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Les clubs d’épargne au Zimbabwe

Ramani JAYASUNDERE

03 / 1995

Au Zimbabwe, les Clubs d’épargne (Savings Clubs, SC) ont été créés en 1962 afin de rendre le crédit accessible aux habitants des zones rurales. A l’origine, ils faisaient partie intégrante d’un mouvement de crédit communautaire qui échoua faute d’un suivi efficace. Le Mouvement pour le développement de l’épargne (Savings Development Movement, SDM) fut néanmoins créé. Il abandonna la partie crédit des Clubs d’épargne et se concentra sur la composante épargne.

Le SDM dans sa forme actuelle est subventionné par le gouvernement qui s’efforce de favoriser au maximum l’implantation des Clubs d’épargne. Le secteur privé -en particulier les producteurs et les distributeurs d’intrants agricoles- subventionne aussi la création de clubs d’épargne.

Les clubs d’épargne sont des entités autogérées (self help) implantées par des organismes extérieurs. Les habitants très pauvres des régions rurales s’organisent rarement spontanément pour épargner en commun. Les organismes promoteurs des SC sont conscients qu’une mobilisation est nécessaire pour amorcer un effort d’épargne. L’implantation d’un SC se fait donc généralement par l’intermédiaire de vulgarisateurs ou de représentants de sociétés de production d’intrants agricoles. Ces intermédiaires extérieurs ont rôle très important : ils doivent non seulement organiser le club d’épargne et fournir le matériel nécessaire à son fonctionnement, mais aussi former les membres à la démarche d’épargne, à la tenue des comptes, à l’organisation et à la gestion. Ils guident aussi les clubs dans le choix des activités génératrices de revenus.

Les clubs d’épargne sont cependant gérés et tenus de manière indépendante par leurs membres, c’est-à-dire par les ruraux pauvres eux-mêmes. Les personnes extérieures qui sont à l’origine de la création d’un club d’épargne ne prennent part ni à sa gestion ni aux prises de décision au jour le jour. Les membres du SC sont libres de décider des sommes qu’ils veulent épargner -au niveau individuel ou collectif- et comment sera dépensé l’argent ainsi réuni.

Toutes les activités des SC tournent autour de l’épargne : favoriser la constitution d’une épargne, orienter les membres vers une utilisation constructive de leurs économies, les pousser à investir dans des activités génératrices de revenus.

Ces clubs d’épargne sont des instruments financiers souples. Contrairement aux caisses d’épargne classiques, ils ne demandent pas les dépôts minimums souvent importants qui les rendent inaccessibles aux pauvres. Ils mobilisent de petites épargnes qui, toutes ensemble, forment un capital actif qui est utilisé par les membres, individuellement ou en commun, pour des productions rémunératrices qui contribueront à améliorer le niveau de vie.

Le fonctionnement des clubs est assez simple pour que les personnes ne sachant pas lire puissent y participer : on utilise un système de timbres d’épargne qui permet à chacun de savoir où en sont ses économies.

Les clubs d’épargne sont installés au sein des villages, ce qui les rend facilement accessibles, contrairement aux institutions financières classiques dont l’éloignement suffit à dissuader bien des habitants des campagnes de s’adresser à elles. Les SC s’arrangent pour être ouverts à des heures qui conviennent à leurs membres qui peuvent ainsi retirer de l’argent à tout moment.

Pour éviter abus et mauvaise gestion, un système de double ou triple comptabilité est instauré de façon à ce que chaque transaction soit faite correctement et que les détails soient bien enregistrés.

Ainsi,les Clubs d’épargne comblent le fossé qui existe entre les institutions financières formelles et les populations pauvres et remplissent une fonction intermédiaire entre les épargnants et les institutions.

Mots-clés

milieu rural, population défavorisée, rôle de l’Etat, mobilisation de l’épargne, structure d’appui, autogestion, méthodologie


, Zimbabwe

dossier

Microfinances pour le développement : diversité et enjeux des crédits alternatifs

Commentaire

Il semble que les clubs d’épargne soient une bonne alternative aux prêteurs privés. Là où les prêteurs privés engagent de l’argent qui leur appartient, les clubs, eux, accordent des prêts constitués par l’épargne même de ceux qui en ont besoin. Les conditions favorables et la flexibilité que permettent les prêteurs privés sont aussi offertes par les clubs, tout en évitant les inconvénients que sont des taux d’intérêts élevés et la nécessité de produire des garanties.

Notes

Fiche extraite de : « Access : Savings Credit 4 : Impact and Support », par Ramani Jayasundere, publié par IRED Internatioal, Colombo (Sri Lanka), mars 1995, p. 20-21, rédigée à partir du chapitre « The Role and Function of Informal Farmers Groups », de W. Truscott (4 p.).

Fiche originale en anglais, traduite par Agnès Cunegatti (RITIMO).

Source

Livre

FAOAFRACAAFC, 1987 (ITALIE)

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