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De nouvelles formes de financement pour les énergies renouvelables

Least-cost-planning et de nouveaux produits banquiers

Ina RANSON

08 / 1995

Pour continuer l’avancée des énergies renouvelables, il faut impérativement trouver de nouvelles sources de financement. Plusieurs pistes sont explorées à cet égard. Certaines ont été déblayées aux Etats Unis, par exemple le "Least-cost-planning". Le terme signifie tout simplement que la compagnie recourt aux moyens d’approvisionnement en énergie qui coûtent le moins cher. Qu’y a-t-il en cela de révolutionnaire ? L’exigence de tenir aussi compte des "néga-watts", donc des possibles économies d’énergies obtenues par exemple par l’isolation, par le choix des appareils électriques, par l’installation de chauffe-eaux solaires... Les négawatts ainsi gagnés peuvent rendre inutile la construction d’une nouvelle centrale ! Les compagnies se transformeront alors en entreprises de prestation de services, et elles compenseront la baisse des ventes d’électricité par de nouvelles recettes en provenance de ce nouveau secteur de leur activité. A elles d’évaluer et de financer les mesures nécessaires et d’étudier comment rentrer dans leurs frais.

En 1989, les habitants de la ville de Sacramento en Californie votèrent pour la fermeture de la centrale nucléaire de Rancho Seco, trop sujette aux pannes de toutes sortes. La SMUD (Sacramento Municipal Utility District)prit alors la décision d’appliquer une "plannification intégrée des ressources" pour remplacer la production des 900 MW manquants. Résultat : la mise au point d’une panoplie de mesures classiques ou innovatrices. Pour économiser l’énergie, la compagnie n’introduit pas seulement des appareils consommant moins de courant, mais elle aida aussi au lancement d’un programme de plantation de cent mille arbres qui remplaceront, près des habitations et des bureaux, 30% de l’énergie nécessaire pour la climatisation. Ensuite, la compagnie projeta, entre autres, la construction de plusieurs centrales (cogénération, photovoltaïques)et de quelques éoliennes. De nombreuses maisons seront équipées de capteurs solaires pour le chauffage.

Selon David Malin Roodman, collaborateur scientifique du World Watch Magazine, les dépenses engagées par kWh pour ces différentes mesures et installations sont largement en dessous des sommes dépensées pour l’électricité de Rancho Seco. Aujourd’hui, les compagnies d’électricité américaines qui ont investi dans les énergies renouvelables affrontent de nouvelles difficultés causées par la vague récente des dérégulations du marché d’énergie. Parmi elles, la Portland General Electric (PGL)dans le nord-ouest, en Oregon, propriétaire, avec Pacific Power, d’une ferme éolienne de 31,5 MW. Pour faire face à la concurrence des prix, PGL s’est liée avec une banque prestigieuse, la US Bank.

Misant sur la popularité croissante des "énergies propres", les partenaires ont développé un ensemble de services financiers appelé "Share the wind" ("partagez le vent). Il s’agit de services courants, mais les clients qui s’y abonnent consentent qu’une partie minime des sommes dépensées ou gérées nourrissent régulièrement un fonds spécial pour l’énergie éolienne : par exemple, à tout achat, le propriétaire de la carte de crédit "share the wind" contribue avec 0,5 % à ce fond. Ou il consent que toutes les factures du mois soient arrondies au dollar le plus proche ("une cagnotte de centimes pour le vent"). Si l’expérience pilote s’avère positive, la US-Bank est prête à inventer d’autres produits banquiers. Les sondages sont favorables : les études de marketing ont constaté un "brand new thinking about energy"chez les clients jeunes.

Mots-clés

financement des énergies renouvelables, financement alternatif, institution financière, outil financier, électricité, énergie solaire, économie d’énergie


, Etats-Unis

Commentaire

Le concept du "least-cost-planning", est aujourd’hui mis en avant par de nombreuses associations de la protection de la nature en Allemagne. Il oblige à mettre sur le tapis les vrais coûts des différentes filières énergétique, en incluant les coûts cachés des grandes centrales actuelles ! L’étude de ce concept fournit très souvent des arguments bien étayés pour défendre des propositions qui diffèrent de celles des grandes compagnies d’électricité.

Source

Articles et dossiers ; Présentation d’organisme

<World Watch Magazin 1>, janvier février 95, édition allemande p.11-23 et <World Watch Magazine 6>, janvier 94 Energiekonzerne, Vom Stromlieferanten zum Dienstleistungsunternehmen, p.30-40.

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