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La situation des drogues au Burkina Faso

11 / 1996

Le problème des drogues commence à revêtir une certaine acuité, en particulier du fait de la situation d’enclavement de ce pays, au coeur de l’Afrique de l’Ouest, et de ses frontières communes avec six États, dont plusieurs sont des plaques tournantes du trafic : le Niger à l’est et au nord-est ; le Mali au nord et au nord-ouest ; la Côte d’Ivoire au sud-ouest ; le Ghana, le Togo et le Bénin au sud.

Le cannabis, appelé localement Yamba, est cultivé dans pratiquement toutes les régions du pays, en vue de la consommation locale. Mais dans certaines régions, comme celle du Centre-Ouest -le long des rivières Sissili et Nahouris- située au nord de la frontière ghanéenne, existent des cultures plus importantes sous le contrôle de ressortissants du pays voisin. Des champs ont été détruits par exemple à Tiebele, Leo et Boromo et la police locale a saisi 105 kilos de marihuana dans cette région au premier trimestre l993. Une partie importante de cette production est vraisemblablement destinée à être exportée. Les saisies ne sont pas significatives des quantités produites, dans la mesure où le pays est également utilisé comme voie de transit, en particulier par les Ghanéens qui exportent au Mali et, de là, jusqu’en Afrique du Nord.

Le Burkina est aussi le lieu d’un intense trafic de psychotropes, principalement en provenance du Nigeria, mais aussi du Ghana et du Togo, destiné à la consommation locale ou au transit en direction de la Côte d’Ivoire, du Mali et du Niger. Les saisies les plus importantes ont été faites, soit aux frontières, soit à l’aéroport sur des passagers en provenance de Bombay ayant emprunté Ethiopian Air Lines. L’héroïne et la cocaïne, jusqu’ici en quantités relativement modestes, empruntent les mêmes voies.

Les colles, solvants, psychotropes et marijuana, sont consommés par les enfants de la rue, les chômeurs et les travailleurs du secteur informel. Mais la toxicomanie n’épargne pas les zones rurales : dans tous les villages on trouve des colporteurs qui vendent des amphétamines présentées comme des médicaments universels et surtout qui donnent de la force. Les paysans en consomment des quantités importantes au moment des travaux agricoles à la saison des pluies, de mai à novembre. Il faut noter que de nombreux paysans ne disposent pas d’animaux de trait. L’effet stimulant des amphétamines diminuant progressivement, les paysans en prennent des quantités de plus en plus importantes, jusqu’au moment où ils sont victimes de troubles graves. Ces derniers ne sont pas nécessairement attribués à la consommation de ces produits. Lors de certaines fêtes, comme les baptêmes et les mariages, les femmes en écrasent pour les mélanger aux boissons et au thé. On a pu observer que c’est dans les régions fortement islamisées comme Bobo Dioulasso que l’on consomme le plus d’amphétamines. Dans les régions où l’on boit du dolo (bière de sorgho), elles sont au contraire quasiment inconnues.

Les orpailleurs de l’est du pays, à la frontière du Mali, sont également de grands consommateurs de ces substances, d’autant qu’ils touchent un forfait très bas et travaillent essentiellement au pourcentage. Parfois les propriétaires des concessions écrasent, à leur insu, des amphétamines dans leur nourriture afin de faire augmenter leurs performances.

Mots-clés

agriculture illicite, cannabis, trafic de drogue, drogue, jeune, chômage, paysan, toxicomanie, production de drogue, consommation de drogue


, Burkina Faso

Notes

Les sources d’information de cette fiche sont confidentielles et non communicables.

Source

Enquête

OGD=OBSERVATOIRE GEOPOLITIQUE DES DROGUES

OGD (Observatoire Géopolitique des Drogues) - France

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