español   français   english   português

dph participe la coredem
fr.coredem.info

rechercher
...
dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

L’Association des habitants du Gatinais ou l’apprentissage collectif de la citoyenneté

La Villeneuve d’Échirolles, Isère

Oumelkir NAFA

12 / 1995

De l’extérieur, l’appellation Villeneuve renvoie à une image plutôt négative. Les techniciens et les professionnels eux parlent des deux quartiers Essarts et Surieux de la Villeneuve d’Echirolles, un quartier en procédure DSQ. Pour les habitants ce même territoire est découpé en plusieurs quartiers correspondant aux unités de voisinage conçues lors de l’étude de la ZUP : Le Limousin, Le Berry, Saintonge, Le Gatinais, Beaumarchais, etc... (mon quartier et les autres quartiers, tournoi inter-quartiers). D’ailleurs de l’intérieur, ce sont le Limousin et le Gatinais qui sont régulièrement cités comme les plus difficiles. Et pour appuyer cette notion d’appartenance, se sont constituées des associations d’habitants dont l’un des premiers acquis a été l’aménagement de locaux au c ur même de leurs aires d’influence.

L’une de ces associations celle des Habitants du Gatinais (AHG)affiliée à la CSF (Confédération Syndicale des Familles), retient particulièrement l’attention par :

-l’originalité de son organisation ;

-la diversité ethnique et le fort pourcentage des familles étrangères qui sont en même temps les plus anciennes du quartier ;

-son dynamisme, la forte mobilisation de ses membres ainsi que les résultats obtenus.

A l’initiative des habitants qui se sentaient délaissés et abandonnés par les pouvoirs publics, une forte mobilisation naît autour du thème de la lutte contre la délinquance et le vandalisme quotidien. Avec la participation de 60 à 70 habitants de tous âges et de tous statuts cela a débouché sur la décision de monter une association loi 1901 à la fin de l’année 1989.

Dès le lancement de la procédure DSQ, les représentants de l’AHG écrivent au Maire d’Echirolles afin que les habitants y soient pleinement associés. Souhaitant maîtriser les circuits institutionnels et s’inscrivant dans un processus d’apprentissage collectif, ils participent activement avec les différents partenaires locaux à la réflexion sur plusieurs sujets et nomment ainsi des délégués qui assistent régulièrement aux différentes réunions : avec le Conseil Communal de Prévention de la Délinquance (CCPD), avec l’équipe chargée de la Zone d’Education Prioritaire (ZEP).

Mais c’est surtout avec la réhabilitation du bâti et des espaces extérieurs que l’AHG s’investit le plus et ceci en étroite collaboration avec l’ensemble des locataires. Sa grande capacité de mobilisation interne se concrétise par la désignation des responsables de montées. Des enquêtes sont effectuées logement par logement et des réunions sont tenues montée par montée, dans le but d’informer les locataires et de prendre connaissance des problèmes de chacun d’entre eux.

De même, deux commissions sont créées :

- la commission technique "point travaux" chargée de faire le lien entre l’organisme bailleur et les habitants pendant le chantier de réhabilitation ;

- la commission gestion dont la tâche délicate est d’étudier les différents contrats existants (robinetterie, chauffage, etc)afin de mieux négocier une éventuelle baisse des charges.

Ainsi au fur et à mesure de l’avancement des travaux, l’AHG s’est imposée comme l’interlocuteur incontournable et un partenaire à part entière face aux acteurs institutionnels intervenant sur le quartier.

Lors des séances de travail, les bénévoles ne laissent plus les techniciens monopoliser la parole, acquièrent par formation ou auto-formation les techniques pour mieux négocier, exprimer leurs points de vue et quelquefois finir par convaincre leurs partenaires. Ce qui n’est pas aisé sachant que beaucoup cumulent plusieurs handicaps (langue, origines, niveau culturel etc).

Le président actuel de l’association, fils d’entrepreneurs d’origine arménienne, explique : "Ce que nous essayons d’instaurer entre nous les habitants du Gatinais et les élus de la ville ainsi que l’ensemble des acteurs du quartier ce sont des bonnes relations, une certaine confiance. Lorsqu’on nous a sollicités pour participer à l’élaboration du programme de l’équipement polyvalent qui vient d’être inauguré, nous avions émis le voeu d’utiliser ce lieu pour des manifestations familiales, cela nous a été formellement refusé. Bien que la demande reste toujours très forte sur la Villeneuve, nous avons accepté cette réponse. A propos du lieu de culte, la revendication des pères de familles maghrébines a été prise en main par l’AHG L’ensemble des conditions exigées par les élus ont été levées et j’espère que chacun d’entre nous va respecter les engagements pris."

L’expérience avec le DSQ (travail en commun et négociation avec les organismes, démarche pour sensibiliser et informer un maximum d’habitants)a permis d’acquérir des atouts pour une participation encore plus forte.

Actuellement, les discussions portent beaucoup sur l’après-réhabilitation à laquelle les habitants se préparent pour s’y engager réellement. D’autres projets culturels concernant les personnes âgées, les jeunes, etc, ne manquent pas et sont en cours de maturation.

Enfin, la volonté des habitants est de se donner les moyens afin d’affirmer le côté résidentiel de leur quartier mais aussi de se faire respecter et d’être reconnus citoyens à part entière.

Mots-clés

organisation de quartier, citoyenneté, gestion de l’habitat, milieu urbain, service de proximité


, France, Echirolles

Notes

Monsieur CIL est président de l’AHG, tel 76 09 20 72

Entretien avec CIL, M.

Source

Entretien

CR DSU (Centre de Ressources sur le Développement Social Urbain) - 4 rue de Narvik, BP 8054, 69351 Lyon cedex 08, FRANCE. Tél. 33 (0)4 78 77 01 43 - Fax 33 (0)4 78 77 51 79 - France - www.crdsu.org - crdsu (@) free.fr

contact plan du site mentions légales