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Viabilité des structures d’appui à la micro et petite entreprise

2 - Viabilité financière

Catherine CHAZE

1996

Réuni à Conakry à l’initiative du CIDR (Centre international de développement et de recherche) et en partenariat avec l’Association des volontaires pour le développement en Guinée, un atelier d’échanges d’expériences a regroupé du 29 janvier au 3 février 1996 huit expériences de pays africains différents et six expériences guinéennes.

L’un des groupes de travail portait sur la viabilité financière des structures d’appui. Constatant que la plupart des structures d’appui à la petite entreprise ont tendance à mixer les appuis financiers et non financiers, il a cependant jugé nécessaire de dissocier les deux aspects : viabilité de la fonction financière et viabilité de la fonction formation/conseil. Par manque de temps, il a davantage approfondi la fonction financière que la fonction formation/conseil.

1. En ce qui concerne les structures à vocation purement financière, les salaires constituent le poste de charges le plus important dans cette catégorie de services (60 à 70 % des coûts d’exploitation).

Les taux d’intérêt sur les crédits distribués ne peuvent s’aligner sur les taux des banques commerciales. Ils doivent être beaucoup plus élevés pour couvrir les charges d’exploitation. Le fait que ces taux soient élevés n’est pas un facteur rédhibitoire pour les micro entrepreneurs pour qui l’accès au crédit dans des délais rapides est la principale préoccupation.

L’adoption du statut de banque remettrait donc en jeu la viabilité financière de ces systèmes (salaires élevés, taux d’intérêt réglementé à un niveau relativement bas).

La viabilité financière des structures de crédit dépend du taux de recouvrement. Le succès en matière de recouvrement dépend de deux facteurs clefs : le filtrage de la clientèle (étude et sélection des dossiers), l’efficacité du dispositif de suivi de la clientèle sur le terrain (service de proximité) et au niveau des tableaux de bord (analyse du portefeuille).

Au niveau des taux d’intérêt, l’option prise par les structures de crédit en faveur de taux d’intérêt élevés ne les éloigne-t-elle pas du secteur informel productif qui a davantage besoin de crédits d’investissement que de crédits en fonds de roulement ? Les taux ne doivent-ils pas alors être plus modérés ?

Si, pour des raisons d’équilibre des charges au démarrage, il est indispensable de pratiquer des taux d’intérêt élevés, n’est-il pas possible, dès lors que le seuil de rentabilité est franchi, d’envisager une baisse des taux pour des crédits d’investissements (exemple de l’ACEP qui, aujourd’hui, dégage des bénéfices et envisage une éventuelle baisse de ses taux) ?

L’intégration d’une fonction épargne peut, à court terme, compromettre la viabilité financière des structures de crédit (coût de la collecte et de la gestion de l’épargne). Ne peut-elle pas cependant, à moyen ou long terme, renforcer les ressources de la structure (éviter la recherche de lignes de crédit extérieures) ?

2. Le groupe s’est interrogé sur l’opportunité de la formation et du conseil selon la taille de l’entreprise.

En l’absence de définition universelle de ce que chaque participant entendait par auto-emploi, micro-entreprise, petite entreprise, le groupe ne s’est pas réellement prononcé. Toutefois, il est ressorti des discussions que le suivi/conseil n’est pas indispensable pour la survie de toutes petites entreprises (auto-emploi, petit commerce de marché…) et qu’elles auraient davantage besoin d’être organisées.

En termes de viabilité financière, le premier constat est la nécessité pour les structures de formation/conseil de disposer d’un produit d’appel. En effet, le besoin de formation/conseil n’est généralement pas perçu par les entrepreneurs, du moins au départ. Ils viennent trouver les structures d’appui avec d’autres préoccupations, souvent financières. Le crédit est donc généralement le produit d’appel utilisé.

Deuxième constat : les services de formation/conseil ne peuvent pas entièrement s’autofinancer à partir de la facturation de leurs prestations. « L’administration » des prestations peut s’autofinancer, mais leur conception, tout le travail de recherche-développement en amont est trop coûteux pour être supportable par les entrepreneurs. Or, ce travail est capital pour avoir des prestations adaptées et performantes avec un impact sur l’entreprise réel et reconnu par les entrepreneurs eux-mêmes.

Troisième constat : la structure ne pouvant s’autofinancer par la seule facturation de ses prestations - du moins pour la partie conception/recherche-développement- il est nécessaire de faire appel à la contribution d’un tiers. Ce tiers peut difficilement être l’Etat qui ne dispose que de peu de moyens. Le tiers peut donc être les bailleurs de fonds, mais cette solution n’est guère satisfaisante. Dans le cas d’une structure assurant les deux fonctions de formation/conseil et de crédit, le déficit de la fonction formation/conseil pourrait également être comblé par les bénéfices engendrés par la fonction crédit, ce qui suppose, bien entendu, qu’elle soit non seulement viable, mais aussi excédentaire.

Les interrogations portent essentiellement sur les articulations entre formation/conseil et crédit. Si la formation/conseil est nécessaire pour assurer un bon remboursement des crédits, doit-on :

  • intégrer cette fonction de suivi/conseil dans les activités des structures de crédit, voire même intégrer sa facturation dans les intérêts du crédit ?

  • établir un partenariat entre la structure de crédit - consciente de la nécessité d’un suivi/conseil pour que ses clients remboursent bien- et une structure formation/conseil ?

Il ne s’est pas dégagé de consensus sur cette question. Les deux options sont restées ouvertes.

Mots-clés

structure d’appui, financement, formation


, Afrique de l’Ouest

dossier

Microfinances pour le développement : diversité et enjeux des crédits alternatifs

Commentaire

Il est regrettable que le groupe n’ait pas pu aller plus loin dans son analyse des services de formation/conseil qui sont ceux qui posent le plus de problème en termes de viabilité financière.

Source

Document de travail

CIDR (Centre International de Développement et de Recherche) - 17 rue de l’Hermitage 60350 AUTRECHES - France - Tél. 33(0)3 44 42 71 40 - France - www.cidr.org - groupecidr (@) groupecidr.org

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