo Escobar n’a pu survivre dans la clandestinité que grâce aux renseignements qui lui était fournis par certains d’entre eux, souvent placés aux postes les plus élevés de la hiérarchie. Mais il s’agissait probablement plus d’une multiplication de cas de corruption individuelle, que d’une véritable implication d’institutions dont de nombreux membres ont parallèlement péri au cours des narco-guerres. Par contre, le pouvoir économique des narcos leur permet de s’infilter au plus profond du système économique en achetant des entreprises, des médias, des juges, et surtout en finançant les campagnes électorales. On peut considérer qu’ils s’appuient sur un narco-groupe parlementaire d’importance et que leurs alliés se retrouvent parfois jusque dans l’entourage de la présidence.

On peut cependant estimer que comme en Italie jusqu’en l993, ils visent davantage à rester un groupe de pression, pour forcer le pouvoir à oeuvrer en faveurs de leurs intérêts, qu’à véritablement partager ce dernier. C’est dans ce contexte qu’il faut situer les négociations visant à la recherche d’un compromis avec le cartel de Cali.

Le cas de la Thaïlande semble relativement semblable à celui de la Colombie, même si un homme d’affaires trafiquant a été sur le point d’être nommé premier ministre en l992. Le Paraguay échappe à la caractérisation de narco-Etat, non seulement parce qu’avec le retour des civils au pouvoir en 1992, les trafiquants se sont quelque peu désengagés des sphères du pouvoir, mais surtout parce que traditionnellement dans ce pays, d’autres trafics - contrebande, vol de voitures, exportations d’animaux exotiques - etc, rapportent, ensemble, sans doute davantage que la production de marijuana et le transit de cocaïne.

Mots-clés

corruption, rôle de l’Etat, trafic de drogue, géopolitique de la drogue, drogue


, Venezuela, Mexique, Colombie, Thaïlande, Paraguay, Équateur, Panama, Kazakhstan

Commentaire

Entre les Etats "sous influence du narco-trafic" et les Etats "sensibles au narco-trafic", il existe moins une différence de nature que de degré d’implication. Certains pays figurent dans la première catégorie parce qu’un scandale a révélé la participation de membres importants de l’establisment au narco-trafic, comme dans le cas de l’Equateur, du Panama. Tandis que d’autres, comme le Kazakhstan, ou la Côte d’Ivoire, doivent surtout à l’ignorance de l’opinion internationale, d’être mieux traités jusqu’ici. Cependant, force est de constater que de moins en moins de pays sur la surface du globe, peuvent se targuer de n’être pas "sensibles à la drogue".

Notes

Les sources d’information de cette fiche sont confidentielles et non communicables.

Source

Enquête

OGD=OBSERVATOIRE GEOPOLITIQUE DES DROGUES

OGD (Observatoire Géopolitique des Drogues) - France

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