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Le rôle de l’association pour le développement des activités maritimes -CEASM- dans un programme de coopération avec l’Algérie

Sophie NICK

02 / 1996

Bruno Guillaumie a travaillé pendant dix ans en Algérie dans le domaine de la formation maritime. Il est actuellement chargé de formation à l’Association pour le développement des activités maritimes (CEASM).

"L’assistance technique est une mise sous perfusion qui fait que, de temps en temps, il faut ramener un peu plus de matériel, un peu plus de bateaux ou un peu plus d’hommes. Les gens ne sont pas sevrés et quand on enlève la bouteille, ils disent : "revenez !". Ce n’est pas cela qui rend les gens indépendants.

Dans le programme de coopération que nous avons aidé à définir avec les Algériens au cours des voyages qu’ils ont effectués en France, nous allons animer un certain nombre d’ateliers qui se dérouleront en France et aider nos collègues algériens à préparer et animer ceux qui se dérouleront en Algérie. Nous faisons essentiellement un travail de mise en réseau et de coordination des programmes de coopération puisqu’il n’y a pas que la France qui est impliquée. Il est utile de connaître l’ensemble des positionnements des uns et des autres pour voir en quoi ils s’annulent, ils se doublonnent, quels sont les besoins de connections entre les différents projets. Il est possible de faire un très grand arbre des problèmes et de voir auquel répond chacun des programmes, afin que les individus travaillent ensemble à la solution des problèmes communs. Il ne faut pas beaucoup d’argent pour organiser des groupes de travail, des séminaires. Mais cela peut être très efficace. Si on arrive à mettre les pêcheurs algériens en contact avec d’autres personnes, la circulation de l’information qui n’existe pas actuellement décoincera beaucoup de choses, les pêcheurs se développeront ensemble comme cela se passe pour les universités, les centres de recherche. Il faut lever les blocages, amorcer le circuit quelque part, leur permettre de se découvrir, de se réunir pour faire avancer un certain nombre de problèmes. Jusqu’ici, ils s’ignorent puisque l’information ne circule pas. Ensuite, ce sera à eux de faire ce qu’ils ont envie de faire et de faire les erreurs qu’ils ont envie de faire. Ce n’est pas le rôle d’un projet de coopération d’empêcher que des erreurs soient commises. L’idée est de montrer ce qui existe ailleurs et de leur laisser la possibilité de choisir et la capacité à décider de s’organiser. C’est comme cela que je conçois la coopération. Après, il faut se retirer. On garde des bons rapports avec eux mais le programme de coopération doit disparaître. Il doit se "suicider" parce qu’il y a des structures qui sont mises en place pour prendre le relais. Nous avons établi un programme sur cinq ans avec des fonds souples attribués annuellement qui permettent de rectifier le tir tous les ans en fonction des évaluations qui seront faites. Nous avons un rôle de mise en réseau et de développement de contacts entre les professionnels du Nord et du Sud pour qu’ils puissent, entre eux, mieux se connaître, collaborer et prospérer. Il ne faut pas oublier que l’Algérie n’est pas loin, qu’il y a des ressources potentielles dans les deux sens et des échanges économiques possibles en matériel et en poissons. C’est au bénéfice des deux communautés. Il y a aussi les réglementations à venir sur les pêches en Méditerranée. L’Algérie est favorable mais il ne faudrait pas que les pêcheurs soient absents de ces négociations. Elle veut étendre sa ZEE (Zone Economique Exclusive). Ce n’est pas notre rôle de mener cette négociation mais je pense qu’il serait important d’attirer l’attention des professionnels sur les enjeux qui en découleront pour qu’ils aient tous les éléments afin de négocier dans l’intérêt commun de tous les pêcheurs de Méditerranée."

Mots-clés

pêche, mer, coopération, ONG, diffusion de l’information, politique de coopération, assistance technique, réseau d’échange de savoirs, réseau d’information


, Algérie

Commentaire

"De par la situation politique et sociale que connaît actuellement l’Algérie, nos partenaires algériens et nous-mêmes sommes amenés à imaginer et mettre en place un système d’hommes-relais avec le risque que ces relais puissent devenir des fusibles, éventuellement "sauter" et donc compromettre une partie du réseau."

Notes

Entretien réalisé par Sophie Nick au CEASM dans le cadre de la capitalisation d’expérience de cette association.

Entretien avec GUILLAUMIE, Bruno

Source

Entretien

CEASM (Association pour le Développement des Activités Maritimes) - Le CEASM a arrêté ses activités en 2001. - France

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