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dialogues, propositions, histoires pour une citoyenneté mondiale

Les dynamiques entre le micro et le macro

Les enseignements tirés des cas guinéen (Crédit rural SA) et béninois (FECECAM)

Yves FOURNIER

1996

Les fiches intitulées « Les dynamiques entre le micro et le macro : Le cas de la Fédération des CLCAM au Bénin » et « Les dynamiques entre le micro et le macro : Le cas du Crédit rural de Guinée SA » ont permis de présenter et analyser deux cas de dynamiques entre le micro et le macro à partir de systèmes financiers de crédit et d’épargne rurale. Même si le champ de l’analyse a été volontairement restreint à la capacité de ces systèmes à atteindre un impact national (en terme de taille par leur développement et de capacité à s’institutionnaliser et à influencer les réglementations bancaires et les politiques nationales du crédit et de l’épargne), il est possible d’en tirer quelques enseignements.

Un premier constat montre le pouvoir déterminant qu’exerce l’acteur politique (administration, banque centrale, bailleurs de fonds), avec ses logiques et stratégies généralement descendantes peu portées à observer et tenir compte des expériences innovantes. Il illustre la difficile rencontre avec des acteurs locaux chargés de la promotion de systèmes financiers qui agissent en référence à une culture porteuse de l’émergence de nouveaux pouvoirs par leur développement et leur structuration. On est alors dans une stratégie globale de rapports de force (cas du Bénin, avec le conflit FECECAM/administration sur les taux d’intérêt du crédit) et il n’y a pas d’avancées positives en terme d’impact de type macro. Mais il existe aussi des cas, plus rares, où il y a rencontre entre acteurs politiques et acteurs locaux opérateurs de systèmes financiers. Des convergences apparaissent alors à l’occasion d’opportunités comme dans le cas guinéen (mise en oeuvre d’une LPDA débouchant sur la possibilité de définir une politique nationale du crédit et de l’épargne, assortie de recommandations opérationnelles).

Mais il n’y a pas seulement des clivages du type acteurs politiques / acteurs locaux. Les acteurs locaux engagés dans la promotion de systèmes financiers divergent parfois, avec des conflits dominés par des logiques de fausses concurrences ou des idéologies opposées à défaut d’être considérées comme complémentaires. Les références culturelles, renforcées parfois par les idéologies, déterminent des visions contraires comme dans le cas de la récente mise en place de la loi BCEAO portant réglementation des institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit, avec la volonté d’imposer un modèle et l’opposition entre les tenants de la promotion d’un cadre juridique et réglementaire précédant l’action et ceux qui, au contraire, prônent l’action comme devant précéder et déterminer le cadre juridique et réglementaire.

Ces divergences sont-elles réductibles ? Des exemples montrent bien, comme la loi évoquée ci-dessus, qu’ils peuvent souder des acteurs locaux promoteurs de réseaux pour agir dans un rapport de force et influer sur des textes. On peut formuler l’hypothèse que, s’il y a évolution positive d’un rapport de force dans un groupe d’acteurs, il peut se créer une capacité à influencer l’acteur politique. La formation d’une convergence suppose une rencontre entre les acteurs partageant une vision commune et une capacité à dialoguer pour rapprocher les points de vue et permettre la rencontre sur des objectifs fédérateurs.

L’information, généralement mal partagée car elle détermine le savoir, lequel détermine à son tour le pouvoir, peut conduire à des logiques infernales contraires à l’intérêt de groupes d’acteurs. Confidentialité de l’information, absence de débats d’idées et refus de la réflexion commune empêchent trop souvent toute avancée en matière d’innovation et de capacité d’agir au niveau macro.

La recherche de la convergence reposant sur des volontés communes aux acteurs pour l’établir est le préalable obligé pour agir du micro en direction du macro. Ce passage à un stade fédérateur est essentiel car il détermine la capacité à dialoguer pour construire des propositions et les argumenter sur un objectif commun pour ensuite agir.

Mots-clés

relations micro macro, système d’épargne et de crédit, milieu rural, rôle de l’Etat, conflit, réglementation


, Afrique

dossier

Microfinances pour le développement : diversité et enjeux des crédits alternatifs

Commentaire

Il est évidemment plus facile d’agir dans une relation entre le micro et le macro à partir d’une action qui ne focalise pas les conflits (cas du Crédit rural de Guinée SA), dans un contexte de « vide » antérieur (absence de réseau de crédit et d’épargne)et d’opportunité à saisir (LPDA) que de partir d’un cas conflictuel (cas de la réhabilitation du réseau FECECAM au Bénin) avec des conflits résultants de la perte de pouvoir de l’acteur politique.

Le plus souvent, il faut réduire les éléments conflictuels, créer le dialogue pour établir des convergences sur des objectifs fédérateurs qui sont des préalables à l’action. Agir du micro vers le macro suppose de parvenir à une taille critique, en terme de développement de réseau financier, pour être crédible et avoir un poids politique. Les initiatives au niveau micro prises individuellement n’y parviennent pas toujours. La réponse peut être alors de fédérer les différentes initiatives sur un objectif commun.

Obtenir ensuite des résultats suppose une capacité à agir dans la durée, à identifier les stratégies et méthodes pour réduire les obstacles, à utiliser les formes de médias adaptées à l’objectif visé pour communiquer.

Source

Document de travail

IRAM (Institut de Recherche et d'Application de Méthodes de Développement) - 49 rue de la Glacière, 75013 PARIS, FRANCE - Tél. 33 (0)1 44 08 67 67 - Fax 33 (0)1 43 31 66 31 - France - www.iram-fr.org - iram (@) iram-fr.org

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