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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Les associations de ruraux se structurent au niveau national au Sénégal et international en Afrique de l’Ouest

Nora MAC KEON, Bernard LECOMTE

03 / 1996

A partir de 1993, à l’initiative des associations paysannes du Sénégal membres de la FONGS (Fédération des ONG Sénégalaises), se sont constituées une structure nationale, puis une autre internationale, regroupant diverses organisations rurales. Des extraits d’une étude de cas (FAO-ONG)et d’un compte-rendu de réunion (FONGS)tracent les grandes lignes de ces efforts.

1. Extraits de l’étude de cas (Nora MAC KEON, FAO-ONG, 1993)sur la naissance du "CNCR" (Sénégal)

Un forum national "Quel avenir pour le paysan sénégalais ?" a été organisé du 18 au 21 janvier 1993, à Dakar, par la FONGS, un peu plus d’un mois avant les élections nationales. "Le forum a rassemblé quelques 300 participants dont la plupart représentait les trois principales catégories "d’acteurs" entre lesquels on cherchait à établir un dialogue :

- le mouvement paysan : 150 représentants des 24 associations membres de la FONGS ont participé au forum. Les deux autres grandes organisations représentant la population rurale était aussi des invités d’honneur : la Fédération des Groupements Féminins du Sénégal (FGFS)et l’Union Nationale des Coopératives Agricoles du Sénégal (UNCAS);

- le gouvernement : des représentants de nombreux services gouvernementaux et organisations officielles et, à l’ouverture, le premier ministre;

- les donateurs, responsables de programmes de coopération bilatéraux, multilatéraux.

Les objectifs du forum, définis par le président de la FONGS dans le discours qu’il a prononcé lors de la cérémonie d’ouverture, étaient les suivants :

- clarifier le concept de "responsabilisation paysanne" qui est un leitmotiv de la Nouvelle Politique Agricole. Pour la FONGS, il ne devrait pas s’agir uniquement d’un arrangement en vertu duquel le gouvernement confère unilatéralement la responsabilité de certaines fonctions et activités aux organisations paysannes. Au contraire, ce concept implique un processus de maturation de la part du mouvement paysan lui-même;

- donner des preuves scientifiques de l’état actuel de l’environnement naturel sénégalais et de sa dégradation;

-présenter et discuter l’analyse de l’incidence de la Nouvelle Politique Agricole sur l’agriculture paysanne et l’environnement réalisée par la FONGS;

- réfléchir ensemble à l’établissement d’un cadre approprié de dialogue et de négociation entre gouvernement, mouvement paysan et principaux donateurs.

Deux grands groupes de questions ont dominé les débats pendant les quatre journées qu’à duré le forum. Le premier concernait l’impact de l’ajustement structurel sur le secteur rural. Le processus de libéralisation économique, on noté les participants, supposait que le "secteur privé" occupe le vide laissé par le retrait de l’Etat. En fait, ceci ne s’était produit que lorsqu’il y avait un profit à réaliser. Mais dans de vastes zones du Sénégal, l’agriculture est une entreprise à risque élevé et le marché potentiel des intrants et des services est sporadique et difficile à atteindre. Le deuxième grand groupe de problèmes qui a dominé le forum, à savoir : l’affirmation par le mouvement paysan de son droit à participer en tant qu’élément important de la société civile au processus de prise de décision sur les questions concernant le milieu rural. A la clôture de la session, a été la créé, entre responsables paysans, un "comité de concertation et de coordination" regroupant la FONGS, l’UNCAS et la FNGFS. Ce comité a organisé une série de consultations régionales simultanément dans tout le pays, juste avant l’ouverture officielle de la campagne électorale, afin d’informer les populations du programme défini par le forum et de leur suggérer d’en parler avec les candidats. Le 17 mars 1993, les trois membres originaux du comité ont été rejoints par les quatre autres fédérations nationales représentant les secteurs de la population rurale : éleveurs, pêcheurs, bergers et horticulteurs. Dans leur Déclaration de Thiès, les sept organisations ont annoncé la création d’un "Comité National de Concertation Rurale" (CNCR).

2. Extraits du compte-rendu (FONGS, Thiès, 14-16/02/1996)sur la naissance de la "Plateforme" (Afrique de l’Ouest)

La "Plateforme rurale des paysans des Etats membres du CILSS" (Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse au Sahel)est née après la rencontre CILSS-Club du Sahel tenue à Praïa en octobre 1994. Pour la première fois, des organisations paysannes du Sahel avaient été invitées à ce type de rencontre. Le CILSS mettait ainsi l’accent sur la participation des organisations de producteurs à l’élaboration et à l’exécution des politiques régionales de développement. Les représentants d’organisations de producteurs du Cap-Vert, de Gambie, de Mauritanie et du Sénégal auxquels se sont joints les représentants du CONACILSS de Mauritanie et du Sénégal, ainsi que les représentants du CILSS-PADLOS de Ouagadougou (Burkina Faso)se sont réunis à Thiès au Sénégal, du 14 au 16 février 1996. La Guinée-Bissau n’a pas été représentée.

Les participants ont retenu de bâtir l’organisation de la Plateforme en partant de deux enjeux majeurs : la sécurité alimentaire et un mouvement paysan crédible. Les propositions retenues sont de construire un outil qui soit le porte-parole des producteurs et un cadre de concertation et de coopération entre les organisations de producteurs au niveau sous-régional en vue de contribuer à la sécurité et à l’autosuffisance alimentaire durables pour les producteurs ruraux et les nations du CILSS; de promouvoir les valeurs socio-culturelles positives en vue de bâtir un mouvement paysan crédible. Une même rencontre a eu lieu à Bamako.

Mots-clés

agriculture paysanne, mouvement paysan, Etat, Etat et société civile, coopération


, Sénégal, Dakar

Commentaire

Les initiatives en vue de faire reconnaître leurs associations par les dirigeants paysans rencontrent - en 1995-96 - les besoins des institutions internationales. A suivre ...

Notes

Entretien avec MAC KEON, Nora

Source

Compte rendu de colloque, conférence, séminaire,…

FAO; FONGS

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