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L’accès à l’eau : Un droit indissociable des autres droits de la personne

Des ONG rédigent la Charte de Montréal sur l’eau potable et l’assainissement, juin 1990

Angélique KHALED

10 / 1995

Pour préparer la Conférence internationale de New-Delhi de septembre 1990 organisée par les Nations Unies pour clore la "Décennie sur l’eau potable et l’assainissement"(DIEPA)et prévoir les actions à entreprendre pour les années à venir, Oxfam-Québec et ses partenaires ont organisé une rencontre d’associations et d’organismes non gouvernementaux (ONG)qui a eu lieu à Montréal en juin 1990 et a rassemblé une centaine de participants d’ONG de tous les continents. De cette rencontre est née la Charte de Montréal.

Cette déclaration insiste d’abord sur le fait que le droit d’accès à l’eau et à l’assainissement est indissociable des autres droits de la personne. Les ONG en font donc une question politique. Pour assurer ce droit, elles réclament la réforme des modes de développement économique ; elles appuient les revendications des populations -dont les besoins sont parfois ignorés (surtout dans les bidonvilles)- vis-à-vis des Etats ; elles marquent leur opposition au contrôle de l’accès à l’eau qui, dans les Etats occupés, représente souvent un moyen de pression sur les populations ; elles demandent la création d’un réseau d’ONG qui, au Sud comme au Nord, veillerait à susciter une conscience mondiale du problème et à contrôler le partage des fonds alloués à ce secteur.

Dans la même logique, elles recommandent d’intégrer l’eau dans une approche globale de développement. Un recours aux ressources locales en matière d’expertises, d’emploi, d’équipements pourrait être privilégié afin de contribuer en même temps au développement économique de la région. Par ailleurs, toujours en considérant l’accès à l’eau et à l’assainissement comme un droit essentiel, un programme de développement intégré pourrait être créé incluant des actions visant la santé, l’éducation ou la préservation de l’environnement.

Mais la priorité des ONG se situe au niveau des populations concernées qu’il est nécessaire d’inclure dans les décisions importantes mais aussi de former et d’éduquer. Il s’agit notamment de renforcer le pouvoir des communautés de base, et surtout des femmes, dans leur capacité de maîtriser la conception et la réalisation des projets d’eau potable et d’assainissement et de faire des ONG du Sud les vrais initiateurs du développement dans leur milieu. Par ailleurs, il faudrait former des gestionnaires de l’eau et des techniciens locaux ; former également au niveau de l’hygiène, de la santé et de la compréhension du cycle de l’eau dans la nature ; promouvoir auprès des populations une conscience du bien public et de l’importance de préserver la qualité de l’eau et de l’environnement.

Les ONG proposent ensuite un certain nombre de recommandations, notamment : l’adoption d’une législation concernant les droits et les devoirs liés à l’eau et à l’assainissement et la mise sur pied d’instances chargées d’arbitrer les conflits relatifs à la gestion de l’eau ; l’assurance d’un partage plus équitable des fonds destinés à l’accès à l’eau, notamment dans un contexte de conflit armé ; la reconnaissance du droit des populations et surtout des femmes à participer, à travers des structures démocratiques, à la gestion de l’eau en tant qu’élément central de tout développement ; la réhabilitation des ouvrages existants avant de réaliser de nouveaux investissements ; l’appui systématique sur les ressources humaines et techniques locales ; la reconnaissance de l’importance du rôle des ONG du Sud et du Nord et leur association aussi bien à la conception des politiques de gestion de l’eau que à la mise en place des programmes.

Mots-clés

ONG, eau potable, développement intégré, développement durable, éducation, ressources hydriques, accès à l’eau, droits humains, politique de l’eau, participation populaire, femme


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Notes

Source : La Charte de Montréal sur l’eau potable et l’assainissement adoptée dans le cadre du Forum international de Montréal. Les organisations non gouvernementales en interaction, 1990, OFAM-Québec, 9 p.

Source

Littérature grise

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