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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

La naissance, en 1974, de l’Association des Jeunes de Fandène au Sénégal

Alphonse Samba TINE, Benoît LECOMTE, Brigitte REY

08 / 1995

L’Association des Jeunes de Fandène (AJF), village de la banlieue de Thiès, est née au Sénégal en 1974, après une année de grande sécheresse. Les jeunes initiateurs de l’AJF se sont rendus compte que les problèmes posés au village avaient une dimension telle qu’ils ne concernaient pas un seul individu, mais tous. Les membres de l’association avaient pour objectif d’améliorer les conditions de vie des populations de Fandène en apportant des solutions aux difficultés rencontrées. Par exemple, le fort exode des jeunes, pendant la saison sèche, vers Dakar, qui pensent trouver un emploi et un revenu pour nourrir leur famille restée au village. Les exodés n’ont pas toujours d’attaches en ville; ils sont marginalisés et ont des problèmes d’insertion. Ainsi, fréquemment, des filles très jeunes revenaient au village avec des enfants et au lieu d’aider au développement de Fandène, créaient d’autres problèmes. De même, les jeunes garçons copiaient le modèle urbain, devenaient délinquants et ne servaient plus à rien au village. Ils oubliaient pourquoi ils étaient partis en ville. Par manque de qualification et de circuit d’accueil, tous ces jeunes, marginalisés, perdaient l’habitude du travail manuel et arrivaient même à mépriser leurs parents paysans.

L’association s’est inspirée des associations traditionnelles, informelles, qui jouent un rôle très important dans le village. Ses membres l’ont aussi créée "sur" la dislocation de la JAC (Jeunesse Agricole Catholique)qui avait initié un certain nombre d’activités au village, telle que le maraîchage. Bien que l’initiateur soit un prêtre, l’AJF est aconfessionnelle et accueille aussi bien les musulmans que les catholiques. Ce qui compte dans l’association, ce sont les intérêts du village et non pas les intérêts des catholiques. Après la décision de créer l’AJF, tous les jeunes du village se sont réunis pour réfléchir sur sa nécessité. Puis, une assemblée générale est née, laquelle a mis sur pied un bureau composé de 9 membres et des commissions qui travaillent avec lui. Ces commissions sont des instances de réflexion et de proposition regroupant chacune sept personnes qui travaillent dans un domaine précis (sport, affaires culturelles, partie financière, ...). C’est lors de l’assemblée générale que l’on choisit les membres des commissions. L’appartenance au village de Fandène est nécessaire pour être membre de l’association. La cotisation est de 300 F par personne. L’AJF est ouverte et même une personne non-membre, ou quelqu’un qui n’a pas payé sa cotisation, peut venir participer à une réunion, donner son avis et faire des propositions. Au départ, beaucoup de monde a rejoint l’AJF parce que l’idée a été très bien accueillie.

L’AJF a d’abord réfléchi aux problèmes des exodés. Après une large discussion, deux commissions (comprenant des ressortissants de Fandène installés depuis longtemps en ville)ont été créées. L’une à Dakar, l’autre à Thiès, lieux principaux de l’exode. L’idée était que, aidés et encadrés, les jeunes du village partis en ville pourraient, à distance, contribuer au développement de Fandène. Les commissions prenaient en compte l’aspect financier mais aussi les idées et suggestions des "exodés". Elles s’occupaient des démarches administratives que les expatriés du village devaient effectuer à leur arrivée en ville. Traditionnellement, les ressortissants demeurant en ville aident les jeunes qui y arrivent à trouver du travail. Ils les préparent à la vie urbaine et les informent sur l’économie familiale, l’éducation sexuelle, etc. Ainsi, les jeunes ont un réseau de relations pour s’adapter et s’intégrer le mieux possible. Les commissions organisaient aussi des activités lucratives, telles que les bals payants, pour renflouer leur caisse. L’AJF envoyait son président et son secrétaire général pour des réunions périodiques à Dakar et à Thiès afin de faire le compte-rendu, aux ressortissants en ville, du travail fait à Fandène. Afin aussi d’y étudier leurs propositions et critiques de façon à ne pas créer de différences entre eux et les gens du village.

Mots-clés

agriculture paysanne, organisation paysanne, jeune, exode rural, valorisation des savoirs traditionnels


, Sénégal, Fandène

Commentaire

L’Association des Jeunes de Fandène a plus de 20 ans d’âge en 1995. Née du désarroi des jeunes devant les conditions de leur exode vers la ville, elle a uni les villageois (et les parents "ressortissants" de Fandène habitant à Thiès ou à Dakar)pour chercher avec eux des solutions.

Notes

Interview d’Alphonse Tine sur l’Association des Jeunes de Fandène

Entretien avec TINE, Alphonse

Source

Entretien ; Récit d’expérience

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