español   français   english   português

dph participe la coredem
fr.coredem.info

rechercher
...
dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

L’accident nucléaire de Tcheliabinsk en 1957

10 / 1994

En 1949, au nord de la région de Tchéliabinsk, près de la ville de Kychtym, dans l’Oural, a été fondé le premier complexe industriel en URSS de préparation de plutonium-239 et de transformation d’autres matériaux radioactifs. Plus tard, ce premier complexe industriel est devenu "l’unité de production Maïak" (le phare)ultra-secrète. Dans les conditions de la course aux armements d’alors,le but essentiel de l’activité de cette unité était la fourniture de matériaux efficaces et fiables pour la production de l’armement nucléaire soviétique. Mais en raison de lafaiblesse des technologies de l’époque, de la méconnaissance des effets des matériaux radioactifs sur l’environemment et l’absence de politique générale sur l’utilisation et le sort des déchets nucléaires, le complexe Maïak est devenu pour longtemps source de pollution radioactive d’importants territoires de la région minière et industrielle de l’Oural.

Mais de loin la plus importante de ces pollutions, que l’on peut même qualifier de première catastrophe nucléaire en temps de paix de l’histoire de l’humanité si l’on y ajoute deux autres incidents qui se sont produits la même anné e au même endroit, s’est produite le 29 septembre 1957 à 16h30 (locales). En raison de nettes insuffisances dans la conception et la construction de réservoirs pour la conservation de des déchets radioactifs liquides, il s’est produit dans l’un d’eux quicontenait des sels de nitrates et d’acétates de matériaux radioactifs une surchauffe radioactive suivie d’une explosion thermo-chimique. Résultat : rejet de substances radioactives dans l’environnement représentant au total environ 20 millions de Curies (à titre de comparaison, l’activité sommaire des substances rejetées dans l’atmosphère par la catastrophe de Tchernobyl a représenté 50 Millions de Curies environ). La plus grande parties de ces substances (environ 18 millions de Curies)sont restées aux environs immédiats de la catastrophe mais deux millions de Curies de radionucléides ont été disséminés par un fort vent soufflant vers le nord-est. C’est ce qui a créé une trace de pollution radioactive dans le nord de la région de Tcheliabinsk et le sud de la région de Sverdlovsk. Appelée VOURS (Vostochno Ouralski Radioactivny Sled), cette "trace" représente une bande large de 20 km et longue de plus de 300 km. Elle s’étend en direction du nord-est à partir de la ville de Kychtym. Elle traverse les centre urbains importants de Kamensk Ouralsk et Kamychlov et atteint la région pétrolière de Tioumène. L’étendue de territoire où la pollution nucléaire a dépassé 2 Curies au km2 (c’est la norme maximum convenue pour considérer que la population ne courtpas de danger)a dépassé 1.000 km2 et le nombre d’habitants vivant dans la zone contaminée s’élevait à 300.000.

Les gens habitant dans les trois localités rattachées au complexe Maïak ont reçu des doses de rayonnement atteignant 50 Santizivert? Cette po pulation a été évacuée dans les dix jours suivant la catastrophe. Les autres transferts de population ont eu lieu au cours des deux ans qui ont suivi. Environ 10,4 mille personnes ont été ainsi déplacées de 23 localités des régions de Tchéliabinsk et Sverdlovsk. Cette population a subi un rayonnement inférieur en moyenne à 50 santizivert. En ce qui concerne la population non évacuée mais habitant sur le territoire du VOURS, elle aura reçu en 1992 un royonnement de 2,5 à 5 Santizivert. On n’enregistre plus à l’heure actuelle de cas de maladie aigue due aux rayonnement (la maladie du rayonnement ?)mais dans les première années après la catastrophe, des sondages effectués discrétement au sein de la population ont montré des cas de maladie.

A partir de 1992, le secret a enfin été véritablement levé sur cette catastrophe et un programme gouvernemental a été lancé pour mener des études scientifiques et des travaux concrets pour déterminer les conséquences subsistantes de la catastrophe de 57, tenter de réhabiliter selon les possibilités les zones polluées et apporter de l’aide à la population touchée qui survit aujourd’hui.

En termes scientifiques mais humainement quelque peu cyniques, le Vours représente aussi aujourd’hui un terrain d’expérimentat ion et d’étude unique dans le monde sur l’influence d’une exposition prolongée à une pollution nucléaire et sur ses effets sur les bio-systèmes naturels et bien sûr sur l’Homme. Il faut souhaiter que les études faites sur les victimes d’ici permettront de mettre au point dans l’avenir des moyens de réduire les effets néfastes de la pollution nucléaire sur l’environnement et les êtres humains.

Mots-clés

déséquilibre écologique, catastrophe écologique, catastrophe nucléaire, pollution nucléaire


, Russie, Tcheliabinsk

Commentaire

Les études menées en 92 et 93 ajoutées aux résultats des études antérieures jusqu’ici restées totalement secrètes révèlent que les conséquences et l’importance de la catastrophe ont été considérablement réduites en 1957. On avait officiellement reconnu un léger incident. Les doses réelles de rayonnement reçues par la population dépassent de beaucoup ce qui avait été officiellement reconnu localement (et seulement localement). Le secret gardé pendant plus de 25 ans a provoqué de véritables tragédies qu’il est impossible de réparer aujourd’hui. Beaucoup de victimes n’ont tout simplement pas survécu aux maladies provoquées par les radiations. Et maintenant, ce sont leurs enfants et petits-enfants qui souffrent de maladies chroniques.

Notes

Enquête personnelle.

Source

Texte original ; Enquête

SKOPINOV, Serge, FRANCE OURAL

Association France Oural - 14, rue des Tapisseries, 75017 Paris, FRANCE - Tél : +33 (0)1 46 22 55 18 / +33 (0)9 51 33 55 18 - Fax : +33 (0)9 56 33 55 18 - France - www.france-oural.org - franural (@) free.fr

contact plan du site mentions légales