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La genèse et les critiques d’un projet de coopération maritime en Algérie

Sophie NICK

02 / 1996

Bruno Guillaumie a travaillé pendant dix ans en Algérie dans le domaine de la formation maritime. Il est actuellement chargé de formation à l’Association pour le développement des activités maritimes (CEASM).

Etant donné les structures qui existent sur place, les Algériens sont parfaitement capables d’importer ce qui leur faut mais ils ont un problème majeur : les taxes et une réglementation qui leur interdit d’importer (sauf taxes énormes)du cable acier et des hameçons par exemple. C’est là qu’un programme de coopération peut se permettre d’agir. C’est quelque chose que les administrateurs des pêches ne sont pas capables de faire remonter jusqu’au Ministère des Finances. Autre problème : le dinar n’est pas une devise (il ne devrait pas tarder à le devenir). Là aussi, un programme de coopération peut intervenir en mettant des dépôts de garantie dans les banques, en "amorçant la pompe". A partir d’un système d’avitaillement et d’un système de crédit, les professionnels développeront eux-mêmes leur secteur. Qu’on leur donne de l’information pour qu’ils soient au courant de ce qui se fait ailleurs, qu’on leur donne l’occasion de rencontrer des collègues pour vérifier certaines techniques mais qu’on leur laisse le choix. Ils connaissent très bien leur zone, ils savent très bien ce qu’ils peuvent y pêcher et avec quoi. Il suffit qu’une centrale d’avitaillement soit bien approvisionnée en fonction des besoins que les professionnels définissent eux-mêmes. Même chose pour l’accès à la propriété. Il faut un système de crédit qui donne un coup de pouce. Il y a d’excellents chantiers navals en Algérie, ce n’est pas la peine d’importer des bateaux. Il y a aussi un gros problème de circulation de l’information sur laquelle l’administration a la main mise. Des observatoires économiques où l’information est disponible pour tous pourrait résoudre ce problème.

Si tout l’argent qui a été investi dans le secteur de la pêche l’avait été au profit des pêcheurs, géré par eux, cela aurait été plus efficace. Il y a d’excellents professionnels en Algérie mais ils sont comme ils sont et les choses évolueront doucement. La coopération peut apporter un coup de pouce."

Mots-clés

pêche, mer, coopération, organisation de pêcheurs, politique de coopération


, Algérie

Commentaire

La coopération n’est pas de l’assistanat. Un programme bien pensé intègre nécessairement les bénéficiaires y compris dans sa définition.

Notes

Entretien réalisé par Sophie Nick au CEASM dans le cadre de la capitalisation d’expérience de cette association.

Entretien avec GUILLAUMIE, Bruno

Source

Entretien

CEASM (Association pour le Développement des Activités Maritimes) - Le CEASM a arrêté ses activités en 2001. - France

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