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Des écoles créatives au développement

Application du principe de l’éducation ascendante

Nadia CHALABI

08 / 1996

ANDES, programme alimentaire et nutritionnel initié en 1988 dans 9 communautés des Andes équatoriennes par les institutions nationales compétentes et le CIE(1), a voulu expérimenter le concept d’éducation ascendante. Il s’agit de changement de comportements alimentaires que les écoliers peuvent susciter chez les adultes par le biais des échanges, de nouveaux apprentissages ou attitudes de vie qu’ils acquièrent mais aussi d’activités qu’ils réalisent et pour lesquelles ils demandent l’appui des familles ainsi sensibilisées. Voici quelques-unes des actions réalisées, visant à favoriser l’incorporation, dans le régime alimentaire des familles, de fruits et légumes, souvent jugés peu nutritifs par ces dernières.

Sensibilisation des adultes aux notions élémentaires d’alimentation et nutrition

Les études de diagnostic et des discussions avec les villageois ont permis de recueillir des informations concernant la composition des plats, la complémentarité des aliments, leur origine et leur disponibilité suivant les saisons, les causes d’abandon de certains aliments. Elles ont constitué une première étape dans le travail de sensibilisation des villageois à ces questions. Les habitants ont commencé à acquérir des connaissances susceptibles de les aider à analyser leur propre alimentation. Les professionnels ont eu le temps de prendre le recul indispensable à la compréhension et au respect des comportements alimentaires. Une démarche similaire de diagnostic a été conduite au niveau des écoles.

Jeux éducatifs pour les enfants

La formation des maîtres et l’élaboration d’un matériel didactique adapté aux étapes de développement des enfants et au contexte socio-culturel ont permis d’intégrer au programme scolaire un enseignement progressif du rôle et de la composition des aliments. Agronomes, médecins, infirmières, instituteurs, pédagogues et parents ont participé à l’élaboration de ce matériel, fait de planchettes de bois (type dominos)sur lesquelles sont dessinés les aliments. Ils peuvent être rangés suivant leur origine (animale ou végétale), leur valeur alimentaire, leur couleur, leur appréciation symbolique (les aliments considérés comme chauds, froids, légers, lourds...), le rôle médicamenteux attribué à chacun, le lieu de production, la saison de récolte... De nombreux jeux ont été organisés, adaptés à l’objectif pédagogique : proposer des plats équilibrés, donner des notions géographiques partant des produits alimentaires de base des différentes populations du monde, etc. Jeux de dominos, jeux de l’oie et de loto, expression corporelle (les écoliers mimant chacun un aliment et montant une saynète)ont éveillé les écoliers à ces questions pendant plusieurs mois et les ont préparés à la phase suivante.

Activités scolaires culinaires et marchandes

A partir de quelques aliments apportés par des écoliers, ces derniers organisèrent une petite épicerie scolaire. L’objectif des instituteurs était d’apprendre aux enfants à composer des repas équilibrés avec des produits locaux, à peser, acheter, comparer les prix en fonction des valeurs nutritionnelles. Des activités culinaires leur ont enseigné à cuisiner et consommer dans des conditions similaires à celles rencontrées au niveau familial, en leur transmettant des notions élémentaires d’hygiène et en favorisant la découverte du goût de produits locaux qu’ils n’avaient pas l’habitude de consommer, comme certains légumes.

Jardins scolaires

La création dejardins scolaires contribue à l’éducation à la consommation des enfants et répond aussi aux objectifs suivants : améliorer leurs connaissances sur le maraîchage, fournir des occasions de consommer certains légumes à l’école, promouvoir des attitudes de coopération, confiance en soi et valorisation du travail.

Au début du programme, les instituteurs ont reçu une formation aux techniques maraîchères, à l’aide d’un document préparé par l’ingénieur agronome, le responsable pédagogique et le médecin de la zone. Des objectifs spécifiques à chaque cycle ont été planifiés. Les différentes étapes de l’activité des enfants ont suivi l’ordre logique du travail agricole, de la sélection du terrain à la récolte.

A l’issue de ce programme, l’évaluation des connaissances, attitudes et compétences des enfants, réalisée par ANDES selon une méthode et des outils détaillées dans la revue de la FAO, ont mis en évidence leurs acquis. Des résultats très positifs ont été enregistrés concernant l’estime, la confiance en soi et la valorisation du travail, un peu moins bon concernant la coopération et la responsabilité : dans les expériences de longue durée, les enfants ont des difficultés à maintenir leur effort et à assurer des tâches répétitives, telles l’arrosage et le désherbage. Par ailleurs, le souhait manifesté par les parents et enfants après la création des jardins, d’obtenir des semences pour diversifier ou créer leur potager témoigne de la réussite de l’éducation ascendante et encourage la diffusion de ce type d’activité.

Mots-clés

éducation et changement culturel, innovation pédagogique, méthode de diagnostic, coutume alimentaire, horticulture, école, alimentation, évaluation


, Équateur

Commentaire

Comme le soulignent les auteurs, l’alimentation de l’enfant dépend presque entièrement de celle de sa famille. Aussi, l’école ne peut jouer un rôle important dans l’apprentissage et l’évolution des comportements alimentaires qu’en collaboration harmonieuse et complémentaire avec les pratiques familiales. Par ailleurs, aborder le thème de l’alimentation à l’école contribue àl’enseignement du savoir, savoir-faire et savoir-être des enfants. Elle les intéresse et permet des apprentissages variés : lecture, dessin, mathématiques, histoire, valeurs d’accueil, partage, responsabilités...

Notes

(1)ANDES=Alimentación, Nutrición y Desarrollo (Alimentation, Nutrition et Développement)

Principaux partenaires du projet :

- Facultés des Sciences médicales et des Sciences agronomiques de l’Université Centrale de Quito (UNC), EQUATEUR

-Instituto Juan César Garcia(spécialisé en sciences sociales et de la santé), Casilla postal 17-11-6292, Quito, EQUATEUR. Tel 593 (2)455 797. Fax 593 (2)464 412. E-mail : admin@ijuga.ecx.ec

-CIE=Centre International de l’Enfance,Château de Longchamp, 75016 Paris, FRANCE. Tel (33)01 44 30 20 00. Fax (33)01 45 25 73 67

-FPH

- Faculté de Philosophie, Faculté d’ingénierie de l’Université Centrale de Quito, EQUATEUR

- Faculté des Industries Alimentaires d’Ambato, EQUATEUR

A.M. MASSE RAIMBAULT est médecin (CIE), T.BARROS pédagogue (ANDES).

Source

Articles et dossiers

MASSE RAIMBAULT, Anne Marie; BARROS, Teodoro, Alimentation, nutrition, développement en Equateur, CIE in. L'Enfant en milieu tropical, 1995, 200/221

ALTERSYAL (Alternatives Technologiques et Recherche en Systèmes Alimentaires) - Coronado, San José, COSTA RICA c/o CIRAD-SAR, 73 rue J.F.Breton - BP 5035- 34032 Montpellier cedex 1. FRANCE - Tél. 04 67 61 57 01 - Fax 04 67 61 12 23

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