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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Habitants relais de Mermoz, Lyon 8ème, Rhône

Christine AULAGNER

02 / 1995

En 1989, des personnes déjà actives dans le quartier et dans le centre social se sont inquiétées des problèmes de toxicomanie. Habitants et professionnels se sont organisés pour avoir de l’information, puis recevoir une formation sur les questions de toxicomanies en s’adressant à des organismes spécialisés comme le C.N.D.T., Centre National Documentation des Toxicomanies, ou 3 A, Association d’Aide aux Adolescents.

Inévitablement d’autres besoins sont apparus : la nécessité de connaître mieux l’environnement et le quartier (avec l’aide de l’Association Lyonnaise Pour l’Insertion par le Logement, du Centre social...)et enfin un questionnement sur les différences culturelles, et leur prise en compte (rencontres du Groupe de femmes de Caluire, des femmes maghrébines...).

La formation aidant, le groupe d’habitants s’est autonomisé par rapport au centre social et a créé en 1990 l’association Des Habitants Relais Vivre Ensemble :

Vivre Ensemble en référence au quartier et Habitants Relais en référence à une fonction particulière.

UN ROLE D’INTERFACE INDIVIDUEL ET COLLECTIF

En effet, leur souhait était de jouer un rôle d’interface entre les habitants et les institutions, les habitants et les travailleurs sociaux et entre les habitants eux-mêmes... Marqués par un témoignage d’action de "volontaires de santé" présents pour les problèmes de drogue de leur quartier, à Bagneux, ils ont voulu reprendre la philosophie de la prévention en santé. Le terme d’habitant-relais leur semblait correspondre le mieux à la fonction telle qu’ils la comprenaient : se situer comme habitant et prendre en compte à la fois leur capacité à utiliser l’environnement institutionnel et celle des gens du quartier à agir et à se prendre en charge.

Ils conduisent un travail d’écoute et d’accompagnement individuel des familles de toxicomanes : déculpabiliser, écouter et accueillir. Tout en poursuivant, en collaboration avec le centre social et la MJC, le travail de mise en parole collective pour éviter la mise à l’écart des familles et l’information

prévention auprès des jeunes 12/15 ans...

UN FOISONNEMENT D’ACTIVITES

En parallèle, des actions liées à des besoins plus ou moins exprimés sur le quartier ont vu le jour. Depuis trois ans, des rencontres trimestrielles avec une gynécologue parlant arabe permettent l’expression des femmes sur la maternité, la féminité... sans barrage linguistique ni culturel : une quinzaine de femmes y participe régulièrement.

Depuis un an, tous les deux mois, les femmes organisent des repas au centre social... moment d’échanges à partir de spécialités culinaires et de savoir-faire, ils ont pour objectif une connaissance mutuelle. D’une vingtaine de femmes au début toutes d’origine maghrébine, elles sont maintenant une cinquantaine, rejointes dernièrement par un groupe de femmes turques.

Récemment, ont débuté des demi-journées de conte au local pour mettre en valeur la parole orale, mettre en confiance, faire revenir à la mémoire des histoires connues des personnes...

Une action sur la propreté du quartier (éradication des décharges sauvages)est menée en continu avec une autre association "Clarté", l’Office HLM... Toutes ces actions les amènent à connaître de nombreuses personnes par un effet boule de neige, et à faire jouer les réseaux de voisinage et de confiance de chacun plutôt que des modes de sensibilisation plus classiques.

Mots-clés

milieu urbain, interdépendance culturelle, toxicomanie, drogue, médiation, mobilisation des habitants


, France, Lyon

Commentaire

DE LA PROBATION à LA RECONNAISSANCE

Si l’on reprend chronologiquement leur implantation sur le quartier, ces habitants rappellent qu’il leur a d’abord fallu faire "leurs preuves" auprès des professionnels. Mais aujourd’hui, la reconnaissance de leur rôle de médiateur est telle qu’ils ont affaire à un "surcroît de demande" de leur part. Leur disponibilité, la proximité, la qualité du contact et le climat de confiance instaurés leur confèrent ainsi une place originale.

Il est intéressant de repérer un processus de reconnaissance d’un groupe sur un quartier. Des personnes, ayant une expérience de militantisme, se sont formées sur un problème particulier avec l’appui de l’environnement institutionnel et professionnel. Elles ont d’abord délimité leur rôle dans une notion de prévention élargie à l’environnement familial et social des toxicomanes. En plus d’un travail de mise en valeur du quartier, leurs rencontres les amènent à orienter de plus en plus leurs actions sur les besoins exprimés ou ressentis par les femmes. Les échanges avec d’autres groupes de femmes de la région orientent le développement sur la valorisation des identités culturelles, comme axe fort permettant à travers une affirmation de soi, un repositionnement dans des lieux tels que l’école.

Restent pour le groupe, des interrogations sur le fait qu’une population semble en chasser une autre (majorité maghrébine et féminine)et sur ses perspectives d’avenir. Certaines d’entre elles sont parties en formation mais il n’y a pas eu de renouvellement. "Les habitants du quartier, pris par leurs problèmes quotidiens, ne sont pas disponibles pour s’investir dans l’association. Ils sont prêts, par contre, à donner des coups de mains, à la demande."

Notes

Contact : Association Habitants Relais Vivre Ensemble, 115 avenue Jean Mermoz, 69008 LYON. Tel 78 74 61 86

Source

Entretien

CR-DSU=CENTREDE RESSOURCES SUR LE DEVELOPPEMENT SOCIAL URBAIN

CR DSU (Centre de Ressources sur le Développement Social Urbain) - 4 rue de Narvik, BP 8054, 69351 Lyon cedex 08, FRANCE. Tél. 33 (0)4 78 77 01 43 - Fax 33 (0)4 78 77 51 79 - France - www.crdsu.org - crdsu (@) free.fr

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