español   français   english   português

dph participe la coredem
fr.coredem.info

rechercher
...
dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Une Union de groupements collabore avec des chercheurs, en mal de ressources, au Sénégal

Bernard LECOMTE, Brigitte REY

11 / 1996

Demba Keita, chargé de la coordination des programmes de l’APRAN (Association pour la Promotion Rurale de l’Arrondissement de Nyassia).

"Avec les chercheurs et les écoles de formation technique, l’APRAN développe une collaboration parce qu’on a de bonnes initiatives mais aussi des limites sur le plan des compétences. Maintenant, on utilise les chercheurs pour appuyer nos membres et nos animateurs sur le plan technique. Cette collaboration a déjà permis à nos animateurs d’avoir un plus, un savoir-faire dans les domaines de la production des pépinières forestières (grâce à l’Ecole des Eaux et Forêts). Avec les chercheurs vétérinaires, ils vont pouvoir faire un suivi rapproché des activités avicoles et d’élevage de chèvres. Avec l’ISRA (Institut Sénégalais de Recherche Agronomique)c’est la riziculture et on va voir si les terres utilisées pour la production sont adaptées. Avec l’ITA (Institut de Technologie Alimentaire)à Dakar, c’est le suivi de toutes les activités de transformation et de renforcement des capacités de nos techniciens dans ce domaine. Comment cela ? Grâce à notre propre Centre de production, de formation et d’expérimentation, établi depuis 1994 sur deux hectares.

Je prends l’exemple des poulets. On a un agent de l’élevage qui est agent du CER de Nyassia mais faute de poulaillers dans l’arrondissement de Nyassia, il a d’abord été utilisé pour suivre les poulaillers dans le cadre du projet de Développement pour la Basse-Casamance. Maintenant, ce projet DEVBAC n’ayant plus non plus de poulaillers, finalement il est resté "posé comme cela". Il n’a pas fonctionné pendant des années. Quand on a mis en place notre poulailler au Centre APRAN, il a pu bouger et mettre du carburant dans un de ses véhicules. Il descend dans notre centre pour faire sa pratique avec nos poules. Nous en tirons profit parce qu’à l’issue de ces descentes, il fait un suivi de notre poulailler et il nous conseille. Lui aussi en tire profit parce que cela lui permet de travailler et de faire ses rapports techniques.

Cela s’est passé de la même façon avec les autres. D’abord, on est allé vers eux pour leur dire ce qu’on envisageait de faire, ce qu’on faisait déjà et nos limites. On a négocié avec eux leur appui et à partir de là, ils se sont intéressés. Dans leurs organismes, actuellement, ils n’ont plus rien à faire, ils n’ont pas de bloc de démonstration, pas de troupeaux d’élevage. Faute de moyens, ils ne peuvent pas faire d’applications concrètes sur le terrain. C’est à partir de notre centre d’expérimentation et de formation que ces chercheurs-là arrivent à faire un peu de pratique. Même sans être invités, ils viennent parce que c’est nous qui avons des poules et des pépinières !

En pratiquant leur recherche, ils nous appuient aussi parce que s’ils voient des lacunes ou des maladies, ils sont obligés de nous dire : "Attention, il y a cela ..." Les ateliers qu’on organise, ils y participent, par exemple sur la gestion des ressources naturelles. A l’issue de ces ateliers, beaucoup d’activités peuvent être programmées ensemble car elles sont utiles pour nous et pour eux. Quant à l’Ecole des Eaux et Forêts, elle envoie ses élèves vivre et loger au centre APRAN et ils font leur stage pratique dans nos pépinières. Ils donnent la main à nos animateurs pour le suivi de leur travail avec les membres, dans les villages".

Mots-clés

agriculture paysanne, organisation paysanne, chercheur, négociation, élevage, assistance technique, technicien et paysan, recherche et développement, financement de la recherche


, Sénégal, Nyassia

Commentaire

Merveilleux effet de la pauvreté des services techniques et de recherche appliquée : chercheurs et techniciens rencontrent des paysans sur le terrain de ces derniers ! Encore faut-il que les unions de groupements pensent, avec ceux qui les appuient, que 40 lits, 1 ha de pépinières, 1 ha d’essais agricoles, quelques ateliers et les frais de fonctionnement d’un Centre de rencontres et d’expérimentation sont un investissement-clef.

Notes

Interview de Demba Keita par Bernard Lecomte, Bonneville, mars 1996

Entretien avec KEITA, Demba

Source

Entretien

GRAD (Groupe de Réalisations et d’Animations pour le Développement) - 228 rue du Manet, 74130 Bonneville, FRANCE - Tel 33(0)4 50 97 08 85 - Fax 33(0) 450 25 69 81 - France - www.grad-france.org - grad.fr (@) grad-france.org

contact plan du site mentions légales