español   français   english   português

dph participe la coredem
fr.coredem.info

rechercher
...
dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Valorisation des productions fruitières et maraîchères d’un hameau de la cordillière nicaraguayenne

Mise en place d’un atelier de transformation géré par les petits producteurs de Samulali

Nadia CHALABI

10 / 1996

L’APSCH, Association des Producteurs de Fruits et Légumes de Samulali, hameau de la cordillière centrale du Nicaragua, compte 30 petits producteurs qui se sont regroupés pour trouver des alternatives aux difficultés de commercialisation de leurs productions fruitières et maraîchères. Ils ont été soutenus dans leur démarche par PRODESSA (1), projet de recherche-développement dont l’objectif est d’appuyer les dynamiques paysannes de la région.

Le choix d’un atelier de transformation comme alternative de valorisation des productions fruitières et maraîchères

Des discussions régulières, organisées de mars à juin 1987 entre les petits producteurs de Samulali, ont permis d’aborder le thème de la commercialisation et de spécifier les goulots d’étranglement. Les oranges, par exemple, sont écoulées par des intermédiaires, à bas prix, sur un marché régional saturé. Les papayes, produites en faible quantité, font l’objet d’une vente directe à meilleur prix. L’alternative consistant à généraliser et améliorer la pratique de la vente directe a semblé aux producteurs un investissement risqué compte-tenu des coûts de transport et de l’irrégularité de la production. Ils se sont donc orientés vers la transformation des produits, encouragés par l’expérience d’un atelier de transformation d’ananas que les animateurs de Prodessa leur ont permis de visiter.

Choix techniques, construction de l’atelier et démarrage de l’activité

Cinq mois de discussions et les résultats d’une étude de marché réalisée par Prodessa ont permis de préciser les objectifs de l’entreprise, et son organisation. Le choix s’est porté sur la création d’un atelier polyvalent, de façon à travailler à longueur d’année la matière première disponible. Il permet l’élaboration d’une gamme variée de produits, adaptés à différents segments de marché (produits populaires ou hauts de gamme): vinaigre naturel d’orange, sauce tomate, confitures, gelées, fruits confits à base de papaye, mangues, pamplemousses. Des étudiants de la Faculté des Sciences des Aliments du León ont été chargés de mettre au point les procédés de fabrication.

Le capital nécessaire à la construction, à l’achat du petit équipement de l’atelier, ainsi qu’au démarrage de l’activité, a été obtenu par recours à un prêt de la Banque nationale de développement et à un crédit de Prodessa. Les équipements chers (dépulpeurs, réfractomètres)ont été également acquis auprès du projet, en location-vente. Les membres de l’association ont fourni les matériaux de construction (briques, bois)et la main d’oeuvre, ce qui représente 70 journées de travail par personne.

En mars 89, l’activité de transformation commence. Les premiers mois sont consacrés à l’apprentissage des modes opératoires par quatre jeunes femmes du hameau, dont l’une est également formée à l’administration de l’atelier. Les recettes sont adaptées à l’appréciation du marché perçue après les résultats des premières ventes. Tous les membres de l’association sont initiés aux techniques de fabrication et reçoivent une formation poussée en techniques de commercialisation.

Organisation, gestion de l’atelier

L’assemblée générale fixe les orientations de la production et prend les grandes décisions, tandis que chaque membre est responsable d’une activité précise dont il rend compte aux réunions mensuelles. C’est le cas par exemple de la comptabilité (tenue de fichiers pour les ventes et les stocks, comptes d’exploitation), de l’approvisionnement en fruits et en intrants. Au début de chaque nouvelle récolte sont décidées la quantité de produits à transformer et la répartition entre les membres des quantités de fruits et légumes à livrer. Les livraisons se font selon une programmation hebdomadaire, permettant une transformation immédiate (l’atelier n’a pas de chambre froide pour stocker). L’étalement des dates de semis permet une meilleur étalement des arrivées de matièrepremière.

Résultats

Compte-tenu de l’inflation élevée (5000 % par an), la maîtrise des coûts de production est difficile.Mais l’association parvient à autofinancer l’amélioration de l’atelier (augmentation de la capacité de production, évacuation des eaux usées). Les produits sont vendus auprès de commerçants privés et de clients institutionnels. La population rurale s’approvisionne directement à l’atelier. Certains produits, tels les fruits confits, connaissent un succès prometteur. Désormais, l’APSCH envisage d’améliorer l’efficacité de son système de commercialisation en soignant davantage l’image de ces produits (recherche d’emballages de qualité), en se dotant de moyens de transport (achat d’un camion), et en déléguant à une personne permanente de l’atelier les tâches de prospection et suivi de la clientèle.

Mots-clés

alimentation, fruit, horticulture, petit producteur, communauté paysanne, association de producteurs, gestion d’entreprise, accès au marché, développement local, structure d’appui, assistance technique, commercialisation


, Nicaragua

Commentaire

Cette étude met en évidence l’importance d’une gestion coordonnée de toutes les activités de l’atelier, lesquelles ne se réduisent pas aux aspects techniques de la transformation. En amont, des interventions au niveau de l’appareil de production agricole peuvent être nécessaires. En aval, une maîtrise de la commercialisation implique une connaissance des canaux de distribution, la définition d’un segment d’un marché-cible pour lequel on adaptera le produit (saveurs, conditionnement). La gestion des ressources humaines est également un point-clé. Les membres ont été formés aux différentes activités, et sont informés régulièrement, d’où une organisation de la production collective et cohérente.

Notes

L’IICA= InstitutInteraméricain de Cooperation pour l’Agriculture et le CIRAD-SAR=Centre de Coopération Internationale enRecherche Agronomique pour le Développement-département Systèmes Agroalimentaires et Ruraux, ont mené destravaux de recherche-développement sur les thèmes de l’Agroindustrie rurale AIRet des Petites EntreprisesAgroalimentaires PEA

(1)Contacts :

GERBOUIN, Pierre

PRODESSA: Apartado 4835. Telcor central.Managua. NICARAGUA/et

REROLLE, Pascale

CIE: Château de Longchamp. 75016 Paris. FRANCE/Tel (33)144 30 20 00 Fax (33)1 45 25 73 67

Source

Livre ; Rapport

FRANCOIS, Martine, GRET, Transformer les fruits tropicaux. Guide technique, GRETCTAACCT, 1986 (France)

ALTERSYAL (Alternatives Technologiques et Recherche en Systèmes Alimentaires) - Coronado, San José, COSTA RICA c/o CIRAD-SAR, 73 rue J.F.Breton - BP 5035- 34032 Montpellier cedex 1. FRANCE - Tél. 04 67 61 57 01 - Fax 04 67 61 12 23

contact plan du site mentions légales