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La Russie et la sécurité européenne, 1991-1994

08 / 1994

Malgré les difficultés économiques et sociales auxquelles elle fait face, la Russie entend jouer un rôle important dans la sécurité européenne.

Lorsque, le 24 décembre 1991, la Russie succède à l’U.R.S.S comme membre permanent du Conseil de Sécurité, elle souhaite renforcer la coopération sur la sécurité en Europe et établir des relations de partenariat avec l’O.T.A.N. Un organe de discussion entre l’Alliance Atlantique et l’ex-Pacte de Varsovie est institué : le Conseil de Coopération Nord-Atlantique (COCONA). La Russie, qui est membre de ce Conseil et de la CSCE, aimerait que ces deux institutions se renforcent et remplacent à terme l’O.T.A.N, afin de permettre son intégration à l’Europe. Ces espoirs s’effacent au fur et à mesure que l’O.T.A.N se maintient, sans possibilité pour la Russie d’en faire partie.

B.Eltsine s’engage à poursuivre les négociations sur le désarmemement lancées par son prédécesseur. Le traité START II, prévoyant la destruction de 3500 ogives nucléaires dans chaque pays, est signé le 3 janvier 1993 par le Président russe et G.Bush. Mais le processus de désarmement est complexifié par l’apparition de nouveaux pays détenteurs de l’arme nucléaire. L’Ukraine, en particulier, détient une partie des ogives nucléaires de l’U.R.S.S. Elle s’engage à les restituer à la Russie, mais entend obtenir des contreparties : c’est un moyen de pression politique sur Moscou. L’Ukraine signe finalement le traité Start I en novembre 1993.

Alors qu’en 1992, la Russie semble considérer que sa sécurité ne dépend que du renforcement de ses liens avec le institutions occidentales, elle redéfinit sa politique en 1993. Elle entend préserver ses intérêts dans les pays de "l’étranger proche", c’est-à-dire dans les territoires de l’ex-U.R.S.S. La Russie refuse toute intervention de l’O.T.A.N, des Nations Unies ou des forces de la C.S.C.E dans les opérations de maintien de la paix dans les Etats de "l’étranger proche". Moscou va encore plus loin en demandant que son armée, lorsqu’elle intervient sur ces territoires, soit reconnue comme l’équivalent des casques bleus et reçoive un financement correspondant. Les Occidentaux refusent de cautionner les interventions russes, tout en étant incapables de proposer une alternative. Ils considérent légitimes les interventions destinées à préserver les frontières, mais voient d’un mauvais oeil celles qui visent à reconstituer une zone d’influence de fait.

Le durcissement de la politique de sécurité de la Russie dans les P.E.C.O se cristallise autour du conflit yougoslave (appel au renforcement des sanctions contre la Croatie et opposition à l’usage de la force contre la Serbie et les Serbes de Bosnie)et des vélléités d’élargissement de l’O.T.A.N. Sur ce point, la Russie est ferme : pas d’intégration des P.E.C.O, sans que la Russie ne le soit aussi, car son isolement serait dangereux pour tout le monde. Les responsables de l’O.T.A.N proposent alors à la Russie un partenariat por la paix. Celle-ci est d’accord, à condition que les "spécificités russes" soient reconnues.

Mots-clés

relations internationales, désarmement, armement nucléaire, OTAN, intervention militaire


, Russie

Commentaire

La nouvelle doctine militaire russe est adoptée par un décret présidentiel du 2 novambre 1993. Cette doctrine a valeur de loi : elle indique clairement que les républiques périphériques sont indispensables à la sécurité de la Russie. Ses intérêts s’étendent à tout le territoire de l’ex-U.R.S.S. La Russie a le droit d’effectuer une "première frappe" nucléaire préventive. Les Occidentaux contestent la notion d’étranger proche, mais s’en accomodent, dans la mesure où ils ne sont pas disposés à intervenir directement dans les conflits surgissant sur le territoire de l’ancienne U.R.S.S.

Le souci principal de la Russie est de ne pas être isolée sur le plan de la sécurité. Aussi, pour elle, rien ne seait plus dangereux qu’une Alliance Atlantique s’étendant jusqu’à ses frontières.

Source

Rapport

ALEXANDROVITCH, Maria, FRANCE OURAL

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