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Pour les riziculteurs d’Asie, voir c’est croire

Mohamed Larbi BOUGUERRA

09 / 1995

A la suite d’expérimentations sur le terrain pour vérifier si réellement les pesticides sont nécessaires, les riziculteurs vietnamiens ont réduit de moitié les quantités de produits agrochimiques qu’ils utilisent. Les travaux menés à l’Institut International de recherche sur le riz (IRRI)montrent que les insectes qui s’attaquent aux feuilles ne perturbent guère les rendements rizicoles. Pourtant, les paysans traitent frénétiquement les larves pour la bonne raison d’abord que les dégâts infligés par les larves et les chenilles sont particulièrement visibles et qu’ensuite les intenses campagnes de promotion des pesticides sont singulièrement efficaces.

Pour les chercheurs de l’IRRI, convaincre le riziculteur que ses coûteux épandages sont inutiles est bien difficile puisqu’ils ont toujours ainsi procédé. L’IRRI et l’Université de Cantho au Vietnam ont amené cependant les paysans à reconnaître qu’ils n’aiment guère les épandages de pesticides et que souvent ceux-ci les rendaient malades. Les produits qu’ils emploient sont, en effet, très toxiques (organophosphorés proches des gaz de combat). Kong Luen Heong chercheur à l’IRRI a persuadé certains paysans de procéder à une expérimentation pour les convaincre: faire des épandages seulement sur une moitié de la rizière et ne faire aucun traitement sur l’autre moitié. Les épandages furent abandonnés quand il fut évident que la moitié non traitée a donné le rendement normal. Autre retombée bénéfique: quand on ne traite pas, les batraciens, les poissons, les araignées et bien d’autres ennemis des prédateurs de la feuille prolifèrent et viennent à l’aide du paysan qui gagne ainsi sur plusieurs tableaux.

Mots-clés

traitement phytosanitaire, agriculture durable, changement technologique, riziculture


, Vietnam

Commentaire

La première leçon à retenir de cette expérience, c’est d’abord la nécessité du dialogue avec les paysans et qu’ensuite la base du succès est la conviction de l’acteur de terrain. Celui-ci- et c’est bien normal- demande à voir. Une seconde leçon: on peut amener les paysans à abandonner ces drogues dures que sont les insecticides s’ils constatent de visu-comme ici- leur inefficacité. Au delà de cette expérience, se pose ici la légitimité de certaines pratiques culturales et la nécessité de se poser des questions sur leur bien-fondé.

Source

Articles et dossiers

MACKENZIE, Debora, Seeing is believing for Asia's rice farmers, IPC Magazines Ltd in. NEW SCIENTIST, 1995/08/26 (ROYAUME UNI), vol. 147, n°1992

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