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L’Espagne se reboise par fertirrigation

Mohamed Larbi BOUGUERRA

01 / 1996

On peut accélérer le rythme de croissance des arbres pour aider la sylviculture,le reboisement et lutter contre la déforestation. On peut ainsi faire pousser en pépinière deux fois plus vite. Autrement dit, le délai nécessaire avant transplantation des arbres sur le terrain est réduit de moitié. C’est un avantage certain par rapport aux méthodes classiques. Les agronomes de la Communauté autonome de Madrid vont le mettre en oeuvre pour reboiser un million d’ha avec 700 millions de plants pour les cinq ans à venir. Ceci est rendu possible par le "fertirrigation" qui combine en une seule méthode fertilisation et irrigation. Développée en Israël d’abord, cette technique a été utilisée aux Canaries et dans la région d’Alméria caractérisés par des sols salés, peu d’eau et la désertification. Comme on arrose les cultures avec de l’eau contenant des quantités très précises d’engrais, on évite à la fois le gaspillage d’eau ainsi que celui du produit chimique- ce qui évite de polluer la nappe phréatique. Des canalisations délivrent aux plantes leur ration quotidienne d’où des rendements bien supérieurs aux méthodes habituelles. La "fertirrigation" était jusqu’à présent réservée à l’agriculture intensive, les agronomes madrilènes viennent de l’étendre aux pépinières d’arbres et c’est ainsi que les pins atteignent 1,8 m en trois ans contre 1,5 m en cinq ans par les procédés classiques. Pour arriver à trouver la bonne composition de l’eau utilisée en "fertirrigation", on fait appel à la culture hydroponique qui utilise comme substrat non le sol mais de l’eau contenant des substances nutritives régulièrement renouvelées.

Mots-clés

reforestation, lutte contre la pollution, fertilisation du sol, gestion des ressources naturelles, lutte contre la déforestation, irrigation


, Espagne, Israël, Îles Canaries

Commentaire

Il s’agit ici d’une technique très intéressante même si sa mise au point peut être ardue car il faut tâtonner pour chaque espèce. L’infrastructure peut être coûteuse car il faut un réseau de canalisations, des doseurs d’engrais, des bouches d’arrosage voire des ordinateurs. Le programme doit être constamment ajusté pour satisfaire les besoins journaliers des plantes: ainsi, plus la lumière est intense, plus il faut d’eau et d’éléments nutritifs. Mais la "fertirrigation" est fort prometteuse pour le reboisement et pour élever en pépinière des espèces difficiles à obtenir en quantité suffisante comme la sabine, le chêne vert ou le genévrier. Econome en eau, elle est susceptible d’adaptation pour de nombreux pays du Sud qui souffrent de déforestation ou veulent procurer du bois de feu aux populations. Elle pourrait servir à repeupler les oasis de l’Afrique du Nord dont les palmiers dattiers sont la proie du "bayoudh" une grave maladie due à un insecte- et qui a provaqué des ravages au Maroc et en Algérie.

Notes

Traduit d’un article paru dans EL PAIS

Source

Articles et dossiers

FRANCESCUTTI, Pablo, COURRIER INTERNATIONAL SA in. COURRIER INTERNATIONAL, 1996/01/25 (France), 273

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