
à contributions
Dossiers en cours
2007 / 2008
Gouvernance de l’eau : l’urgence de changer de regard et de pratiques
Atteindre la durabilité par les filières : de la production à la consommation
L’intolérance est peut-être le trait le plus marquant de la culture colombienne. Ses origines remontent au triomphe de la "Régénération" (1886), modèle idéologique et culturel de la société. Il s’agissait, en effet, d’un modèle théocratique d’organisation sociale et politique qui a conféré à l’Eglise un énorme pouvoir dans la réglementation de la vie sociale et le maintien de l’ordre. L’Eglise colombienne s’est caractérisée par une attitude condamnatoire à l’égard de nombreuses valeurs de la modernisation: le libéralisme, la liberté de conscience, la séparation de l’Eglise et de l’Etat, etc. Cette attitude s’est exprimée sur un ton de condamnation morale (par exemple dans les textes d’Histoire et d’Humanités)envers des valeurs, des institutions ou des personnages qui représentaient -du point de vue de l’Eglise- des forces obscures engagées dans un complot contre elle et contre les valeurs éternelles de la religion catholique. Ce modèle, peu enclin à la reconnaissance du conflit en tant que partie des relations politiques et sociales, homogénéisant et peu ouvert à l’acceptation des différences culturelles, ethniques, religieuses et idéologiques, a été reproduit par le "Front National". En effet, l’accord bipartiste entre libéraux et conservateurs (1958)qui a institutionnalisé le système politique colombien au milieu de ce siècle est resté marqué par les linéaments politico-culturels imposés par ce modèle malgré les changements socio-culturels qui se produisaient dans la société, conséquences des processus de modernisation, d’industrialisation, d’urbanisation et d’éducation qui ont changé de manière rapide et conflictuelle la société colombienne.
L’importance de l’analyse est de rendre compte du processus complexe de "représentation" de la société sur la base d’un modèle théocratique d’organisation sociale et politique qui a été, jusqu’à des dates récentes, la "pierre angulaire" du comportement normatif de la population colombienne. L’intolérance et le rejet à l’égard de valeurs propres à la "modernité" de la part de l’Eglise et, dans une bonne mesure, des élites politiques, se sont reflétés sur des institutions peu aptes à reconnaitre les différences et limitées pour représenter les demandes sociales issues des transformations de la société. L’apparition de nouveaux acteurs qui ne répondent pas à ce modèle d’organisation politico-sociale et l’absence de nouveaux mécanismes de cohésion sociale, de nouvelles références collectives qui -dans cette ambiance d’intolérance- n’ont pas été créées par les institutions sociales de base telles que l’école, la famille et l’Eglise elle-même, seraient à l’origine des conflits actuels.
Littérature grise
LOPEZ DE LA ROCHE, Fabio, CINEP
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