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Ministre de la paix

Regard chrétien sur la guerre et l’armée

Philippe MAZZONI

06 / 1995

En France, l’appellation du ministère de la Défense a beaucoup évolué : ministère de la Guerre, des Armées, de la Défense nationale, de la Défense. A quand le ministère de la Paix ? Il serait significatif que la défense et la sécurité du pays soient assumées par un ministre de la paix. Mais chaque citoyen ne doit-il pas être un ministre de la paix ? Peut-on accepter la célèbre morale : "si vis pacem para bellum" ? Pour répondre à cette question, il convient d’examiner différents points de vue, depuis les grands principes universels, les conditions particulières dans lesquelles nous vivons, et jusqu’aux responsabilités propres de chacun.

Les chrétiens placent au coeur de leurs convictions l’amour de la paix, car Dieu veut la paix. Il a créé le monde pour que tous les hommes vivent librement et fraternellement dans son intimité. Malgré cela, le mal et la violence habitent le coeur de l’homme. Le Christ lui-même semble avoir échoué contre la violence ; mais au moins a-t-il fait face. Et son esprit victorieux de la mort nous permet de faire face à la violence. Alors quand la paix semble impossible, les chrétiens veulent avoir une attitude responsable et aider à réfléchir aux décisions à prendre. Six questions émergent : La cause est-elle juste ? A-t-on fait tout ce qui est possible pour éviter l’usage de la force ? Une intervention a-t-elle une chance de rétablir la paix ? L’intervention est-elle proportionnelle au mal qu’elle combat ? L’intervention est-elle décidée par l’autorité légitime ? Comment y prend-on en compte le respect des civils, des blessés, des prisonniers et des combattants.

Aujourd’hui, la chute du mur de Berlin a permis de découvrir que les Etats avaient des responsabilités au-delà de leur territoire, et en particulier en matière de défense des droits de l’homme et des libertés. Mais pour que le nouvel ordre mondial ne soit pas pire que l’ancien, il importe de clairement définir les limites à un interventionnisme qui pourrait devenir envahissant.

Il est des situations où une logique de guerre paraît se mettre en place et où plus personne ne semble maîtriser les événements. C’est évidemment en amont qu’il faut intervenir pour mettre en place une logique de paix comme celle qui a été instaurée entre la France et l’Allemagne après la guerre. Les pressions politico-commerciales font généralement partie de la logique de guerre, et il faut probablement refuser la légitimité des embargos, sauf lorsqu’ils portent sur du matériel stratégique.

Dans une démocratie, personne ne peut échapper à sa responsabilité vis-à-vis des conflits. Le président de la République est chef des Armées, et c’est l’élu de tous. Chacun est donc responsable, du moins comme électeur. Cependant, on ne peut vouloir la paix sans chercher à se convertir et à faire la paix déjà en soi et autour de soi, quel que soit le choix d’engagement (engagé, appelé, objecteur de conscience, ...).

Depuis toujours, l’Eglise a le souci primordial de la paix. De tout temps, des chrétiens se sont engagés au service des victimes de la guerre et des persécutions. Aujourd’hui, cette tradition se perpétue en essayant de favoriser la paix et en constituant les chrétiens présents dans les armées en une Eglise spécifique : le diocèse aux Armées.

Monseigneur Michel DUBOST est évêque aux armées françaises. Convaincu que tout chrétien est ministre de la paix, il relit l’enseignement de l’Eglise dans un monde confronté à la guerre, en prenant en compte les aspects contemporains des relations internationales (droit d’ingérence, aide humanitaire, légitimité d’un conflit armé).

Mots-clés

avenir de la planète, responsabilité citoyenne, éducation, christianisme, religion, droit, justice, droits humains, relations internationales, démocratie, paix


, France

Commentaire

Voici une contribution de plus, s’il en était besoin, à la "culture de paix". Ce terme revient maintenant régulièrement comme en témoigne le message du Pape pour le 8 mai 1995, ainsi que le programme du même nom de l’UNESCO. Il montre le lien intrinsèque qui existe entre religion et paix.

Source

Livre

DUBOST, Michel, Ministre de la paix : Regards chrétiens sur la guerre et l'armée, Cerf, 1995/02 (France), N° 350, Collection Foi Vivante Etudiants

Ecole de la Paix - 7 rue Tres-Cloîtres, 38000 Grenoble, FRANCE - Tél. : 33 (0)4 76 63 81 41 - Fax : 33(0)4 76 63 81 42 - France - www.ecoledelapaix.org - ecole (@) ecoledelapaix.org

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