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La santé mentale après le génocide au Rwanda

La politique nationale de santé mentale

Florence DA SILVA

02 / 1996

La population générale rwandaise a vécu des atrocités pendant le génocide de 1994. Le risque d’éclosion de troubles psycho-pat hologiques directement reliés à cette période est grand. C’est pourquoi une politique nationale de santé mentale devait être rapidement élaborée. Elle repose sur un potentiel gouvernemental (ministères, Centre National du Traumatisme)et non gouvernemental (ONG, communauté civile). Son objectif principal est de promouvoir les soins de santé mentale dans le cadre des soins de santé primaires. Ce qui signifie que les services de santé mentale doivent être décentralisés et intégrés dans toutes les structures du système de santé national, du niveau central (ministère, 2 hôpitaux)jusqu’au niveau opérationnel (34 hôpitaux de district, 284 centres de santé et dispensaires)en passant par le niveau intermédiaire (10 régions sanitaires).

L’équipe de soins primaires en santé mentale, qui doit être multidisciplinaire, peut donc être constituée des responsables du centre de santé, des tradi-praticiens reconnus par la communauté locale, des animateurs de santé, des responsables communautaires (responsables administratifs et religieux, forces de l’ordre, enseignants, leaders d opinion, les patients et leur famille...). Le document de politique nationale en santé mentale précise les tâches de chacun de ces acteurs.

Les programmes prioritaires retenus sont sept. Le premier est l’information, éducation, communication (IEC)et son objectif est de démytifier la maladie mentale en sensibilisant toutes les couches de la population. Les médias sont là un outil privilégié. Le second programme est la formation à tous les niveaux en particulier d’une formation multidisciplinaire à base communautaire. Ce programme vise la formation du personnel existant, le renforcement des programmes liés à la santé mentale dans les universités et la promotion de la spécialisation en psychologie et en psychiatrie. En troisième point vient l’amélioration des soins de santé mentale, ce qui passe par une action sur les infrastructures et un effort pour l’intégration des malades dans la communauté.

Bien entendu, la prise en charge des conséquences post-traumatiques de la guerre est aussi un programme prioritaire. L’accent est mis sur le soutien psychosocial aux groupes vulnérables (orphelins, enfants non-accompagnés, veufs et veuves, handicapés)et le respect des spécificités culturelles. Le programme de recherche et développement en santé mentale basée sur la culture rwandaise lui aussi insiste sur la recherche participative intégrant les tradi-praticiens et veillant au respect de la culture rwandaise. Suivent ensuite les programmes de médicaments essentiels en santé mentale, de lutte contre l’abus des drogues.

La politique de santé mentale au Rwanda intègre donc désormais un volet important qui concerne les traumatismes psychologiques liés à la guerre. Elle se veut une approche concertée et multidisciplinaire qui s’appuierait sur la collaboration des différents départements ministériels, des agences onusiennes, des ONG, de la communauté. Elle essaie d’élaborer des stratégies cohérentes par rapport à l’importance du problème. La décentralisation et la recherche sont des points clés de cette politique nationale.

Mots-clés

conflit ethnique, traumatisme psychique, enfant, santé mentale, politique de santé, reconstruction nationale, formation, programme de formation


, Rwanda

Notes

Contact personnel Florence DA SILVA : 89-91 rue Pelleport 75020 Paris, France.

Ce texte a été rédigé à partir du document " Politique nationale de santé mentale ", Ministère de la santé, élaboré en collaboration avec l’Organisation Mondiale de la santé et des ONG oeuvrant au Rwanda. Décembre 1995. Ce document fait suite au séminaire sur la santé mentale qui s’est tenu à Kigali en juin 1995.

Source

Rapport

Ministère de la Santé rwandais; OMS, Politique nationale de santé mentale, 1995/12

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