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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Chiffons et balais, une démarche d’insertion sociale et professionnelle collective (Ville Nouvelle de l’Isle d’Abeau Isère)

Christine AULAGNER

02 / 1995

Quinze à vingt femmes sont présentes ce matin. Elles préparent un colloque d’échanges d’expériences pour la fin mars 1995 à Vaulx-en-Velin. Mais on parle aussi de la participation aux assemblées générales d’associations implantées à l’Isle-d’Abeau et d’heures de ménages à faire...

A L’ORIGINE, DES RELATIONS DE VOISINAGE

Ces femmes sont arrivées au groupe par leurs relations de voisinage la plupart du temps alors qu’elles cherchaient du travail. "Chiffons et balais" est en effet un groupe de recherche collective de travail et de formation par échanges de savoir-faire aux emplois de femmes de ménage. Un groupe parmi les trois qui constituent l’association "Femmes solidaires" avec "Sucre et Poivre" qui prépare de la cuisine traditionnelle sur commande et le "groupe insertion". Né il y a huit ans environ du "groupe insertion" qui se réunissait à la Maison pour Tous, tous les mardis après-midi, où plusieurs femmes avaient évoqué l’envie de travailler. Chacune avait cherché de son côté, individuellement mais rien n’avait abouti. Il a fallu environ un an pour se regrouper vraiment, s’organiser collectivement pour rechercher du travail, se faire connaître, faire de la publicité sur Villefontaine. Toutes se sont investies pour poser des tracts dans les boîtes aux lettres, adapter les connaissances, les savoir-faire aux demandes des employeurs...

UN RESEAU S’ORGANISE ET SE DONNE DES REGLES

C’est ainsi, que les femmes du groupe Chiffons et Balais ont mis en place deux demi-journées de rencontres par semaine pour la répartition des emplois, dont une demi-journée de formation sur des techniques de repassage, de ménage... pour être plus compétentes dans le travail proposé.

Le groupe s’est donné des règles internes. Chaque nouvelle venue, doit donc participer régulièrement à ces rencontres pendant trois mois, avant de pouvoir accéder à un emploi. L’idée est que ce temps permet à chacune de s’investir dans le groupe, d’en comprendre le fonctionnement, de se former. C’est aussi éviter que chacune ne vienne qu’en consommatrice d’un service...

A chaque rencontre, le mardi et le jeudi matin, on fait le tour des offres d’heures de travail. Chaque offre est lue, proposée, discutée et mise au vote collectif : "on connaît nos compétences, ce qu’on sait bien faire, ce qu’on sait moins faire, alors si une annonce demande un travail de repassage parfait et qu’on sait pas bien faire on ne le demande pas..."

En plus du travail lui-même, Chiffons et balais permet aussi de "se libérer de chez soi, de sortir, d’être plus indépendante, d’avoir des responsabilités, ça change, c’est ça, ça donne de la force, de la personnalité, ça devient un engagement ; ça change par rapport au mari et aux enfants..."" C’est donc un lieu d’apprentissage d’une indépendance et d’un autre positionnement dans la vie familiale, cela ouvre des perspectives de vie associative, d’engagement par rapport aux autres...

Mots-clés

femme, insertion sociale, insertion professionnelle, vie associative


, France, Isle-d’Abeau

dossier

Quand les femmes se mobilisent pour la paix, la citoyenneté, l’égalité des droits

Commentaire

OUVERTURE SUR LA VILLE...

Le groupe est connu et reconnu sur la ville par son implication dans des activités telles que l’organisation depuis quatre ans de la fête de la pâtisserie qui amène jusqu’à 2500 personnes, ou depuis deux ans une fête avec les adolescents...

Malgré cette dynamique, des problèmes de renouvellement des personnes au sein de l’association se posent, les investissements personnels étant fluctuants. "Il y a un problème de renouvellement de bureau. Tout le monde s’est habitué à ce que ce soit les mêmes Présidente, trésorière... Nous on a décidé de quitter, non pas l’association, mais les responsabilités. Mais il y a la peur des femmes de prendre des initiatives. Pourtant, quand j’ai pris, il y a deux ans, j’avais aussi peur de prendre la parole parce que je ne parle pas bien le français, je commence par vous et je finis par tu... mais si je réfléchis en arabe j’ai des choses à dire ; il faut qu’on sorte du bureau pour faire entrer les autres, laisser la place, parce qu’elles ne feront pas plus tant qu’on sera encore là."

M. et Z., qui connaissent bien l’association, souhaitent que les femmes s’investissent plus dans celle-ci et ne viennent pas seulement à la recherche d’un emploi mais qu’elles réalisent la nécessité d’un engagement minimum, du temps et de la solidarité entre elles toutes pour les trouver... Elles insistent sur le fait d’oser se lancer dans les responsabilités de l’association pour représenter le groupe, moyen d’apprendre beaucoup et de prendre confiance en soi, de devenir réellement actrices de leur propre développement.

Oser prendre la parole, dépasser ses peurs pour changer les rapports connus et en découvrir de nouveaux, proposer des rencontres sur la ville à partir d’un problème "insoluble" individuellement, premiers pas vers le développement personnel et collectif... N’est-ce pas devenir acteur de développement ?

Notes

On peut contacter J. CORDIER ou Z. JEMLI à Femmes solidaires, Maison Pour Tous Des Roches, 38090 VILLEFONTAINE - tel 74 95 55 22

Entretien avec CORDIER, J.; JEMLI, Z.

Source

Entretien

CR-DSU=CENTRE DE RESSOURCES SUR LE DEVELOPPEMENT SOCIAL URBAIN

CR DSU (Centre de Ressources sur le Développement Social Urbain) - 4 rue de Narvik, BP 8054, 69351 Lyon cedex 08, FRANCE. Tél. 33 (0)4 78 77 01 43 - Fax 33 (0)4 78 77 51 79 - France - www.crdsu.org - crdsu (@) free.fr

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