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Vers la création d’une porcherie communautaire au sein d’un village des Andes équatoriennes

Nadia CHALABI

08 / 1996

Pueblo Nuevo est un petit village équatorien de la province de Pichincha, qui bénéficie de l’aide de ANDES, programme de développement alimentaire(1). Une association de familles productrices de lait de vache y a créé une fromagerie qui produit environ 500 litres de lactoserum journalier non utilisé. Pour mettre à profit ce lactoserum, il a été décidé d’acheter et d’engraisser de jeunes porcs.

Quelle organisation pour la porcherie ?

L’expérience de la fromagerie a servi de base à la mise en marche de la porcherie. Cette nouvelle microentreprise est ouverte à tous les membres de la communauté, qu’ils soient membres ou non de la fromagerie ; on peut adhérer à cette association même en cours de programme. En ce qui concerne la reconnaissance juridique, ANDES s’est joint à la communauté, afin d’augmenter son pouvoir de négociation et de faciliter l’obtention d’aides étatiques. L’association de la fromagerie participe également, et a fait don du terrain.

Des tiges de bambou, un biodigesteur, de l’eau sûre...

Les travaux se sont prolongés pendant plus d’un an. D’après les plans dessinés par un étudiant de la Faculté d’ingénierie fut construite la porcherie, au cours de mingas (travaux collectifs)et avec l’aide de deux maçons mis à la disposition par les autorités provinciales. La communauté a fourni les matériaux existant localement et ANDES a acheté les autres. Afin de diminuer les coûts de contruction, un ingénieur travaillant au projet porcin dans le cadre de sa thèse, a suggéré d’utiliser des tiges de bambou à la place du fer à béton pour soutenir la charpente et le toit. Une fois séchées, les tiges sont percées de grosses vis pour augmenter la résistance et permettre au béton d’adhérer. Cette technique alternative, mise au point par la Faculté d’Ingénierie, présente en outre l’avantage de résister aux tremblements de terre. De nombreuses réunions d’information ont été nécessaires pour vaincre les réticences de la communauté, peu confiante en la résistance d’un tel ouvrage. L’ingénieur a également souhaité mettre en place le traitement des eaux sales et du lisier de la porcherie et de la fromagerie qui, chargés en matière organique, ne pouvaient être déversés dans le ruisseau voisin. Il a donc expérimenté l’utilisation d’un biodigesteur, dont la boue résiduelle a l’avantage de constituer un engrais azoté de bonne qualité utilisable dans les potagers. Enfin, une négociation a été entreprise entre ANDES et la communauté villageoise afin d’améliorer le réseau d’approvisionnement en eau, ce qui a nécessité d’autres travaux d’aménagement réalisés collectivement.

Produire comment ... pour vendre quoi ?

L’équipe de ANDES le reconnaît, les aspects organisationnels et commerciaux semblent avoir été oubliés "comme si la construction de la porcherie et du biodigesteur avaient captés toute l’attention, la force de travail et le temps des familles". Les paysans responsables du projet porcin ont réalisé des visites auprès d’entreprises de même type afin de se familiariser avec les techniques de production et de commercialisation. Avant d’acheter les premiers porcelets, il a également fallu convaincre la Communauté de la nécessité de réaliser deux études de faisabilité, l’une concernant l’approvisionnement en aliments d’engraissement des porcs, l’autre les circuits de vente. Il semblait en effet exister un marché potentiel pour des produits transformés à base de porcs (charcuterie, peau grillée, viande fraîche...), accessible car une nouvelle grande route allait être ouverte, mais il convenait de préciser les modalités d’intervention sur ce marché (définition des produits, des prix, du mode de distribution...).

Mots-clés

développement rural, innovation, étude de marché, association de producteurs, élevage, porc, agriculture et environnement, traitement des déchets, qualité de l’eau, matériau local, technique de construction, qualification professionnelle, chercheur, tradition et modernité, vulgarisation agricole


, Équateur

Commentaire

Ici, les initiateurs se sont lancés dans la mise en place d’une porcherie avec l’objectif de valoriser une matière première facilement disponible. Mais comme on le voit, de nombreux autres aspects sont à prendre en compte lors de la mise en place d’un système de tranformation : l’amont aussi bien que l’aval, la technique aussi bien que la gestion. D’où la nécessité d’une vision globale du système. C’est à ce niveau que les organismes d’appui ont un rôle essentiel à jouer auprès des bénéficiaires : rôle d’information, de conseils, de sensibilisation. C’est à eux que reviennent les études préalables (auxquelles il est souhaitable d’associer les bénéficiaires), et la formation des entrepreneurs. Le succès d’une petite agroindustrie rurale repose sur la mise en oeuvre de compétences diverses, parfois éloignées des savoir-faire initiaux des agriculteurs-entrepreneurs. Veiller à ce que ces derniers acquièrent ces compétences est un point essentiel pour surmonter les difficicultés de mise en route de l’activité.

Notes

(1)ANDES= Alimentación, Nutrición y Desarrollo (Alimentation, Nutrition et Développement)

Principaux partenaires du projet:

- Facultés des Sciences médicales et des Sciences agronomiques de l’Université Centrale de Quito (UNC), EQUATEUR

- Instituto Juan César Garcia(spécialisé ensciences sociales et de la santé), Casilla postal 17-11-6292, Quito, EQUATEUR/Tel 593 (2)455 797 Fax 593 (2)464412 E-mail : admin@ijuga.ecx.ec

- CIE= Centre International de l’Enfance, Château de Longchamp, 75016 Paris,FRANCE/Tel (33)1 44 30 20 00 Fax (33)1 45 25 73 67.

Source

Articles et dossiers

SALAZAR,Fernando, Alimentation, nutrition, développement en Equateur. Des micro-entreprises : la porcherie, CIE in. L'enfant en milieu tropical, 1995 (france), 200-221

ALTERSYAL (Alternatives Technologiques et Recherche en Systèmes Alimentaires) - Coronado, San José, COSTA RICA c/o CIRAD-SAR, 73 rue J.F.Breton - BP 5035- 34032 Montpellier cedex 1. FRANCE - Tél. 04 67 61 57 01 - Fax 04 67 61 12 23

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