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Faute de gaz, on brûle du bois

Quand la dévaluation encourage la désertification

Annie BOUGUERRA

06 / 1995

Pour lutter contre la désertification, les autorités de Niamey avaient instauré une politique d’incitation à la consommation de substituts du bois. Le but était d’empêcher les populations de brûler les réserves forestières du pays. Devant le point de vente de Niger-Gaz non loin de Zabarkan, Amadou ne décolère pas. Pour la troisième semaine consécutive, il repartira bredouille avec ses deux bouteilles de 6kg chacune. "Comment voulez-vous qu’il y ait une vraie politique de lutte contre la désertification quand même le substitut au bois est introuvable", tonne-t-il. Comme beaucoup de fonctionnaires, il s’est laissé séduire par le progrès et a acheté deux réchauds à gaz, à 13500FCFA (135FF)chacun. Mais il ne savait pas que le gaz qu’il achetait à la même époque 1440 FCFA (14,40FF)était subventionné. Depuis est intervenue la dévaluation du FCFA, suivie de ruptures de stock. Et bonjour les problèmes! Tout le programme de lutte contre la désertification a été en grande partie ruiné par la dévaluation de 50% du FCFA. De sévères mesures (taxation du bois, orientation des exploitants de bois vers des zones controlées)ont été prises pour limiter la consommation du bois, mais ont été à peine appliquées quand la dévaluation est intervenue. Du coup, ce sont les forêts qui pâtissent! A l’heure actuelle, on note une prolifération de vendeurs de bois et de particuliers devenus exploitants de bois, pour lesquels compte seulement leur profit et pas du tout les conséquences sur l’environnement. En plus des pertes pour les forêts, les particuliers achètent le bois auprès des paysans, sans payer les taxes, ce qui représente environ 50 millions de FCFA de perte pour les caisses de l’Etat.

Mots-clés

déforestation, protection des forêts, bois, désertification, lutte contre la désertification


, Niger

Commentaire

On voit ici comment les efforts d’un pays du Sud pour préserver ses forêts, si utiles à l’Humanité entière, se trouvent ruinés par une décision des instances financières internationales!

Source

Articles et dossiers

COURRIER INTERNATIONAL, 1994/12/01 (France), 213

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