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Le trafic des drogues au Togo

11 / 1994

Le rôle du Togo comme importante voie de transit des drogues a deux causes principales. Sa situation géographique d’abord : bande de terre allongée de 600 km sur une largeur qui varie de 50 km (sa façade maritime)à 150 km, il a une frontière commune avec le Ghana (laquelle passe par les faubourgs ouest de la capitale, Lomé), important pays producteur de cannabis et importateur-exportateur de psychotropes et de drogues dures. Le Togo n’est d’autre part séparé que par le Bénin, dont la frontière est extrêmement poreuse, de la plus importante plaque tournante des drogues en Afrique, le Nigeria. La seconde cause de la place prise par le Togo dans le trafic international des drogues réside dans l’instabilité politique qui entoure, depuis l989, le soi-disant processus d’ouverture démocratique.

Le Togo, du fait de sa situation géographique, est traditionnellement un pays de contrebande terrestre où la drogue, aux yeux des commerçants transfrontaliers, est une marchandise comme les autres et emprunte les mêmes circuits parallèles. La lecture de la presse locale suggère cependant que les quantités d’herbe, saisies notamment par la gendarmerie en l993, seront cependant en très nette augmentation par rapport à l’année précédente.

La cocaïne et l’héroïne arrivent d’Europe soit dans des bagages ou du fret à l’aéroport de Lomé, soit, dans le cas de la cocaïne, sur des cargos en provenance d’Amsterdam. Des Nigérians viennent en prendre livraison pour l’acheminer dans leur pays, via le Bénin. La drogue, après avoir été reconditionnée au Nigeria, repart ensuite pour les Etats-Unis (héroïne)ou l’Europe (héroïne et cocaïne). Elle voyage, soit sur des passeurs qui empruntent les lignes aériennes après avoir avalé des boulettes, soit, en quantité beaucoup plus importante, dans des containers embarqués sur des cargos. Les agents des douanes du port de Lomé, lorsqu’ils repèrent ces envois, les laissent continuer leur route après avoir perçu, comme dans le cas de toutes les autres marchandises, une taxe en accord avec la valeur du produit. Une autre technique utilisée par les trafiquants consiste à transférer la drogue de pirogues ou de bateaux de pêche sur des cargos qui attendent au large.

L’entrée en service d’Ethiopian Air Lines en 1989 a marqué l’arrivée en force de l’héroïne au Togo sous forme de brown sugar en provenance du Pakistan et de l’Inde. Près de 90 kilos ont été saisis sur des passagers de cette compagnie depuis l989. Lorsque la drogue est accompagnée par des convoyeurs, des invitations, émises par des entreprises européennes ou nord-américaines, complices ou de bonne foi, sont utilisées et permettent aux mules d’obtenir des visas des ambassades concernées. Il existe également un trafic de l’héroïne par voie terrestre dans le nord du pays. Des saisies d’héroïne en provenance du Ghana et de cocaïne du Nigeria, via le Bénin, ont été opérées sur les routes du nord du pays. Les statistiques fournies par la gendarmerie sur ses propres saisies sont les suivantes en ce qui concerne l’héroïne : 53,475 kg en 1989, 10,262 kg en 1990, 11,96 kg en 1992. Un informateur de l’OGD, appartenant à une ambassade occidentale et qui a une connaissance approfondie des problèmes posés par le trafic des stupéfiants, estime que les quantités d’héroïne et de cocaïne qui transitent dans le pays pourraient s’élever annuellement à 4 ou 5 tonnes.

Mots-clés

drogue, héroïne, trafic de drogue, circuit de distribution, moyen de transport, corruption, organisation criminelle


, Togo, Bénin

Notes

Les sources d’information de cette fiche sont confidentielles et non communicables.

Source

Enquête

OGD=OBSERVATOIRE GEOPOLITIQUE DES DROGUES

OGD (Observatoire Géopolitique des Drogues) - France

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