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La médecine de la période post-Perestroïka en Russie -2-

02 / 1994

Une seule région de Russie, le Kouzbass, dont les mineurs en grève ont fait trembler le pouvoir de la Perestroïka en leur temps, a recu l’autorisationde passer à l’expérimentation de l’institution de l’assurance maladie obligatoire et ce dès janvier 1992. Une cotisation représentant 10,7% de la masse salariale est versée par les entreprises. Plusieurs compagnies d’assurances ont dû entrer en concurrence pour recevoir une licence les autorisant à collecter ces cotisations des employeurs. A première vue, bien peu de précautions ont été prises pour garantir au niveau législatif la pérennité de ces fonds. Il faut espèrer que le nombre d’escrocs profitant de cette période de transition se révélera limité. D’autre part, un nouveau système de rémunération des médecins tenant compte du nombre de patients reçus et de la qualité des soins a été introduit. Malheureusement ces premières expériences concrètes risquent de ne pas servir. D’abord parceque le ministère de la Santé publique ne considère pas l’établissement d’une assurance maladie comme une priorité, même s’il affirme réfléchir à la question et étudier de près les systèmes allemands, canadiens et français (ce dernier essentiellement parcequ’il est en pleine évolution). D’autre part, parceque le conflit opposant l’exécutif au pouvoir législatif, qui a donné lieu à plusieurs crises successives entre Boris Eltsine et le Parlement avant même septembre93, se manifeste aussi dans ce domaine : le Comité du Soviet Suprême pour la santé publique a tenté de régenter la médecine russe. C’est lui qui a voté au début la loi sur une assurance maladie obligatoire puis décidé de la création de fonds "de santéoù doivent se collecter les sommes versées par les entreprises industrielles cotisant à hauteur de 3,6% de la masse salariale. Ainsi de toutes les villes du pays l’argent est censé venir à la banque centrale à Moscou et comme "au bon vieux temps" de Brejnev et consorts, les hôpitaux et entreprises seraient obligés d’envoyer leurs émissaires spécialisés (on appelait cela "khodoki")dans les démarches bureaucratiques pour quemander les fonds nécessaires à leur fonctionnement. A ce détail près par rapport"au bon vieux temps", cher à certains députés de la chambre dissoute par Eltsine, que les hôpitaux et cliniques ont appris à vivre par eux mêmes, sans ministères ni comité parlementaire. L’avenir dira jusqu’à quel point... En plus du ministère dela santé et du comité du Soviet suprême, il existe d’autres institutions et organismes qui jouent un rôle important dans l’organisation de la santé en Russie et le fonctionnement de ses principales unités. D’abord, le ministère de la Recherche scientifique et son département des orientations prioritaires en médecine qui financent l’académie des sciences médicales, évoquée plus haut. D’autres fonds comme celui de "la santé de la population de la Russie" et de fonds plus petits comme celui de la cardiologie ou de l’onchologie (cancers)jouent un rôle non négligeable dans la survie de certaines branches de la médecine russe. Les autres institutions, comme les compagnies d’assurance privées, qui en fait n’existent guère que dans le Kouzbass, ou les cliniques privées payantes ne peuvent jouer un rôle qu’en matière d’influence sur l’opinion publique mais non sur les évolution réelles et durables de la médecine russe d’aujourd’hui.

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