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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Les aspects du processus de paix en Amérique Centrale

Alain FORGEOT, Nicolas SILHE

07 / 1993

Ce dossier est constitué de deux articles :

  • Le développement en tant qu’instrument du processus de paix en Amérique centrale, par Homero L. Hernandez Sanchez,

  • Initiatives de paix et désarmement dans la région de l’Amérique centrale, par Boris Yopo et Victor Millan.

Ces articles se chevauchent en partie, mais se distinguent suivant la ligne de partage suivante : le premier trace le cadre historique, économique, social et géo-politique des processus de paix actuels et récents, tandis que le second entre dans la description des négociations diplomatiques à l’échelle régionale, puis des cas précis de trois pays d’Amérique centrale.

Le premier article rappelle l’impossibilité d’analyser les processus de paix en Amérique centrale sans tenir compte de tout un ensemble de facteurs, internes et externes.

Dans un premier temps, l’auteur distingue deux crises qui se conjuguent actuellement en Amérique centrale. La première est structurelle -économies fondées sur une monoculture, sociétés aux fondements inéquitables-. L’autre est liée à la situation économique mondiale actuelle : fardeau de la dette, déclin de l’activité économique, chômage, auxquels s’ajoutent les problèmes engendrés par les guerres : afflux massif de réfugiés dans certains pays, exode rural, etc.

L’auteur combat la thèse selon laquelle l’instauration d’institutions démocratiques suffirait à faire aboutir le processus de paix dans la région. Une démocratie solide nécessite un certain niveau de développement économique et social ; et, en matière de développement, il est essentiel de ne pas occulter la question des dépenses militaires. Dans le Tiers Monde, l’accroissement de la dette entre 1975 et 1985 était dû à 40 % aux seules importations d’armes. Au Nicaragua, pays où les facteurs externes et internes ont imposé une économie de guerre, les dépenses militaires représentaient en 1985 plus de 26 % du montant total des dépenses publiques. Au Salvador, elles dépassaient 37 % du budget national en 1987. Par ailleurs, l’endettement en tant que tel a résulté d’une « politique de crédit irrationnelle » et, dû entre autres à la politique de déficit budgétaire des Etats-Unis, les sources de crédit se sont taries et les institutions financières internationales se sont mises à exiger le paiement de la dette.

En Amérique centrale, des institutions telles que le groupe de Contadora ont reconnu que l’instabilité provenait du sous-développement, de l’injustice et de la vulnérabilité économique. C’est dans ce cadre qu’ont été lancés les processus de paix d’Amérique centrale que le second article décrit plus en détail.

La concertation régionale a commencé à l’initiative notamment du Mexique et du Venezuela et cherchait à empêcher que la guerre ne se généralise dans la région et que des puissances étrangères n’y interviennent (formation du Groupe de Contadora, puis du Groupe d’appui de Contadora et, plus récemment, du Groupe de Rio réunissant treize pays latino-américains). En août 1987, les présidents du Costa Rica, du Salvador, du Guatemala, du Honduras et du Nicaragua ont franchi une autre étape en signant le Plan de paix Esquipulas II où l’accent était mis sur la nécessité de parvenir à des accords consensuels et où beaucoup d’importance était donnée à des questions de politique intérieure, telles les négociations entre gouvernements et insurgés. Un lien était affirmé entre les processus de paix et les réformes internes. Les négociations ultérieures ont porté sur la réduction des armements, où toutefois l’accord n’a pas réussi à se faire, et ont privilégié la question de l’intégration économique régionale (Plan d’action économique d’Antigua, 1990).

Le Nicaragua est un exemple de processus de paix ayant abouti. Les négociations ont porté sur le désarmement et la réinsertion des contras, en même temps que prenaient place des réformes démocratiques. L’ONU et l’OEA (Organisation des Etats américains)ont joué un rôle important dans la transition pacifique par leur contrôle des élections, de la démilitarisation, de la signature et de l’application des accords.

Au Salvador, l’accord s’est fait sur l’ordre de priorités suivant : accord politique puis cessation des hostilités. Les parties en conflit se sont accordées pour reconnaître que la violence prenait son origine dans les profondes inégalités « qui existaient depuis toujours dans la société salvadorienne ». Les principaux obstacles aux négociations ont été les questions de la démilitarisation et du rôle futur de l’armée. Par l’instauration d’un climat de confiance toutefois, les parties en sont venues à assouplir leurs positions.

Au Guatemala, des négociations ont été entreprises sur les réformes économiques, politiques et sociales des institutions et même sur une éventuelle réforme de la constitution

Dans ces deux derniers pays, les processus n’avaient toutefois pas abouti (l’article date de courant 1991).

Les accords d’Esquipulas ont ainsi « frayé une voie nouvelle » liant la sécurité régionale à la réconciliation nationale, et cette dernière à la nécessité de réformes institutionnelles. Les résultats atteints, comme au Nicaragua, sont toutefois fragiles car il reste toujours à jeter les bases d’un véritable développement économique et social global.

Mots-clés

paix et développement, paix et démocratie, coopération, coopération Sud Sud, accord international, désarmement, négociation, processus de démocratisation, armement


, Amérique Centrale, Nicaragua, Salvador, Guatemala

dossier

Ébauche pour la construction d’un art de la paix : Penser la paix comme stratégie

Commentaire

Ces deux articles, extraits d’une revue publiée par les Nations Unies -et notamment le second-, par leur insistance sur des déclarations officielles, l’ordre du jour des négociations ou encore les recommandations d’ordre général (« il faudrait…") ont souvent un ton de littérature officielle où l’on regrette la quasi-absence de réelle critique (quant au rôle des Etats-Unis, pour ne citer qu’un exemple). On en ressort avec l’impression de n’avoir vu que la face apparente des phénomènes en cours.

Source

Articles et dossiers

HERNANDEZ SANCHEZ, Homero L., YOPO, Boris, MILLAN, Victor in. DESARMEMENT, 1991 (ETATS UNIS), N°4

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