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Epargner pour s’assurer

Ramani JAYASUNDERE

03 / 1995

L’IDDIR est une institution financière informelle éthiopienne qui a été fondée dans les années 30 à partir de l’association d’immigrants pauvres d’une même ethnie mais exerçant différents métiers. Avec le temps, l’association s’est étendue à des personnes de toutes races et de toutes confessions et jusqu’à inclure des personnes ayant des revenus plus importants.

Il existe quatre types de centres IDDIR, caractérisés par le type de relations qui unissent leurs membres : les centres familiaux, les centres communautaires, les cercles d’amis et les centres regroupant les personnes d’un même lieu de travail. Le mode de fonctionnement des IDDIR peut être différent de l’un à l’autre, mais leur principe fondamental est le même : mobiliser les contributions des membres pour couvrir certains risques et subvenir aux dépenses exceptionnelles : décès par exemple (dépenses liées aux funérailles), cas d’urgences médicales, pertes dues à un incendie ou à un vol, etc. L’IDDIR est donc un programme d’assurance informelle au sein duquel les membres peuvent aussi déposer leurs économies et épargner dans un but précis.

Le système d’épargne mis en place par l’IDDIR est similaire à celui d’une assurance. Les contributions des membres aux dépôts d’épargne varient suivant les centres. La majeure partie des fonds communs sont placés dans une banque, ce qui permet d’éviter une mauvaise gestion de l’argent et aussi de bénéficier d’intérêts annuels de 6 % l’an sur les sommes déposées. Une petite partie des fonds est néanmoins conservée par le trésorier de l’IDDIR pour les cas d’urgence.

A la différence d’un système d’assurance classique, le programme IDDIR met l’accent sur l’effort d’épargne des participants. L’institution IDDIR fonctionne sur le principe communautaire et la pérennité du programme dépend de l’existence d’un groupe. Si un participant au programme veut pouvoir bénéficier d’une aide, il se doit d’assister aux réunions, d’être présent aux cérémonies funèbres, de rendre visite aux malades et de participer activement aux autres activités sociales similaires. La pression sociale étant très forte et le règlement prévoyant de fortes sanctions sociales dans certains cas, ce règlement est en général appliqué de façon très stricte.

Outre le programme d’assurance et d’appui psychologique qu’ils apportent à leurs membres, les centres IDDIR s’occupent aussi de programmes de développement communautaire comme la construction de routes, d’écoles ou l’installation de services publics.

En Ethiopie, les IDDIR sont beaucoup mieux acceptés que les systèmes d’assurance classiques. En effet, ce sont des institutions à but non lucratif qui permettent de répondre efficacement aux besoins spécifiques de leurs membres par des services variés. Ils sont également bien acceptés culturellement dans les campagnes et dans les villes, par les riches et par les pauvres. Ils sont vraiment populaires car ils transgressent les frontières ethniques, religieuses et sociales. Ils sont souples, facilement accessibles et économiquement efficaces. Leur principe est basé sur la solidarité, l’amitié et l’assistance mutuelle.

Mots-clés

mobilisation de l’épargne, méthodologie, secteur informel, épargne


, Ethiopie

dossier

Microfinances pour le développement : diversité et enjeux des crédits alternatifs

Commentaire

Contrairement aux polices d’assurances classiques qui sont réservées aux personnes possédant des biens tels que résidence ou voiture, les IDDIR sont accessibles à tous, quel que soit leur niveau de vie.

Si les IDDIR ont établi des liens étroits avec certaines banques auxquelles ils confient une grande partie de leurs fonds, ils n’ont par contre aucun lien avec les systèmes d’assurance institutionnels du pays, malgré tous les efforts de ces derniers pour intéresser les membres des centres IDDIR à leurs nouveaux programmes d’assurance.

Notes

Fiche extraite de « Access : Savings Credit 4 : Impact and Support », publié par IRED International, Colombo (Sri Lanka) mars 1995, p. 29-30.

Fiche originale en anglais, traduite par Agnès Cunegatti (RITIMO).

Source

Livre

AREDO, Dejene in. The Savings Development Quarterly Review, 1993, VOL. 17, N° 1

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