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Guerre civile et production de cannabis au Tchad

12 / 1994

La principale cause de l’extension des cultures de cannabis réside dans la situation de guerre civile qui règne au Tchad depuis l965 et à laquelle la Conférence nationale, qui s’est tenue du 15 janvier au 6 avril l993, si elle a permis d’ouvrir la voie à une démocratisation de la vie politique, n’a pas complètement mis fin. On estime que, dans le pays, il y a encore quelque 50 000 personnes armées appartenant à une dizaine de clans dont cinq sont militairement actifs. Dans le Logone oriental, à la frontière centrafricaine, à l’extrême sud du pays, opère le Comité de sursaut national pour la paix et la démocratie (CSNPD). L’intervention contre ce groupe de la Garde républicaine, à Goré, a fait 500 morts parmi la population civile au début de l’année 1993. Au nord-est, dans la région du Ouaddai limitrophe du Darfour soudanais, 82 civils ont de même trouvé la mort et 500 autres ont été blessés par des bandes puissamment armées qui ont franchi la frontière. Les agresseurs pourraient appartenir au Front national du Tchad, mécontent d’avoir été écarté de la table des négociations.

Le cannabis, est produit dans au moins quatre régions : à l’ouest le long des rives du lac Tchad ; au sud-ouest dans le Mayo Kebbi et le Tandjilé ; dans l’extrême sud aux frontières du Cameroun et de la Centrafrique ; enfin à l’est, à la frontière du Soudan. Il semble que, comme au Niger, on soit en train de passer de cultures sur de petits lopins, qui génèrent un revenu d’appoint pour les paysans, à des superficies plus importantes, en particulier dans la région de l’est. En effet si cette dernière est trop éloignée pour ravitailler en marihuana N’Djamena, elle bénéficie d’un marché important de l’autre côté de la frontière, au Soudan, où l’usage de l’herbe est généralisé. Cette extension des cultures s’explique également par la situation d’insécurité que nous avons mentionnée plus haut, dans laquelle vit la paysannerie. C’est précisément le cas de deux des trois régions de production de cannabis.

Dans la région du Ouaddai, les activités agro-pastorales sont perturbées par les menaces de razzias après l’hivernage. Dans le Logone oriental, les violences politiques ont provoqué l’exode de 50 000 personnes en République centrafricaine. Ceux qui n’ont pas fui se sont cachés pour ne pas être massacrés. La tranquillité étant rétablie, des milliers de réfugiés sont rentrés pour les récoltes de septembre 1993. Dans ces deux régions, il est tentant pour les paysans de semer du cannabis qui demande peu de soins et dont la vente permet d’acheter les vivres qui n’ont pu être produits. Dans l’est en particulier, on note que certains paysans ont commencé à cultiver du cannabis sur des parcelles qui étaient d’habitude réservées au mil. Un sac de 100 kilos de mil se vend 6 000 francs CFA (avant la dévaluation)et 100 kilos de chanvre indien 250 000 francs CFA.

Les saisies opérées par la police ne reflètent que très imparfaitement cette situation : 512 kg en 1989, 725 kg en 1990, 1 131 kg en 1991, 1 800 kg en l992.

Mots-clés

agriculture illicite, conflit régional, production de drogue, cannabis, drogue


, Tchad

Notes

Les sources d’information de cette fiche sont confidentielles et non communicables.

Source

Enquête

OGD=OBSERVATOIREGEOPOLITIQUE DES DROGUES

OGD (Observatoire Géopolitique des Drogues) - France

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