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Les risques d’accidents et de catastrophes économiques en Russie

04 / 1994

Il y a plus de 800 unités nucléaires et 1.500 points "ordinaires" présentant des risques de catstrophe élevés qui sont actuelle ment (été 93)en exploitation en Russie. Les accidents et incidents en tout genre sont devenus une plaie nationale ces dernières années et la lutte avec leurs conséquences est devenue le problème écologique numéro 1 de la Russie. Le niveau de complexité technologique et de dangerosité potentielle sont aujourd’hui inversement proportionnels au niveau de compétence nécessaire, à l’efficacité du controle et au niveau de discipline nécessaires pour asssurer la sécurité. Selon l’Académie des Sciences de Russie, 50.000 personnes meurent chaque en Russie des suites d’un accident et 250.000 personnes en subissent des dommages corporels. De plus, l’augmentation de ces chiffres est rapide : 10 à 30% par an prévus par les estimations de l’Académie. Malgré une chute de la production de 18% en 1992 par rapport à 1991, le nombre d’accidents du travail a augmenté de 17%. Dans les villes d’industries chimiques de Kemerovo, Oufa, Strelitomak, Dzerjinsk, la concentration de produits hautement toxiques atteint par endroits 1 milliard de fois la dose mortelle pour des humains. Quant aux produits potentiellement explosifs, leur concentration à l’hectare est quelquefois de 30 kilotonnes en équivalent TNT. Si par exemple à Dzerjinsk, une seule citerne de chlore perd son étanchéité, la pollution de l’air qui en résulterait toucherait plusieurs milliers de km2 et environ 280.000 personnes habitant au voisinage.

Chaque année, l’industrie chimique connait 1.500 accidents, 4 par jour : fuites, incendies, explosions. Dans l’ industrie métallurgique, le nombre d’incidents graves a été multiplié par deux en un an. Dans les industries d’extraction, ce sont les jaillissements de liquides et de gaz incontrolés qui sont les plus dangereux. En 1992, il y en a eu 9. Et pour les quatre premiers mois de 93, on en était déjà à 6. Sont pris en compte pour évaluer les dégâts, les prix des équipements endommagés et le coût des opérations de sauvetage, d’arrêt de la catastrophe et de reconstruction. Mais on omet le prix du pétrole ou du gaz perdus et pire les dégâts causés à l’environnement... Un sérieux problème est créé aussi par la façon d’éliminer le gaz d’accompagnement des gisements pétroliers (absence de gazoducs, gaz trop chargés en parafine et impuretés etc.)En 1992, 8,2 milliards de m3 de gaz ont ainsi été brulés portant un préjudice à l’écologie du globe tout entier. Malgré celà, le 7 mars 1993, le gouvernement russe a décidé de mettre en exploitation 120 puits sans gazoduc ni systèmes de récupération des gaz d’accompagnement. Du reste, le transport du pétrole est lui aussi source de gabegie colossale et de pollution considérable. Il y a 550 mille km d’oléoducs en Russie. 10% ont plus de 35 ans, alors qu’au delà de 25 ans, un pipe line est considéré comme peu sûr. En 1991il y a eu plus de 28.000 ruptures et fuites sur les lignes. Au premier trimestre 93, 34.000 tonnes de pétrole ont déjà été perdues ainsi.

Le transport en chemin de fer n’est pas vraiment épargné : le nombre d’accidents avec des chargements dangereux a augmenté de 2,5 fois dans le courant de 1992.

Toutes les régions de la Russie sont ainsi sous l’épée de Damoclés d’accidents potentiels. Si l’on accorde un coefficient multiplicateur à ces risques en raison des instabilités politiques et des conflits int er-ethniques ouverts ou possibles, l’image peut être assez effrayante. Et de plus, c’est Moscou qui est le plus grand risque : la capitale compte plus de 100 lieux d’activité représentant un risque chimique ou nucléaire élevé. De nombreuses usines chimiques et des instituts de recherche et d’essais nucléaires ainsi que des usines d’armement. Le pire danger est dû à l’usure des équipements. Dans l’industrie chimique moscovite, 75 % des équipements sont utilisés depuis plus de 20 ans. Plus de 60% des machines des complexes métallurgiques et des centrales thermiques sont totalement obsolètes. En certains endroits ce sont de véritables pièces de musée datant d’avant 1917 qui sont encore au travail.

Mots-clés

environnement, risque technologique, industrie chimique, industrie nucléaire, risque nucléaire, pollution chimique


, Russie

Commentaire

En plus des aspects économiques et techniques, cette question a un aspect législatif et politique. Il n’y a pas de lois ni vraiment de réglement imposant des limites de sécurité à l’usure d’un type de matériel ou imosant des normes pour différents essaisetc. Cette absence de lois s’explique notamment par la réticence de l’Etat à se limiter lui même du temps où il était maître de tout etpar l’arbitraire dont la Russie est coutumière depuis les Tatares et Ivan le Terrible. Cette absence de réglementation et de législation (quelquefois par abondance excessive de réglementation qui équivaut à une absence)se retrouve dans toutes les branches de l’activité. Le problème politique est que tant que les rapports de force entre l’exécutif et le législatif ne sont pas réglés, il y a peu de chances que la légismation progresse.

Notes

Enquête personnelle

Source

Texte original ; Enquête

DATSKEVITCH, Iouri, FRANCE OURAL

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