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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Les ateliers d’écriture du Mouvement des réseaux d’échanges réciproques de savoirs

Claire HEBER SUFFRIN

06 / 1993

Ecrire les réseaux d’échanges de savoirs, écrire dans les réseaux...

Françoise et Jacqueline, enseignantes de français, utilisaient dans leurs classes la démarche du Mouvement des réseaux d’échanges réciproques de savoirs (MRERS)et elles me parlaient très souvent, très passionnées, des ateliers d’écriture qu’elles utilisaient également avec leurs élèves. Elles me parlaient de ce qu’ils étaient, de ce qu’ils produisaient, elles me lisaient des écrits des enfants et des jeunes, cela me touchait.

Cela a rencontré l’une de mes questions : Comment garder mémoire des récits des membres des réseaux d’échanges de savoirs ? Comment faire circuler ces récits ? Comment faire pour que chacun se découvre capable d’écrire, capable de devenir capable, découvre le plaisir d’écrire, le plaisir d’écrire ses propres expériences ? Comment faire pour que ceux-là, capables d’échanger leurs savoirs, ne soient plus ceux "sur qui" on écrit, mais les écrivains de leurs propres histoires ?

Françoise et Jacqueline ont formé un petit groupe de douze personnes, dont je suis, et nous avons commencé à animer des ateliers, à Evry, dans des stages de formation, dans les réseaux. L’objectif était de développer cette démarche pour, peut-être, produire un écrit collectif.

Qu’est-ce qu’un atelier d’écriture ?

Il se déroule en quatre étapes.

Une première étape d’échauffement : l’animateur propose des "jeux", des essais de textes individuels ou collectifs pour dédramatiser l’écriture, pour que naisse le plaisir d’écriture, pour que disparaisse la peur de lire son écrit, pour que se crée la confiance en soi, la confiance dans les autres. Il y a dans ces échauffements une progression, du collectif vers le plus individuel, du plus superficiel au plus impliquant, du spontané au plus élaboré.

Dans une deuxième étape, l’animateur lance une motivation d’écriture, c’est-à-dire qu’il propose d’écrire sur tel thème, tel récit possible, telle expérience vécue, en parlant autour de sa proposition, en mettant à disposition des participants une multitude de fils d’entrée dans la motivation. Il a toujours lui-même essayé la motivation avant et, le jour de l’atelier, il n’écrit pas, pour rester disponible à ceux qui souhaiteraient un accompagnement, pour rester disponible ensuite aux textes lus par les membres. Il pourra éventuellement prêter la main, prêter les mots à celui qui n’écrirait pas. Il ne laissera jamais seul quelqu’un qui n’écrit pas, mais n’imposera jamais l’écriture.

La troisième étape est le temps de la lecture et de l’écoute des textes écrits. Tout texte écrit doit être lu -il est un trésor à ne pas perdre- mais pas nécessairement au groupe, ni à tout le groupe, il pourra être lu à une personne du groupe, à une personne extérieure au groupe. Le texte est un objet en soi, donc différent de soi, les autres n’ont pas les clés pour entrer dans le texte qu’on a écrit, le respect mutuel est donc une exigence. Il est toujours possible au lecteur de censurer sa lecture, c’est-à-dire de ne pas tout lire, et l’animateur écoute tous les textes avec une stratégie de tendresse, en même temps qu’il a pour rôle de maîtriser les émotions...

Il va donc s’agir de faire des retours sur ces textes. Pour cela, l’animateur note beaucoup. Ces retours concerneront toujours la forme, jamais le fond, seront des réactions annoncées comme subjectives (j’ai aimé, j’ai moins aimé...)et ne seront toujours que des propositions : je te propose de remplacer... de poursuivre ainsi... L’auteur reste maître de son texte. Après tous ces retours, chacun pourra, dans un premier temps, retravailler son texte dans une dynamique d’échanges de savoirs, s’il le souhaite.

Mots-clés

formation, réseau d’échange de savoirs, méthodologie, éducation populaire, pédagogie


, France

Commentaire

Plus ces ateliers se développent et plus je retrouve cette émotion que j’adore éprouver devant la vérité de l’autre, l’authenticité qui s’exprime, son propre étonnement devant ce qu’il a produit, ce qu’il ne croyait pas pouvoir faire et cet étonnement, cette surprise qui me font aimer la pégagogie. "Tu as pu faire cela et je t’en savais capable, tu as réussi..."

Notes

Fiche rédigée au cours d’un atelier de sensibilisation à DPH au Mouvement des réseaux d’échanges réciproques de savoirs (MRERS).

Source

Articles et dossiers

COMUNICANDO, 1994/05, N°25

MRERS (Mouvement des Réseaux d’Echanges Réciproques de Savoirs) - B.P. 56. 91002 Evry Cedex, FRANCE - Tel 01 60 79 10 11 - France - www.mirers.org - mrers (@) wanadoo.fr

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