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Les études sur la paix dans les collèges et les universités aux Etats Unis

Richard PETRIS

06 / 1993

Le premier programme d’études sur la paix a démarré en 1948 au Manchester College, Indiana, et aujourd’hui, aux USA, ces études existent, sous une forme ou sous une autre, dans plus de 300 « colleges » et universités.

Les études sur la paix ont été définies comme: « une matière d’enseignement interdisciplinaire qui analyse les causes de la guerre, de la violence et de l’oppression organisée, et étudie les moyens par lesquels le conflit et le changement peuvent être gérés de manière à développer la justice tout en réduisant la violence. Elle comprend l’étude des systèmes économiques, politiques et sociaux aux différents niveaux local, national et international, et de l’idéologie, de la culture et de la technologie dans leurs rapports avec le conflit et le changement » (Thomas: « Guide to careers and graduate education in peace studies » 1987).

Le développement des divers programmes a connu plusieurs époques. D’une manière générale, on serait passé d’une démarche activiste à une démarche plus éducative, misant sur la durée pour former les citoyens qui sont aujourd’hui, de plus en plus préoccupés par le développement des différentes formes de violence: menace nucléaire, conflits régionaux, coût de la course aux armements, menaces sur l’environnement, violence urbaine, violence familiale, etc…

L’auteur, qui enseigne au Department of Educational Policy and Community Studies ((University of Wisconsin)décrit 11 programmes d’étude sur la paix et la résolution des conflits, mais signale également que des milliers de cours, au niveau des collèges, font appel à des notions de paix et de justice, notamment pour proposer aux étudiants de première année une approche des grandes questions d’actualité.

Les observations générales suivantes se dégagent

Les études sur la paix commencent à former un ensemble cohérent permettant à un élève de recevoir une initiation à l’école primaire, puis un enseignement plus élaboré dans le secondaire, de suivre un cours principal sur le sujet au début du supérieur, de faire une maîtrise sur la résolution des conflits, et enfin un doctorat en études de la paix.

Une formation aussi complète doit permettre à ceux qui la suivent - le nombre des étudiants concernés est très limité: pas plus d’une vingtaine par campus!- d’envisager de faire une carrière dans des organisations travaillant pour la paix, organismes internationaux, services publics spécialisés, organismes de médiation. Un effort devrait être fait pour mieux cerner ces débouchés.

La nature des programmes varie considérablement et des professeurs venant de domaines aussi différents que la climatologie (effets de la guerre nucléaire sur l’atmosphère) et le droit (le droit international) font souvent des cours sous le titre général d’études sur la paix.

Un environnement favorable est constitué par la multiplication des publications spécialisées (une dizaine) qui représente une véritable base de recherche favorisant le développement des études sur la paix et des disciplines universitaires correspondantes.

Une grande variété d’organisations et de conférences nationales permettent aux enseignants, chercheurs et étudiants de partager leurs expériences sur le sujet. Cela va de la National Conference of Peacemaking and Conflict Resolution à des associations « professionnelles » comme l’International Peace Research Association. C’est le cas également des organisations « corporatives » des différents disciplines académiques (The American Sociological Association, The Political Science Association,…) qui ont des sections spécialisées dans les études sur la paix.

Un rôle clé pour l’enseignement supérieur

La recherche sur les phénomènes de violence doit montrer que les analyses en matière de paix peuvent contribuer à la recherche de solutions constructives en permettant notamment aux citoyens de faire des choix politiques plus avisés, ou en proposant des modes de comportement plus pacifiques.

Les études sur la paix ont également un rôle capital à jouer en aidant le public à comprendre les changements de la problématique guerre-paix. A l’approche du 21è siècle, un champ d’investigation nouveau s’ouvre au développement des études sur la paix dans le domaine du domestique et du quotidien: non seulement la violence familiale, mais aussi la progression de la violence urbaine.

En s’intéressant à ces questions, les universités sont plus proches des besoins des populations qu’elles sont sensées servir, et les études sur la paix peuvent contribuer à revaloriser la fonction des disciplines traditionnelles dans un monde qui paraît de plus en plus difficile à gérer.

Les problèmes d’organisation

En dépit de ces développements récents, les études sur la paix sont encore loin d’être acceptées comme une discipline à part entière.

Les enseignants sont généralement motivés pour des raisons personnelles et font souvent courir des risques à leur carrière professionnelle pour promouvoir les études sur la paix. Une autre difficulté importante réside dans la capacité à collecter les fonds nécessaires au financement du poste de directeur à plein temps qui s’avère indispensable. Certaines fondations s’intéressent à ces activités, mais les structures qui abritent celles-ci, doivent fournir des locaux, détacher du personnel et apporter le soutien nécessaire. Sans ce soutien insitutionnel, qui seul permet aux programmes d’études sur la paix de prendre forme et de trouver leur place sur un campus, ces activités reposeront exagérément sur la bonne volonté et le dévouement de quelques personne motivées qui s’épuiseront à leur tâche.

Mots-clés

éducation à la paix, irénologie, violence, enseignement supérieur, formation, innovation pédagogique, éducation et changement culturel


, Etats-Unis

dossier

Ébauche pour la construction d’un art de la paix : Penser la paix comme stratégie

Commentaire

Comme professeur, appartenant à la communauté quaker qui rejette la violence, ancien militant contre la guerre du Vietnam, membre de la commission sur l’éducation à la paix de l’International Peace Research Association, Ian M. HARRIS, a la fois « activiste » et théoricien, était particulièrement bien placé pour faire une description dynamique de la situation des études sur la paix aux Etats Unis. Leur développement, qui concernerait aujourd’hui environ 500 « colleges » et universités, doit beaucoup au fort degré d’autonomie et à la capacité d’innovation qui caractérisent l’organisation de l’enseignement supérieur dans ce pays.

Notes

Périodique trimestriel publié par le « Department of Educational and Psychological Research », School of Education, Box 23501, S-200 45 Malmö, Suède.

Source

Articles et dossiers

HARRIS, Ian M., AKE BJERSTEDT,SCHOOL OF EDUCATION, MALMO in. PEACE, ENVIRONMENT AND EDUCATION, 1992/04 (Suède), 7

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