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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

La conférence des Nations Unies sur les stocks chevauchants et migratoires

Le point de vue des ONG

Pierre GILLET

05 / 1995

De nombreuses ONG ont suivi avec intérêt les négociations menant à cette conférence et ont récemment négocié une déclaration commune des Organisations non-gouvernementales sur la pêche.

Une gamme diverse d’organisations du Sud et du Nord, y compris des organisations représentant les travailleurs et les communautés de pêcheurs, des organismes de développement et d’environnement, des associations pour la pêche commerciale et la pêche de loisir, des organisations de femmes, des Instituts de droit et d’économie politique, ainsi que diverses organisations consacrées aux questions de l’alimentation et de la faim ont ratifié ce document.

Les ONG conseillent vivement aux gouvernements de reconnaître la crise grandissante de la pêche mondiale. Cette crise a des implications importantes pour la vie des travailleurs de la pêche et ceux qui en dépendent, pour la santé de l’environnement marin et la sécurité alimentaire globale.

La FAO a classifié pratiquement tous les stocks commercialement pêchés comme: soit épuisés, soit complètement exploités, soit sur-exploités. Elle signale qu’en termes globaux, les captures de poissons marins sont en diminution et que la surcapitalisation et les subventions massives des gouvernements aux grands secteurs (principalement), sont monnaie courante.

Les moyens d’existence des travailleurs de la pêche du monde entier sont menacés et promis à un avenir de plus en plus incertain. Dans les pays du Nord, beaucoup se retrouvent en chômage, en conséquence de l’épuisement des stocks et de la ferméture des pêcheries. dans les pays du Sud, ils sont menacés par l’agrandissement et par la migration des flottes en provenance des eaux épuisées.

Ils sont tous menacés par la dégradation de l’environnement marin. Les pêcheurs artisans et les communautés côtières sont particulièrement vulnérables.

Le déboisement, les pratiques d’agriculture et d’aquaculture écologiquement destructrices et socialement inéquitables, l’introduction des espèces étrangères, la désertification, la pollution industrielle et en général, le développement côtier destructeur - tout ceci pose des risques sérieux aux peuples dépendant de la pêche dans les eaux côtières.

Les programmes du développement de la pêche sont en général, basés sur des considérations à court terme, et par conséquent, dommageables à long terme aux travailleurs de la pêche et à leurs communautés, à l’écologie marine et à la société dans son ensemble.

Reconnaissant tout ce qui vient d’être dit, la déclaration des ONG souligne ce qui suit:

* la conservation de la ressource;

* la protection écologique; et,

* le respect et la reconnaissance des droits des travailleurs de la pêche traditionnelle, indigène et à petite echelle.

La déclaration demande une "approche de précaution" envers le développement et la gestion des pêches; elle demande aussi des pratiques de pêche écologiquement viables.

A l’égard du problème d’équité, le droit d’accès aux ressources halieutiques doit reconnaitre les besoins et les droits des communautés de pêcheurs et doivent être fondés non seulement sur le pouvoir politique et la disponibilité de la technologie et du capital, mais aussi, sur les principes justes tout en respectant l’environnement.

Les travailleurs de la pêche côtière sont souvent exclusivement dépendants de la pêche pour leur alimentation et les moyens d’existence; donc, tout accord international de pêche doit respecter leur droit essentiel à survivre.

La gestion et le développement de la pêche ne peuvent réussir à long terme, sans une participation significative des travailleurs de la pêche, des groupes écologiques et d’autres sections de la société concernées.

Les politiques de pêche associées avec les lois nationales et internationales, les politiques d’investissement, de développement, et d’assistance doivent être transparentes et faire l’objet de débats publics.

Pour les stocks transzones et stocks migratoires, la déclaration des ONG pense qu’un régime de gestion consistante doit être apliqué sur toute la gamme des stocks. Les problèmes trans-frontaliers nécessitent des solutions trans-frontalières pour tous les pays intéressés.

A long terme, l’intérêt national sera atteint finalement à travers la ccopération effective dans la conservation et la gestion des ressources.

Les mécanismes institutionnels efficaces dont un certain nombre ont été discutés dans cette déclaration, doivent être établis en vue d’assurer la conservation globale de la pêche.

La question d’un fonds pour la conservation globale des stocks est un mécanisme qui n’a pas été discuté lors des négociations précédentes. Nous encourageons vivement cette proposition des ONG.

Finalement les ONG ont demandé que des solutions rapides soient trouvées pour conclure la "loi de la mer" de façon à ce que la convention soit ratifiée par tous.

Les ONG ont constaté que la Conférence offre aux pays du monde entier une chance exceptionnelle de résoudre le problème de la pêche mondiale.

Pour que ce soit fait avec efficacité, les réformes fondamentales telles que celles proposées dans la déclaration sont nécessaires. Parallèlement aux réformes substentielles, il est essentiel que les gouvernements s’engagent à un niveau global à respecter les normes et les mécanismes qui les lient légalement.

Si le poisson doit rester pour l’humanité, une source importante d’alimentation et de moyens d’existence, alors la pêche doit être régulée, les océans et les zones côtières doivent être protégées et doivent rester en bon état et, la production et la consommation de poisson doivent être basées sur des termes socialement équitables.

Mots-clés

ONG, écologie, environnement, législation, souveraineté alimentaire, pêche, épuisement des ressources halieutiques, dégradation de l’environnement, écologie marine, ressources halieutiques, pêche artisanale, zone de pêche


, Etats-Unis, New York

Notes

Déclaration à la Conférence des Nations Unies sur les stocks chevauchants et migrateurs, le 12/7/1993 à New York.

M. GIANI travaille pour Greenpeace International et S. MATHEW pour ICSF.

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

GIANI, Mathew, MATHIEW, Sébastien

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