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Le problème du développement alternatif au Maroc

11 / 1994

Si les pays européens ont accueilli avec satisfaction la déclaration d’intention du gouvernement marocain en octobre l992 concernant la substitution des des cultures de cannabis, aucun ne fait preuve d’un grand empressement pour répondre à ses demandes d’aide au développement des provinces du Nord, censé régler "en cinq ans" la question de la drogue.

Il est vrai que l’échec des rares expériences de substitution des cultures de cannabis menées jusqu’à présent par les Nations-Unies a souligné l’absence d’alternative crédible pour les habitants d’une région désavantagée par ses caractéristiques physiques. La monoculture du kif dans un écosystème fragile, si elle a réellement amélioré la condition de ses paysans, a encore aggravé ses handicaps, qu’ils soient agronomiques (la destruction des espaces boisés pour étendre les cultures accentue l’érosion)ou économiques (disparition des cultures de subsistance). Les 5 millions d’habitants du Rif (zone la plus densément peuplée du Maroc)n’ont pas d’autre débouché que les trafics, la porte de l’émigration leur étant fermée, tant dans le reste du pays qu’en Europe.

L’échec du développement alternatif doit aussi beaucoup à l’absence de concertation avec la société civile et à l’attitude de l’administration. Le pouvoir central s’est longtemps contenté de contrôler une population perçue comme hostile à la personne du souverain comme au régime monarchique. Les rares efforts consentis pour améliorer des infrastructures quasi-inexistantes n’ont pas contribué à rétablir la confiance : des chantiers de construction de barrages collinaires actuellement en cours ont donné lieu au recrutement d’ouvriers dans les villages de la région. Les candidats devaient accepter de verser leurs trois premiers mois de salaire à l’autorité ayant favorisé leur embauche. Les conditions de travail sont particulièrement dures et la mise en eau des ouvrages ne donne pas lieu à une indemnisation équitable des propriétaires des terres inondées.

Mots-clés

drogue, organisation internationale, cannabis, agriculture illicite, coopération internationale


, Maroc

Commentaire

Une politique d’éradication du cannabis, menée sans l’adhésion de la population ruinerait les paysans sans affecter durablement le marché européen. Et la reconversion actuelle de trafiquants marocains parmi les mieux organisés dans le trafic de drogues dures représente un potentiel redoutable de développement d’une production locale, notamment d’héroïne. Les précédents ne manquent pas : multiplication des laboratoires dans la vallée libanaise de la Bekaa après plusieurs campagnes d’éradication de cutures de cannabis et de pavot devenues trop "visible" ou, à la fin des années 70, apparition et développement de la production de cocaïne en Colombie, après une sévère campagne de répression de la culture de marijuana.

Notes

Les sources d’information de cette fiche sont confidentielles et non communicables.

Source

Enquête

OGD=OBSERVATOIRE GEOPOLITIQUE DES DROGUES

OGD (Observatoire Géopolitique des Drogues) - France

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